Ebola : le diagnostic en moins d’un quart d’heure (eZyscreen ®, production française)

Bonjour

Rien ou presque, en France, depuis la publication dans The New England Journal of Medicine et la découverte de la souche virale d’Ebola à l’origine de l’actuelle pandémie (Sylvain Baize et al.). Soit en avril dernier. Et puis, six mois plus tard, l’annonce de la mise au point d’un test de diagnostic rapide de l’infection. Une suite logique, une suite heureuse. Toutes les informations techniques disponibles viennent du CEA et on les trouvera ici. (1)

Dénommé  eZyscreen ®  ce test « sera utilisable sur le terrain, sans matériel spécifique, à partir d’une goutte de sang, de plasma ou d’urine ». Il permettra de donner une réponse «en moins de 15 minutes pour tout patient présentant des symptômes de la maladie» précise le CEA.

Industrialisation prochaine

Après une mise au point à Marcoule, dans le Gard, les performances du test ont été  validées  par le Laboratoire de haute sécurité microbiologique P4 Jean-Mérieux de Lyon. La phase de production industrielle  devrait démarrer très prochainement avec le concours de la société française Veda.lab, le « leader européen des tests rapides ». Un prototype sera disponible dès la fin du mois d’octobre pour permettre la validation clinique sur le terrain.

« Veda.lab (basé à Alençon dans l’Orne) garantit une conservation à température ambiante entre 4° et 30° Celsius pendant 18 mois», a indiqué le chercheur Laurent Bellanger en décrivant ce test développé dans son laboratoire d’ingénierie cellulaire et biotechnologie (LICB/CEA) lors d’un point presse organisé ce 21 octobre à Paris par l’Aviesan (Alliance pour les sciences de la vie et de la santé).

Ticket de métro

« Le test a la taille d’un ticket de métro. Une bande du test se colore si le résultat est positif, a-t-il expliqué. Il s’agit plutôt d’un test de diagnostic positif (utilisable chez un malade infecté). Un résultat négatif devra être vérifié par les techniques de référence. » En d’autres termes ce n’est pas un test « d’exclusion». Il confirmera la présence supposée du virus dans l’organisme. Sa «sensibilité est de l’ordre de 100.000 virus par millilitre de sang» et son prix n’est pas (encore) connu.

Les tests actuels de diagnostic de l’infection par le virus Ebola, basés sur la détection génétique du virus, prennent en moyenne plus de deux heures et doivent être pratiqués exclusivement dans des laboratoires hautement spécialisés.

Minutes contre la mort

L’Agence France Presse rappelle que d’autres tests rapides sont actuellement en cours de développement dans plusieurs pays. Des chercheurs japonais avaient notamment annoncé le mois dernier avoir mis au point une nouvelle méthode pour détecter le virus en 30 minutes. On est aujourd’hui à moins de la moitié. Des chercheurs américains travaillent pour leur part sur un test qui devrait être capable de diagnostiquer le virus en dix minutes.

La nuance devient ici une affaire de détail. On peut voir là une métaphore : le temps presse. C’est, tout simplement, une course contre la mort.

A demain

(1) Ce développement rapide est le résultat des recherches menées par le CEA, en lien avec le ministère de la Défense et le Secrétariat général  de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), dans le domaine de la préparation  contre une action de type bioterroriste (programme interministériel R&D NRBCE). Dans  ce cadre, ont été mis au point des anticorps monoclonaux spécifiques du virus Ebola  (souche Zaïre) réagissant avec la souche épidémique actuelle. Ces anticorps ont été  mis à profit pour réaliser le développement en urgence de ce test diagnostic.

5 réflexions sur “Ebola : le diagnostic en moins d’un quart d’heure (eZyscreen ®, production française)

  1. Qu’en penser ? un test peu sensible, espérons spécifique qui ne pourra probablement pas affranchir d’une détection par virologie moléculaire.
    Et où jeter le matériel une fois la détection réalisée, les triple emballages et autres containers ne doivent pas embarrasser les étagères de nos amis (?) africains alors le risque de contamination ( sans compter la piqûre du potentiel patient) par le sang coagulé sur le « ticket de métro » pourrait devenir un facteur de risque surajouté.
    Mais il est grand temps de mouiller les maillots afin d’aider, d’aider, de secourir, de tenter de sauver alors faute de mieux… pourquoi pas, mais il est grand temps !

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