Grèves : Marisol Touraine parle au « Point » mais ne bouge pas d’un iota

Bonjour

29 décembre. Elle avait promis de ne rien dire. Mais la fièvre médicale monte. Finalement elle a décidé de parler. Quelques mots au journal de 19 heures de France Inter. Puis un entretien assez inhabituel accordé au Point. Ni Libération (comme elle en avait pris ces derniers temps l’habitude). Ni Le Monde, sans que l’on sache encore pourquoi. Ni La Croix. Et oublions Le Figaro. On lira ci-dessous le jeu questions-réponses. On y verra que la ministre de la Santé ne dit rien ce soir qu’elle n’a déjà exposé.

Respect hospitalier

Le tiers payant est une « avancée sociale ». Face à l’hostilité grandissante des médecins libéraux elle est « prête à travailler à la rentrée » sur des questions de forme et de calendrier – mais nullement sur le fond. La consultation médicale à 23 euros équivaut en réalité (ce que les lecteurs du Point ne savent pas) à une rémunération des médecins qui a augmenté de trois euros en deux ans…La ministre « entend l’inquiétude » des médecins. Sans oublier une formule qui suscitera quelques réactions : « Dans les hôpitaux, les médecins sont très respectés alors qu’on ne les paie pas directement »…

Pour la suite des événements ? « Je crois aux vertus de l’échange et du dialogue, et ma volonté de concertation est intacte. »

Voici cet entretien (propos recueillis par Hugo Domenach) :

« Les médecins sont hostiles à la généralisation du tiers payant. Le gouvernement peut-il revenir sur ce principe dont la mise en place inquiète les médecins généralistes ?

– Il faut que tout le monde puisse aller chez son médecin sans appréhension, même avec des difficultés financières. C’est pour ça que le tiers payant, qui existe dans d’autres pays, est une avancée sociale. Les médecins de proximité veulent être mieux reconnus face à l’hôpital ! Or, à l’hôpital, il y a le tiers payant. Mais je suis prête à travailler à la rentrée sur les conditions de sa mise en œuvre, notamment sur les garanties de paiement, qui constituent une inquiétude des médecins, que j’entends. C’est pourquoi je dis aujourd’hui aux médecins que le système de paiement sera simple, rapide et fiable.

 Le gouvernement peut-il céder sur la hausse du prix de la consultation, qui constitue une des principales revendications des grévistes ?

– La loi ne porte pas sur la rémunération. Ce que vos lecteurs ne savent pas, c’est que pour une consultation de vingt-trois euros, la Sécurité sociale verse aujourd’hui l’équivalent de huit euros au médecin en rémunérations forfaitaires et cotisations sociales, contre seulement cinq euros en 2012. La rémunération des actes médicaux a donc augmenté de près de trois euros dans un contexte de contrainte budgétaire. Les échéances programmées sur la rémunération doivent avoir lieu avec les principaux acteurs concernés.

La CSMF affirme que la grève est suivie à 80 %. Cette ampleur inédite constitue-t-elle un désaveu général contre votre réforme ?

–  Sur l’ampleur de cette grève, je ne veux pas entrer dans une querelle de statistiques. J’entends l’inquiétude des médecins. Mais les évolutions de notre système de santé sont considérées comme nécessaires par tout le monde, par exemple plus de coopération entre l’hôpital et les professionnels libéraux. Il faut mettre le médecin généraliste au cœur du dispositif. Il faut que les Français continuent à pouvoir bien se soigner lorsqu’ils en auront besoin, alors que notre environnement change.

Devant cette pénurie de soins, les Français malades sont démunis…

–  Je veille à ce que la continuité des soins soit assurée. C’est ma vigilance, et chacun fait preuve de responsabilité. Les Français ne peuvent pas être livrés à eux-mêmes. Pour l’instant, l’activité aux urgences n’a pas augmenté par rapport à la même période sur les années précédentes, même si la demande de renseignements aux centres 15 est plus importante.

Trouvez-vous cette grève justifiée alors que, dans un contexte de restriction budgétaire, les médecins ne sont pas les plus désavantagés ?

–  Nous sommes à un moment de transformation de notre système de santé. Cela provoque des interrogations. Les médecins s’inquiètent de ne pas être suffisamment reconnus ou valorisés. Mais le tiers payant ne va pas les dévaloriser. Dans les hôpitaux, les médecins sont très respectés alors qu’on ne les paie pas directement. Notre projet vise à conforter la médecine libérale de proximité en l’articulant mieux à l’hôpital, qui ne doit pas répondre à tout.

Face aux grognes corporatistes, la France est-elle irréformable ?

– Je ne raisonne pas comme cela. Nous avons besoin de réformes dans notre pays. Je crois aux vertus de l’échange et du dialogue, et ma volonté de concertation est intacte. »

A demain

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