Ebola : les contrôles seront étendus à «tous les modes de transports» (François Hollande)

Bonjour

24/10/14. Le président François Hollande vient d’annoncer l’extension des contrôles à «tous les modes de transports» en France pour parer les risques de propagation de la fièvre Ebola. «La France doit avoir des systèmes de contrôle qui ne doivent pas être simplement des contrôles aériens mais aussi des contrôles sur tous les modes de transports même maritimes. C’est ce que nous allons mettre en place», a déclaré le président de la République française lors d’une conférence de presse organisée dans la matinée lors d’un sommet européen.

Surprise

C’est peu dire que cette annonce a surpris. Rien d’autre n’a été dit sur les modalités pratiques de ce qui constituerait une opération sans précédent en France et en Europe. Une annonce d’autant plus surprenante que les « contrôles aériens » dont parle le président de la République se bornent, pour l’heure, à un contrôle des températures à l’arrivée quotidienne du vol Air France Conakry Paris.

Selon l’agence de presse Reuters il s’agirait pour l’essentiel de contrôles maritimes : une quarantaine de bateaux arrivent tous les mois en France en provenance d’Afrique de l’Ouest, notamment des trois pays les plus touchés par l’épidémie : le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée.

Interrogations sur la gestion politique

Pourquoi une annonce aussi peu détaillée faite par le président de la République en personne ? (1) La question renvoie à celle de la gestion politique de la lutte contre cette menace sanitaire. Dans un premier temps les pleins pouvoirs avaient été donnés à Marisol Touraine ministre de la Santé…. Puis une « task force interministérielle » fut créée tandis que des fonctions spécifiques de coordinations étaient données au Pr Jean-François Delfraissy… Maintenant le président de la République…. La multiplication des prises de parole médiatique ne semble pas, ici, de nature à faciliter la tâche de la chaîne de commandement

« Post-arrival monitoring »

Contrôles maritimes après le contrôle de Roissy ? Pour leur part les Etats-Unis ont choisi une autre stratégie.  Les Centers for Disease  Control and Prevention (CDC) viennent ainsi de formuler de nouvelles directives de protection des soignants (« protocole Dallas »). Et les autorités fédérales, sans fermer les frontières, entendent tout faire pour ne pas lâcher les « voyageurs à risque » en provenance directe ou indirecte du Libéria, de Guinée et de Sierra Leone.

Ceci a pour nom le « post-arrival monitoring » et c’est détaillé ici, sur le site des CDC. Chacune des personnes concernées devra régulièrement tenir informées les autorités sanitaires en leur donnant notamment ses chiffres de températures quotidiens. Le tout pendant 21 jours.

Contrôle sanitaire-judiciaire

Concrètement les voyageurs seront tenus de fournir des e-mails, numéros de téléphone et adresses pour eux et pour leurs amis et/ou leurs parents aux Etats-Unis. Pendant trois semaines. Ils devront également tenir les autorités informées quant à leurs intentions de voyager aux États-Unis. Si un voyageur ne se signale pas, les autorités sanitaires locales seront habilitées à prendre des mesures immédiates pour le retrouver.

Le Dr Tom Frieden, directeur des CDC vient de déclarer aux journalistes que ce programme de surveillance active et rapprochée resterait en vigueur jusqu’à ce que l’éradication de l’épidémie en Afrique de l’Ouest. Ce qui signifie qu’il est loin de s’achever.

«Ces nouvelles mesures donneront des niveaux supplémentaires de sécurité afin que les personnes qui développent des symptômes d’Ebola soient isolés tôt au cours de leur maladie, a expliqué le Dr  Frieden. Cela permettra de réduire le risque de propagation du virus Ebola. »

Cinq aéroports et six Etats

Depuis le 22 octobre les voyageurs en provenance du Libéria, en Sierra Leone ou en Guinée sont canalisés via les cinq grands aéroports américains où des contrôles ont été mis en place. D’autre part  six Etats américains accueillent près de 70% de tous les voyageurs en provenance des pays touchés – ceux de New York, Pennsylvanie, Maryland, Virginie, du New Jersey et la Géorgie. Les autorités sanitaires américaines vont donc concentrer leurs efforts sur ces Etats avant d’élargir leur surveillance sur l’ensemble du territoire.

Nous verrons ce qu’il en sera, en France, de la veille sanitaire nationale.

A demain

(1) Des précisions ont par la suite été apportées par l’entourage du chef de l’Etat : il fallait entendre les transports en provenance des pays concernés (c’est-à-dire en plus du transport aérien le transport maritime).  Le président français a par la suite appelé à ne «tomber ni dans le catastrophisme ni dans l’inaction» face à cette épidémie.

«Le catastrophisme produit la panique, c’est inutile, d’autant qu’on peut guérir de l’Ebola, on doit guérir de l’Ebola en Afrique et partout dans le monde, mais il ne faut pas non plus tomber dans l’inaction», a ajouté François Hollande. Il a aussi précisé  qu’«une épidémie, ça progresse à un rythme géométrique».

M. Hollande a une fois encore rappelé que la France « était mobilisée en Guinée»; on annonce depuis plusieurs semaines déjà l’ouverture d’un centre de traitement en Guinée forestière. Et maintenant une autre, dédié spécifiquement aux «soignants guinéens».

Dans l’après-midi du même jour Marisol Touraine annonçait que «des mesures complémentaires» seraient mises en place «à l’arrivée dans les ports pour les bateaux qui sont partis depuis moins de trois semaines depuis un pays dans lequel il y a l’épidémie d’Ebola». Charge au ministère des Transports de mettre en œuvre cette décision.  Concrètement, marins et passagers auront un « test de température», a précisé Mme Touraine.

D’ores et déjà, «des mesures importantes» ont été prises par la profession, a indiqué à l’AFP le délégué général d’Armateurs de France, Eric Banel, évoquant des mesures prises «pour protéger les navires français et leurs équipages», depuis l’été s’appuyant sur les directives émises par l’Organisation maritime internationale et l’OMS.

Le renforcement des contrôles annoncé devrait concerner l’arrivée des navires, français ou non, dans les ports hexagonaux, via les services de l’Etat dans les ports. Selon Eric Banel, «la procédure habituelle dans une situation de risque d’épidémie est une déclaration obligatoire de santé à l’arrivée au port». Il précise que la zone à risque «ne se trouve pas sur les grandes lignes régulières internationales», ce qui «limite le nombre de navires concernés». Concernant le pavillon français, seule une quinzaine de navires français, qui transportent des conteneurs ou des produits pétroliers, rentrent en France régulièrement après y avoir fait escale, précise M. Banel.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s