Ebola : Paris « va réfléchir» à aider la Guinée. Les infirmiers français sont inquiets

Bonjour

Face à l’épidémie meurtrière la France pourrait, peut-être, se mobiliser. Qui sait ? Elle va « réfléchir ».  Elle réfléchit aussi à l’idée de mieux se protéger des passagers arrivant directement des vols de Conakry (Guinée). Ces deux informations réunies, cet immobilisme affiché, cet effacement français sont, au fond, d’une tristesse infinie. (1)

Palais de l’Elysée

Une fois encore c’est Marisol Touraine, ministre de la Santé, qui prend la parole. Elle vient de le faire, lundi 13 octobre, à la sortie du Palais de l’Elysée. Elle participait à un « rendez-vous » qui  réunissait, outre le Premier ministre Manuel Valls, six membres du gouvernement autour de François Hollande.

Conclusion : le gouvernement va « réfléchir ».  La réflexion gouvernementale est menée sur deux plans. D’abord sur l’hypothèse de « l’envoi de moyens humains et matériels supplémentaires en Afrique de l’Ouest pour lutter contre l’épidémie d’Ebola ». Ensuite sur « l’instauration de contrôles sanitaires à l’arrivée des vols directs en provenance de Conakry ».

Eventualité

«Nous allons réfléchir à l’envoi de professionnels de santé et de structures de soins et de traitement supplémentaires au-delà de celles qui ont déjà été annoncées», en Afrique de l’Ouest et «tout particulièrement en Guinée», a déclaré la ministre de la Santé aux journalistes qui l’attendaient.

« Nous réfléchissons à l’éventualité d’un développement des contrôles à l’arrivée des vols directs de Conakry (…) si la situation appelle ce type de mesure», a-t-elle  précisé.

Il y a six mois

Et puis Mme Touraine a eu ce mot : « Lorsque ce sera le cas, nous vous informerons». Elle en a eu un autre, dans la foulée : promettre  « la transparence » aux Français.

On se souvient peut – être  (c’était il y a six mois) que Marisol Touraine avait convié  la presse à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle pour faire le point sur Ebola. Pourquoi Roissy en ce début d’avril ? Tout simplement pour parler de Conakry, Guinée. De l’aéroport de Conakry, pour être plus précis. Un aéroport international où des équipes médicales françaises allaient été déployées  « pour limiter au maximum » le risque d’une arrivée sur le sol français du virus Ebola apparu en Afrique de l’Ouest.

De Conakry à Roissy

Mme  Touraine convoquait alors la presse pour dire que ces mesures hors du commun avaient été prises tout en  assurant qu’il s’agissait simplement de mesures « de précaution ».  « Des équipes de l’Institut Pasteur et des médecins d’organisations non gouvernementales sont sur place pour surveiller la manière dont se déroulent les embarquements : ce sont des procédures jugées les plus efficaces face au risque lié à un virus » expliquait-elle alors.

Six mois plus tard elle précise que les contrôles de température seront peut-être aussi bientôt organisés à l’arrivée des Conakry-Roissy. Au titre de la précaution. «Le président de la République a souhaité marquer cette mobilisation forte du pays», a résumé la ministre de la Santé.

Omerta

La mobilisation et la précaution : on les retrouve aujourd’hui chez les infirmiers hospitaliers.  Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) a dénoncé lundi 13 octobre le « silence des pouvoirs publics » concernant Ebola.   « Omerta sur Ebola ? Alors qu’elles sont en première ligne, en France les infirmières n’ont aucune information des autorités ! », fustige le SNPI-CFE-CGC dans un communiqué. En France, les infirmiers « manquent cruellement d’informations » de la part du ministère, des agences régionales de santé (ARS), des hôpitaux.

Carences méprisantes

« Que faire quand un cas suspect se présente ? Dans les hôpitaux, nous avons du matériel d’isolement simple, mais pas adapté à un cas avéré d’Ebola. Où trouver le matériel, à qui s’adresser ? », s’interroge le syndicat. « Face aux carences méprisantes des autorités qui [les] considèrent visiblement comme des agents d’exécution et non des professions de santé de première ligne », le syndicat infirmier a mis en ligne des informations sur son site Internet.

Il faut mettre ces interrogations en parallèle du document dont nous avons révélé les principales conclusions sur Slate.fr. Un rapport qui détaille les failles du tissu hospitalier français quant à cette nouvelle menace. Un rapport que ne peut ignorer la « task force » interministérielle que le gouvernement a jugé indispensable de créer.

A demain

(1) Dans la soirée du lundi 13 octobre le Palais de l’Elysée a publié le communiqué suivant:

« Le Président de la République s’est entretenu par téléphone, ce soir, avec le Président OBAMA de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et de la lutte contre Daech en Irak et en Syrie. S’agissant de l’épidémie d’Ebola, François HOLLANDE et Barack OBAMA ont souhaité une mobilisation accrue de la communauté internationale et de l’Union européenne, en étroite coordination avec les Nations Unies, l’OMS et les pays concernés.

Le Président de la République a annoncé que la France répondrait favorablement à la demande guinéenne de construction de nouveaux centres de traitement anti-Ebola, en plus de celui en cours de déploiement à Macenta, en Guinée forestière. Il a par ailleurs indiqué que la France réfléchissait à la mise en place de contrôles à l’arrivée des vols en provenance de la zone touchée par le virus.

Les deux chefs d’Etat ont confirmé leur détermination à lutter contre Daech dans le cadre de la coalition internationale. Ils ont exprimé leur volonté commune de renforcer le soutien international à l’opposition syrienne modérée. Ils ont confirmé leur engagement de soutenir les nouvelles autorités irakiennes et les forces engagées en première ligne contre Daech.»,

Une réflexion sur “Ebola : Paris « va réfléchir» à aider la Guinée. Les infirmiers français sont inquiets

  1. Que faire avec les jeunes mineurs isolés africains arrivés clandestinel
    ment en France que les commissariats et les foyers departementaux de l’enfance qui sont obligés de les accueillir, car les lois nous obligent à les recevoir?
    .ils arrivent clandestinement en bateau, bus, trains, ont traversé le Maroc, litalie…et certains arrivent de Guinée,
    . Rien comme examen médical avant leur entrée, et certains fatigués sont arrivées en France la veille de leur accueil dans les foyers.D’autres sont hébergés dans des hôtels par manque de place dans les lieux d’accueil. Faites une enquête dans les dans les conseils généraux pour cette population clandestine qui pourrait vite contaminer, faute de prévention, d’examens médicaux et de fermeture des frontières, la France. _

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