Ebola en France : François Hollande discourt. Prise des températures Conakry – Roissy

Bonjour

Trouver les mots.

Comment faudra-t-il dire qu’il y a urgence pour être, enfin,  entendu ? Urgence à se protéger bien sûr, mais aussi urgence à aider ceux qui meurent d’Ebola au Libéria, en Sierra Leone, en Guinée. Qu’il y a urgence et que la France dirigeante, la France politique, dort. La France et le Vieux Continent à l’unisson (Royaume-Uni excepté).

Que c’est, de ce côté de l’Atlantique, un spectacle désespérant, un dilution mortelle de la notion d’urgence et d’entraide, une atonie qui ne devrait raisonnablement pas pouvoir durer. Mais qui dure – au delà du raisonnable, de l’acceptable. Et que le temps passant on en viendra bientôt à parler d’indécence.

Agressivité US renforcée

Face à l’urgence épidémique, la Maison Blanche a fait savoir que le président Barack Obama a annulé tous ses déplacements pendant deux jours. Il multiplie les déclarations. Il promet une réponse « beaucoup plus agressive » pour éviter de nouveaux cas après la contamination de deux soignantes aux Etats-Unis. Il déploie des forces sanitaires militarisées au Libéria. Il appelle le monde occidental à le rejoindre. Il vient d’organiser une visio-conférence avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande et les chefs de gouvernement britannique et italien David Cameron et Matteo Renzi. Voici ce qu’en dit le Palais de l’Elysée et qui n’entre guère en résonance avec l’urgence.

« S’agissant de l’épidémie d’Ebola, l’ensemble des dirigeants ont fait part de leur solidarité avec les pays touchés et appelé à la mobilisation de la communauté internationale et de l’Union européenne, en étroite coordination avec les Nations Unies, l’OMS et les pays concernés.

Le président de la République a annoncé que la France répondrait favorablement à la demande guinéenne de construction de nouveaux centres de traitement anti-Ebola, en plus de celui en cours de déploiement à Macenta, en Guinée forestière. Il a fait part du déploiement de personnels de la protection civile pour mener des actions de formation auprès des autorités guinéennes.

François Hollande a par ailleurs indiqué que la France allait mettre en place un dispositif de contrôles à l’arrivée des vols en provenance de la zone touchée par le virus. »

Ordre des médecins

François Hollande  s’exprimait aussi, aujourd’hui, devant le Conseil de l’Ordre des médecins (la vidéo de son intervention est ici). Voici ce qu’il a dit sur Ebola :

« Sommes nous vraiment bien protégés contre les épidémies ? Et nous pensons tous en cet instant au virus Ebola. Hier j’ai eu par les moyens de la technologie ce qu’on appelle une visio-conférence avec le président Obama, la chancelière Merkel, le Premier ministre britannique, il y avait aussi le premier ministre italien, et tous se mobilisaient, et tant mieux, pour que toutes les dispositions soient prises à l’échelle des pays qui sont d’abord touchés, les pays de l’Afrique de l’Ouest et également par rapport aux menaces qui nous concernent tous.

Sans doute que la mobilisation a trop tardé, mais la France, elle, a pris toutes les précautions. Encore aujourd’hui, au moment même où s’ouvre votre congrès, les transports aériens font l’objet d’une vigilance particulière, avec des contrôles au départ et à l’arrivée. De la même manière la France a, pour la Guinée, mis en place plusieurs centres de traitement, et je veux saluer ici les organisations humanitaires, notamment Médecins Sans Frontières, sans lesquelles il ne serait pas possible d’agir.

J’ai moi-même décidé avec la ministre de la Santé, le ministre de la Défense, que nous pourrions installer un centre pour soigner au cœur de la forêt guinéenne. Mais faut-il aussi que des médecins, des personnels soignants se rendent sur place, donc nous avons fait en sorte que les conditions d’évacuation de ces médecins et de ces personnels puissent être assurées.

Et je veux ici les saluer et les remercier pour l’action qu’ils mènent dans ces pays avec les risques que chacun connaît. La France a également envoyé des éléments de la protection civile pour que nous soyons également dans l’encadrement des personnels guinéens pour faire face à ces dangers. Sommes nous pour autant totalement prémunis ? Ce serait être audacieux que de le dire. Alors nous faisons en sorte que si un cas devait apparaître, nous puissions le traiter et le guérir et ce fut déjà le cas puisqu’un personnel soignant qui était au Libéria et non pas en Guinée a pu non seulement être traité mais être guéri. Voilà les interrogations que se posent nos compatriotes. »

Symptomatique

On retiendra cette formule, symptomatique, et qui résume admirablement la lecture gouvernementale française :

« Sans doute que la mobilisation a trop tardé, mais la France, elle, a pris toutes les précautions ».

Avec, en pleine résonance, cette mesure répétée en boucle sur les ondes médiatiques : la France « affine son dispositif anti-Ebola ». À partir de samedi 18 octobre au matin, les passagers en provenance de Conakry, en Guinée, seront contrôlés à leur arrivée à l’aéroport de Roissy. La Croix Rouge sera à la manoeuvre.

.Passerelle

France Info : A partir de samedi, ce sera systématique : tous les passagers, arrivant de Conakry, la capitale de la Guinée, auront droit (sic) à une prise de température sur la passerelle de débarquement, donc avant leur entrée dans l’aéroport. En cas de fièvre supérieure à 38 degrés, les personnes seront immédiatement prises en charge par l’équipe médicale de Roissy, avec l’appui de la Croix Rouge et de la Protection Civile.

Christelle Martin, la secrétaire générale de Force Ouvrière Aéroport de Paris : « Ce n’est pas ça qui empêchera qu’on ait des cas en France ou dans d’autres pays. Ils ciblent les vols arrivant des pays où il y a des foyers mais on a quand même beaucoup de correspondances – notamment par Bruxelles– donc si c’est uniquement organisé sur la France ce n’est pas ça qui empêchera la propagation de l’épidémie. »

Et encore : « Nous avons demandé en comité d’hygiène que l’ensemble du personnel au contact avec le public soit informé. On a demandé des équipements de protections pour les salariés en contact avec le public, des gants, des masques, mais pour l’instant on ne les a pas. »

Marisol Touraine : « Les passagers recevront, en outre, dans l’avion un « questionnaire de traçabilité » destiné à permettre de « retrouver les gens si on a besoin de les contacter après » ».

Trouver les mots. Les bons. Et vite

A demain

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