Première : des chirurgiens australiens ont greffé avec succès des « cœurs morts»

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Une équipe de chirurgiens australiens (St Vincent’s HospitalInstitut Victor Chang, Sydney) a annoncé vendredi 24 octobre être parvenue à greffer des cœurs morts (qui avaient cessé de battre) sur des receveurs adultes. C’est là une première spectaculaire historique : la technique n’avait jusqu’ici été tentée que sur de jeunes enfants. Les cœurs arrêtés depuis moins d’une vingtaine de minutes ont été réanimés et envoyés à des centaines de kilomètres pour un transport de cinq à huit heures.

Premiers adultes

« Seules trois personnes dans le monde avaient été transplantées avec succès grâce à cette méthode », a expliqué à l’AFP le Pr Kumud Dhital, chirurgien et professeur associé à l’université de Nouvelle-Galles du Sud de Sydney. « Aucun adulte n’a reçu de greffe cardiaque DDAC (donneur décédé après arrêt circulatoire) depuis le début des années 1960», a confirmé le Dr Peter MacDonald, directeur de l’unité de transplantation du St Vincent’s Hospital. L’affaire est détaillée sur le site de la BBC.

C’est là une forme de retour aux sources. Les premières tentatives de greffes cardiaques avaient eu recours à cette approche avant de s’orienter vers le prélèvement de cœurs dont on avait maintenu la fonction « battante » chez des personnes dont il était par ailleurs établi qu’elles étaient bien en état de mort cérébrale.

Carmat et « coeurs battants »

La pénurie chronique et croissante de greffons cardiaques pousse aujourd’hui les équipes chirurgicales spécialisées à développer de nouvelles stratégies. C’est le cas depuis peu en France avec une expérience de prélèvement « à cœur battant » ou avec les essais de greffes de cœur artificiel de marque Carmat (un deuxième essai clinique est en cours à Nantes).

L’approche australienne pourrait bouleverser les recherches en cours et fournir de nouvelles perspectives thérapeutiques. Elle consiste, schématiquement à organiser le prélèvement d’un cœur chez une personne  en arrêt cardiocirculatoire puis à le « réanimer » mécaniquement.  «Nous savons que dans une certaine limite de temps, le cœur, comme d’autres organes, peut être réanimé, relancé. Et nous pouvons le faire aujourd’hui en récupérant un cœur arrêté et en le plaçant dans une machine jusqu’à la greffe» explique le pr Kumud Dhital. Les chirurgiens autraliens parlent ici de la machine « heart-in-a-box » de la firme TransMedics – société australienne qui vante aujourd’hui le succès australien.

30% de vies sauvées en plus

Pour les chirurgiens australiens, aucun doute : cette nouvelle approche permettra de sauver « 30% de vies en plus». La British Heart Foundation salue ici une avancée majeure. Cette technique pourrait aussi permettre d’apporter des solutions aux difficultés éthiques rencontrées dans certains pays où la mort cérébrale n’est pas reconnue.

«Cela ouvre potentiellement des perspectives de transplantation cardiaque dans des pays comme le Japon, le Vietnam et d’autres encore où la définition de la mort est la mort cardiaque, pas la mort cérébrale», souligné le directeur exécutif de l’Institut Victor Chang de recherche cardiologique.

Pour l’heure trois greffes cardiaques de ce type ont été tentées en Australie. Les deux premiers malades disent, quinze jours après l’opération, avoir pleinement récupéré. Le troisième patient est toujours en soins intensifs.

A demain

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