Alcoolisme : ne pas boire peut-il être dangereux quand on travaille à la SNCF ?


Bonjour,

Un ancien salarié de la SNCF a saisi les prud’hommes pour tenter de faire annuler son licenciement. Il est persuadé d’avoir été «ostracisé» en raison de ses convictions religieuses musulmanes. Et plus précisément  pour avoir dénoncé une consommation régulière d’alcool de ses collègues. C’est le dernier épisode en date d’une affaire de rhum épicé et de pâte à crêpes pour aiguilleurs qui avait fait un certain bruit.

Lanceur non repêché

Aujourd’hui c’est Me Antoine Fabre, l’avocat de Slimane H. qui vient de rendre cette information publique. Slimane H. a été licencié en mars 2013. Il assure avoir été le seul licencié parmi d’autres aiguilleurs stagiaires recalés comme lui à l’évaluation prévue pour les jeunes cheminots un an après leur embauche. Selon son avocat, Me Antoine Fabre, «il n’a pas pu bénéficier du repêchage habituel» car «dès le jour où il est devenu un lanceur d’alerte, ils ont cherché à le pousser vers la sortie».

L’aiguilleur aurait subi «dès son arrivée des moqueries» et «a été ostracisé en raison de son apparence de musulman convaincu et parce qu’il ne buvait pas d’alcool», affirme-t-il. L’avocat précise avoir déposé, jeudi 30 octobre, un recours devant les prud’hommes pour «discrimination et harcèlement moral». «Nous demandons l’annulation du licenciement, car nous considérons qu’il est la conséquence d’une discrimination en raison de convictions religieuses», explique-il. Selon Me Fabre, le cas de l’aiguilleur n’est pas isolé : «Nous avons recueilli d’autres témoignages d’ostracisation subie pour non-consommation d’alcool

Punch épicé partagé

Slimane H. est à l’origine d’une vidéo diffusée en juin par l’hebdomadaire le Point. Celle-ci montre des agents de la gare de Saint-Lazare à Paris partager un punch dans un local de repos. On peut aussi entendre  l’un d’eux, à son poste de travail, se tromper dans un aiguillage.

Dans une lettre adressée la semaine dernière au président de la SNCF, Guillaume Pepy, l’ancien salarié prétend avoir alerté sa hiérarchie, en vain, sur la consommation «quasi quotidienne» d’alcool de ses collègues. Interrogée par l’Agence France Presse, la SNCF n’a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire. Elle précise néanmoins qu’après une enquête interne, au moins six cheminots chargés de surveiller le réseau de Saint-Lazare ont été sanctionnés. Deux ont notamment écopé de « deux jours de mise à pied ferme » pour avoir introduit de l’alcool dans un poste de sécurité et quatre sanctionnés par une mise à pied d’un jour avec sursis (sic) pour ne pas avoir alerté leur hiérarchie.

Lever le voile

En soutien à leurs collègues visés par les procédures disciplinaires, plusieurs syndicats avaient appelé le 24 septembre à une grève d’une journée sur les lignes J et L du Transilien. Le mouvement avait été très suivi, avec seulement un train sur deux.

Ostracisme ou pas il serait bon que la SNCF parvienne non pas à lever le voile sur de telles pratiques mais à dire quelle est précisément la réalité de l’alcoolisme en son sein. Faire la part entre le vrai pathologique et les fantasmes véhiculé depuis la Bête humaine et les petites méchancetés faites aux chefs de gare. La direction centrale de cette belle entreprise pourrait, hasard des actualités, prendre modèle sur l’initiative courageuse des médecins anesthésistes également confrontés à ce qui demeure une maladie quand on voudrait y voir une faiblesse, un vice.

A demain

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