Affaire d’Orthez : pourquoi maintient-on toujours en prison l’anesthésiste alcoolique ?

Bonjour

Agirait-on de même si elle n’était pas malade de l’alcool mais d’une autre maladie chronique ? Une hépatite par exemple. Veut-on lui faire payer les conséquences de son addiction alcoolique ? A quel titre ? Pour quelles raisons ?

Deux mois

Aujourd’hui 3 décembre le juge des libertés et de la détention a rendu un avis favorable à sa libération. Mais  le parquet a aussitôt fait appel de cette décision. Le Dr Helga Wauters, l’anesthésiste belge mise en examen fin septembre pour « homicide involontaire aggravé» après la mort d’une patiente à la maternité d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques), dormira donc en prison. Comme elle le fait depuis deux mois désormais à la maison d’arrêt de Pau. Détention provisoire jusqu’à ce que la cour d’appel se prononce sur la question, dans un délai de dix jours au plus.

Verre de rosé

La justice avait rejeté le 16 octobre une première demande de remise en liberté. On se souvient de la tragédie d’Orthez. Le 26 septembre le Dr Wauters a la charge d’une parturiente de 28 ans. Après avoir installé une péridurale l’anesthésiste  sort  boire « un verre de rosé » chez des amis. L’accouchement se passe mal, elle est rappelée pour une césarienne. A son retour elle  sent l’alcool ; son comportement et son élocution sont  étranges. Le bloc ne dit rien. Elle intube les voies digestives au lieu des voies respiratoires. En arrêt cardiaque, la jeune femme est transférée à l’hôpital de Pau. Elle y mourra quatre jours plus tard. Le  bébé est sain et sauf.

Bracelet

L’enquête établira rapidement l’existence d’une dépendance majeure à l’alcool. « Pour quelles raisons maintient-on cette anesthésiste en prison ?» La question s’était déjà posée mi-octobre. Pour « éviter le renouvellement de l’infraction et assurer la représentation devant la justice» ? « Cela ne tient pas, estimait alors Me Cyril Roux, avocat à la Cour et membre du comité scientifique de SOS Addictions. Une assignation à résidence avec bracelet électronique suffisait à garantir ces objectifs.  De la protéger ?

Dignité

En toute hypothèse, la prison ne favorise pas le soin… A l’extrême (et pour les besoins d’un raisonnement, ubuesque) on soutiendrait que s’il n’existe aucun soin à l’extérieur, une prise en charge médicale en prison est toujours préférable. Encore faut-il ici tenir compte de différents éléments : les taux de suicide en milieu carcéral, la dignité perdue, la privation de liberté, l’enfermement désocialisant. »

Acharnement

Me Roux ajoutait : «  Les soins indispensables auraient pu être imposé dans le cadre du contrôle judiciaire, au besoin selon le régime de l’hospitalisation – mais ailleurs qu’en prison.  On évoque enfin la possible réitération de l’infraction. Or cela ne tient pas plus : le contrôle judiciaire l’aurait interdit d’exercer une activité médicale – interdiction garantie par le bracelet. »

Nous écrivions, à la mi-octobre, que des éléments nous manquaient pour comprendre. Début décembre ces éléments manquent toujours. Pourquoi cette acharnement à maintenir une malade en prison ? La parquet agirait-il ainsi  s’il ne s’agissait pas d’alcool ?

A demain

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