Grippe 2014/2015: questions dérangeantes sur la désaffection pour une vaccination

Bonjour

Que se passe-t-il dans les officines françaises ? On y parle beaucoup de la dernière idée de Marisol Touraine, ministre de la Santé : inciter les Françaises et les Français à aller se faire vacciner chez leur pharmacien. Un sondage personnel assez représentatif nous permet de dire que l’idée passe assez mal.

Gondoles

Une tonalité générale se dégage : nous n’avons pas fait pharmacie pour singer les médecins. C’est une réaction allergique d’autant plus vive que le pharmacien d’officine nourrit une angoisse récurrente : qu’une fraction de son stock de spécialités soit bientôt disponible dans les gondoles de la grande distribution.

Que vont devenir les officines françaises ? Pour l’heure les préparateurs engrangent les caisses de vaccins destinés à prévenir la prochaine vague de grippe hivernale. Des vaccins que les pharmaciens ne serons pas incités à injecter : si elle doit voir le jour l’idée de Marisol Touraine ne concernera que la grippe 2015/2016. Au mieux.

Sondeurs

Pour la grippe millésimée 2014/2015 les premiers indicateurs chiffrés sont à l’image de l’économie nationale.  Moins d’un Français sur trois envisage l’immunisation. C’est du moins le chiffre que nous offre le groupe PHR (qui réunit plus d’un pharmacien sur dix). C’est l’un des chiffres les plus bas enregistrés assurent les sondeurs.

Pire, un autre phénomène apparaît : la quasi-certitude de ne pas vouloir se faire vacciner augmente. Elle concernerait désormais plus de sept Français sur dix, squalène ou pas. Pire encore : le recul de l’intention de vaccination contre la grippe chez les 65 ans et plus se confirme. Ils ne sont plus que 53% à vouloir se faire vacciner cette année, contre 58% en 2013 et 75% en 2012.

Comprendre

Pourquoi ? C’est assez simple : le Français n’en voit pas l’utilité (dans une proportion qui augmente) ensuite parce qu’ils redoutent les effets secondaires de l’injection. C’est à n’y rien comprendre.

« Alors que la grippe reste la première cause de mortalité par maladie infectieuse en France et dans le monde, et que la nouvelle campagne de vaccination contre la grippe vient de démarrer sur fond d’inquiétude liée à Ebola, seuls 29% des Français envisagent de se faire vacciner contre la grippe cet hiver », s’alarme Lucien Bennatan, pharmacien et directeur général du Groupe PHR.

Réanimation

Comme chaque année une conférence de presse a, le 16 octobre, été organisée au ministère de la santé pour le lancement de la campagne 2014-2015. Bancs clairsemés. Plusieurs intervenants y ont souligné l’importance de la vaccination des femmes enceintes, quel que soit leur terme. « Les complications respiratoires sont de 2 à 8 fois plus fréquentes dans cette population, qui représente 4% des sujets grippés adressés en réanimation » a précisé le Dr Benoit Vallet , spécialiste d’anesthésie-réanimation (Directeur général de la santé).

Transplacentaire

« Le passage transplacentaire des anticorps permet par ailleurs de protéger le nouveau-né durant les 6 premiers mois », a ajouté Odile Launay (vice-présidente du Comité technique des vaccinations).Le discours officiel, lui, ne change pas. La campagne de vaccination antigrippale est là. Elle durera jusqu’au 31 janvier 2015. Le vaccin est analogue à celui de la saison dernière (ce qui ne dispense en rien les personnes déjà vaccinées en 2013-2014 de recommencer (puisque « les anticorps disparaissent rapidement »). Les dix millions de personnes qui sont « invitées » à se faire vacciner, sont les personnes à risque de complications en cas d’infections, et les « personnels de santé » qui peuvent transporter les agents pathogènes et contaminer leurs patients non vaccinés.

L’hiver dernier, 660 cas graves ont été admis en réanimation, avec une mortalité de 20%, dont 80% n’étaient pas vaccinés. Les chiffres peuvent ici tromper. L’effectif vacciné en 2013-2014 a été en augmentation de 85 000 personnes par rapport à l’année précédente. « Mais la population visée augmente également, si bien que la couverture vaccinale, elle, stagne à 49% » indique Luc Barret (médecin-conseil national de la Cnam). En 2008, ce taux était de 59%.

On n’entend guère l’InVS sur le sujet. Selon lui la grippe a été à l’origine de 9.000 morts prématurées l’an dernier. « Avec une couverture vaccinale de 50%, on peut calculer que 2000 décès ont été évités par la vaccination chez les personnes de 65 ans et plus », indique François Bourdillon ; directeur de l’InVS). Mais avec une couverture vaccinale de 75% [recommandée par l’OMS], on en éviterait 3000 ». Que ne le dit-il plus fort ?

Coupables

« L’enjeu, aujourd’hui, est de retrouver la confiance du public et celle des professionnels de santé » ajoute-t-il. C’est un enjeu de taille. C’est aussi une question redoutable : pourquoi cette confiance a-t-elle été perdue ? Où sont les coupables ?

Et il ne faudrait pas creuser bien longtemps pour dénicher un scandale : des chiffres de l’InVS datant de 2009 font état d’une  couverture vaccinale de 26% parmi les soignants. Par ailleurs, des relevés effectués l’an dernier, (en EHPAD, lors des épisodes de cas groupés) évoquent une couverture de 23% parmi le personnel – précisions de Daniel Levy-Bruhl (InVS) rapportées par le site Medscape.

Pourquoi ne pas rendre la vaccination antigrippale  obligatoire chez les soignants ? Voilà un bien beau sujet médiatique et politique. Les médecins accepteraient-ils de se faire vacciner par les pharmaciens ?

A demain

2 réflexions sur “Grippe 2014/2015: questions dérangeantes sur la désaffection pour une vaccination

  1. A quoi on reconnait un ressortissant d’un pays riche 😕 il a peur de son ombre.
    N’ayant pas connu d’épidémie de grande envergure , il craint plus les ogm dans un champ qu’un virus qui tue plus que la conduite automobile. 😦

    • Un virus qui tue plus que la conduite automobile !
      J’aimerai bien avoir vos preuves : c’est à dire autre chose que les affirmations de l’ INVS qui sont plus du marketing que de l’information.
      Chaque année c’est la même rengaine : affirmation d’autorité.
      Chaque année , on s’indigne du manque de confiance .
      La confiance viendra quand la transparence des autorités sera là .
      Au train où vont les choses ce n’est pas demain la veille

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