Baclofène ® : ce médicament pour alcoolo-dépendants n’est pas un amaigrissant !

Bonjour

Le Baclofène® occupe une place à part dans la pharmacopée française. Beaucoup a été dit sur l’histoire de cette vieille molécule indiquée (depuis quarante ans) dans le traitement des contractures spastiques d’origine médullaire et cérébrale – une molécule qui, au terme d’une lutte parfois homérique,  bénéficie (depuis mars 2014) d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) dans le traitement de l’alcoolo-dépendance.

Formellement déconseillé  

Dans l’attente des résultats officialisés par la Faculté de cette nouvelle indication, nouvel épisode du feuilleton Baclofène : une mise en garde de l’Ansm. L’agence nationale de sécurité du médicament vient de faire savoir que des utilisations hors AMM  du Baclofène® ont été identifiées « dans les troubles du comportement alimentaire et dans la prise en charge de régimes amaigrissants ».  L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé « déconseille formellement son utilisation dans ces situations, ainsi que dans toutes autres situations non couvertes par l’AMM ou la RTU ».

Potentiellement grave  

Ces utilisations hors AMM à des fins amaigrissantes ont été observées avec deux spécialités :  Liorésal® 10 mg (Novartis Pharma) et Baclofène Zentiva® 10 mg (Novartis Pharma, Sanofi Aventis). « En l’absence de démonstration d’un bénéfice dans ces situations, et considérant le risque de survenue d’effets indésirables potentiellement graves associés à l’utilisation du baclofène », l’Ansm déconseille formellement cette utilisation.

En savoir plus sur le Baclofène®, relaxant musculaire d’action centrale, utilisé dans le traitement de la dépendabce à l’alcool ? C’est ici : http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/a66912b96f6697c1e6db07619a5d5fd7.pdf

Silences de l’Ansm

Voilà qui est dit. Pour le reste on peut regretter que l’Agence nationale de sécurité du médicament n’en dise pas plus. Pourquoi ces deux seules spécialités ? A quelle fréquence ? Avec quelles conséquences ? Et dans quelles circonstances ? Les prescripteurs et les pharmaciens sont-ils, ici, complices ? Que font les fabricants ? Pourquoi cette politique du silence ?

Comment ne pas penser aux prémices du Mediator® ? Ou à l’arrivée annoncée de Mysimba ® (Zyban ® + Revia ®) ?

A demain

3 réflexions sur “Baclofène ® : ce médicament pour alcoolo-dépendants n’est pas un amaigrissant !

  1. La même histoire se répète ..
    Des personnes atteintes de TCA, troubles dont la composante addictive est assez similaire à l’alcoolo-dépendance, (elles (en majorité des femmes) se disent « alcooliques de la bouffe »), ont cherché à se faire prescrire du baclofène pour certaines avec succès.
    Là encore médecins et pharmaciens sont complices.
    Après vouloir maigrir et rentrer dans son maillot en été à coup de comprimés est illusoire, le baclofène marche sur la compulsion, pas sur les kilos en trop. Il fait même grossir 10% des personnes qui le prennent.
    Des thèses de médecine commencent à couvrir le sujet, mais comme pour l’alcool, les malades ne veulent pas attendre …

  2. A l’évidence, le baclofène n’est pas « la dernière pilule qui fait maigrir » !
    C’est le traitement qui permet, en se débarrassant de l’addiction à la « bouffe », de retrouver une alimentation normale, et de perdre, naturellement du poids, sans restriction ni régime.
    Rien n’a voir, donc, avec les innombrables produits « testés cliniquement », à l’efficacité douteuse, en vente libre et à marge confortable, en pharmacie !
    Rien à voir, non plus, avec les interventions chirurgicales « agressives » préconisées en cas d’obésité morbide (sleeve, by-pass, anneau gastrique)
    Ce traitement au baclofène, j’en ai fait l’expérience, m’a délivré de mon addiction sans drogue : mes pulsions alimentaires. Et je ne me suis pas sentie plus en danger, au niveau des effets indésirables, qu’une personne prenant le traitement pour son alcoolo-dépendance… !!!
    Sans doute trop simple pour être crédible ? Pourtant, j’ai vécu ce traitement, j’existe et je vis tous les jours le plaisir de manger pour vivre et non vivre pour manger. A côté de ce « bonheur simple », maigrir m’importe peu : je perds du poids parce que, simplement, j’ai retrouvé le sens d’une alimentation qui n’est plus une addiction.

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