Grèves. La minuterie politique est remontée : que va-t-il se passer entre le 6 et le 12 janvier ?

Bonjour

La « grève Courchevel » commence à faire boule ne neige. Des camps hier antagonistes pactisent, le phénomène cristallise quand la ministre de la Santé minimise et se tait. En période de grands froids c’est un petit jeu dont nul ne sait qui sortira gagnant.

Hussarde

Hier 28 décembre c’est SOS Médecins qui entrait dans la danse. Ce matin il s’agissait du BLOC. Cet après-midi  c’est le Syndicat des médecins libéraux (SML) qui appelle généralistes et spécialistes à continuer leur action en se ralliant aux mouvements de fermetures des cabinets les 5 et 6 janvier, lancés respectivement par les cliniques privées et par MG-France, syndicat de généralistes. C’est, pour le dire simplement, une tentative de coagulation, une démarche à la hussarde, dont l’issue est encore incertaine.

C’est peu dire que le SML, présidé par un breton atypique,  ne fait pas dans la dentelle. Il en appelle désormais au chef du gouvernement :

« A l’issue d’une première semaine de mobilisation marquée par un taux de fermeture record des professionnels de santé, unis pour sauver l’offre de proximité de notre santé ; et de par l’aveuglement de la Ministre sur les conséquences profondes de sa vision dogmatique de notre système de santé, le SML demande à ce que le projet de loi santé soit désormais réécrit et conduit par le Premier ministre. Une étape nécessaire qui doit être réalisée avec la concertation de l’ensemble des professionnels de santé, pour préserver notre système de soins et prendre en compte les réalités concrètes du terrain ».

 Défaite symbolique

 La manœuvre est limpide : obtenir que la ministre de la Santé (régulièrement accusée d’ « aveuglement » et de « cécité » ) ne soit plus en charge du projet de loi-Santé. Et ce même si elle a proposé de définir dans le cadre d’un groupe de travail en janvier des « garanties » aux médecins sur la généralisation à venir du tiers payant. Ce serait là une victoire symbolique. Mais ce serait aussi, sans aucun doute, un prix politique trop lourd à payer pour un Premier ministre bien peu à l’aise sur les problématiques de santé. Un terrain où ne se risque pas (encore ?) Emmanuel Macron, ministre de l’Economie. Mais un gouvernement qui a décidé de reporter au printemps l’examen d’un projet de loi prévu pour janvier.

Gros bataillon

Nous sommes le 29 décembre. Et maintenant ? Que disent les gros bataillons ? « Nous ferons le point le 31 au soir de l’état de la mobilisation et de la réponse du gouvernement, sourd, pour l’instant, à tout ce que l’on dit. Un mouvement ne s’arrête pas un jour J, si les réponses n’ont pas été apportées. Il peut se poursuivre sous de multiples formes, dont des « actions ponctuelles spectaculaires », explique Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF. Ce ne sont pas trois virgules et deux mots qu’il faut changer dans ce projet de loi. Il faut enlever tout ce qui est hospitalo-centré et qui vise à étatiser la médecine libérale. »

Gestion politique fine

Tout désormais est affaire de tempo, de gestion politique fine, de prise de pouls à distance, de décryptage et d’interprétation des symptômes médicaux. Marisol Touraine parlera-t-elle et quand ? Elle a fait savoir qu’elle ne recevrait pas avant le 12 janvier des représentants de généralistes.

Or voici que le très écouté  MG-France appelle à la fermeture des cabinets le 6 janvier. MG-France dont le président Claude Leicher ne résiste plus à menacer : « On va utiliser tous les moyens possibles, entre la fermeture des cabinets, la grève des télétransmissions de feuilles de soins à l’Assurance maladie ou une manifestation nationale à Paris ».

La minuterie politique est en place : que va-t-il se passer entre le 6 et le 12 janvier ? Sept jours à haut risque. Sans parler de ceux d’après.

A demain

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