Maigrir sous Baclofène ®, un remake du Mediator® ? Que va faire la police ?

Bonjour

Deux commentaires, troublants, à notre texte concernant l’alerte lancée par les autorités sanitaires quant à l’usage « amaigrissant » qui commence à être fait, en France, du Baclofène ®  (voir ici la mise en garde de l’Ansm) :

Le premier :

«  A l’évidence, le baclofène n’est pas « la dernière pilule qui fait maigrir » ! C’est le traitement qui permet, en se débarrassant de l’addiction à la « bouffe », de retrouver une alimentation normale, et de perdre, naturellement du poids, sans restriction ni régime.

Rien n’à voir, donc, avec les innombrables produits « testés cliniquement », à l’efficacité douteuse, en vente libre et à marge confortable, en pharmacie ! Rien à voir, non plus, avec les interventions chirurgicales « agressives » préconisées en cas d’obésité morbide (sleeve, by-pass, anneau gastrique).

Ce traitement au baclofène, j’en ai fait l’expérience, m’a délivré de mon addiction sans drogue : mes pulsions alimentaires. Et je ne me suis pas sentie plus en danger, au niveau des effets indésirables, qu’une personne prenant le traitement pour son alcoolo-dépendance… !!!

Sans doute trop simple pour être crédible ? Pourtant, j’ai vécu ce traitement, j’existe et je vis tous les jours le plaisir de manger pour vivre et non vivre pour manger. A côté de ce « bonheur simple », maigrir m’importe peu : je perds du poids parce que, simplement, j’ai retrouvé le sens d’une alimentation qui n’est plus une addiction. »

Le second :

« La même histoire se répète … Des personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire, troubles dont la composante addictive est assez similaire à l’alcoolo-dépendance (en majorité des femmes) se disent « alcooliques de la bouffe »), ont cherché à se faire prescrire du baclofène ; pour certaines avec succès.

Là encore médecins et pharmaciens sont complices. Après vouloir maigrir et rentrer dans son maillot en été à coup de comprimés est illusoire, le baclofène marche sur la compulsion, pas sur les kilos en trop. Il fait même grossir 10% des personnes qui le prennent. Des thèses de médecine commencent à couvrir le sujet, mais comme pour l’alcool, les malades ne veulent pas attendre … »

La longue chaîne

Un rapide voyage sur la Toile montre vite que la question soulevée par le communiqué de « mise en garde » de l’Ansm est bien réelle et quelle ne date pas d’hier. (Doctissimo, juin 2012).t on peut raisonnablement supposer qu’elle dépasse le  Liorésal® 10 mg (Novartis Pharma) et le  Baclofène Zentiva® 10 mg (Novartis Pharma, Sanofi Aventis, les deux seules spécialités citées par l’Ansm.

Le Baclofène ®  aurait donc des effets « amaigrissants » ? Ce ne serait certes pas le premier médicament utilisé à d’autres fins qui en aurait. Ni le premier à être (plus ou moins massivement) détourné à d’autres fins. Une lecture ouverte, sans œillères,  de l’affaire du Mediator®  montre à quel point de tels détournements peuvent être possibles sur de longues durées et avec l’accord (actif ou tacite) de l’ensemble de la longue chaîne qui va du fabricant au patient.

Une affaire est là

Une question, dès lors, se pose : l’action des autorités sanitaires françaises se résumera-t-elle au  communiqué de l’Ansm sur le Baclofène ® ? La mise en garde adressée aux prescripteurs est déjà  reprise par les « sites santé » : « Top Santé » ; « Psychomédia » ; « Pourquoi docteur ? » ; « Santé Magazine ». Elle le sera demain par les médias généralistes.

Mais généralistes ou pas, tous les ingrédients d’une affaire sont réunis. «  Notre expérience montre que ça marche. D’ailleurs, 5 à 10 % des consultations pour une demande de baclofène concernent aujourd’hui un trouble du comportement alimentaire. C’est peu, mais significatif, a déclaré le Dr Patrick de la Selle, président du Resab (Réseau Addictions Baclofène) à Santé Magazine

Syndrome du parapluie

La mise en garde de l’Ansm ? « Pour moi, il s’agit d’une annonce classique d’ouverture de parapluie. L’Agence est traumatisée par l’affaire du Mediator®, dit ce médecin généraliste. Pourtant, il n’y a pas de raison qu’il y ait plus d’effets secondaires chez les patients boulimiques que chez les patients alcooliques. »

« Les médecins qui prescrivent du baclofène dans les troubles du comportement alimentaire suivent le même protocole que pour l’alcool, avec une augmentation progressive des doses, précise le site (Sylvie Dellus). Les effets secondaires du baclofène sont, aujourd’hui, bien identifiés : somnolence, vertiges, avec un risque de confusion et de chute à forte dose. Le Resab envisage de lancer une étude scientifique sur l’intérêt du baclofène dans la boulimie. Mais, celle-ci reste, pour l’instant à l’état de projet, faute de financement. »

Maigrir sous Baclofène ® », la version millésimée 2015 du Mediator® ? Menacer ? Interdire (en vain) ? Comprendre (chercher à) ? Que va faire la police du médicament ? Et pourquoi, comme toujours, ce silence des fabricants ?

A demain

5 réflexions sur “Maigrir sous Baclofène ®, un remake du Mediator® ? Que va faire la police ?

  1. Je ne vois pas pourquoi vous mettez un R entouré pour la marque déposée puisque le baclofène n’est pas un nom de spécialité mais une DCI. Mais c’est un détail.

  2. Baclofène n’est pas une marque donc pas de ®. C’est une DCI dont le princeps Lioresal est génériqué donc, comme ses génériques, non promu chez le médecin. Les labos s’en fichent et n’investiront pas un kopeck dessus puisque tout investissement nourrit les concurrents.

  3. Bonjour, j’ai souffert de boulimie pendant 30 ans. Aucune therapie n’en est venue a bout. J’y ai perdu beaucoup d’argent.
    Je mange pourtant de façon equilibré, et ma vie est reussie, mais je ne connaissais pas la satieté et je souffrais toujours de pulsion incontrolées.
    Vous savez ce qu’est la satieté, pour vous c’est naturel. Moi non.
    Grace au baclofene, je sais aujourd’hui ce qu’est d’etre une personne normale qui mange lorsqu’elle a faim et qui s’arrete lorsqu’elle n’a plus faim.
    La nourriture n’est plus un probleme
    J’ai grossi pendant ce traitement, mais peu importe, la liberation de ces pulsions boulimique n’a pas de prix.
    le baclofene n’est pas un coupe faim. Il supprime juste ce besoin irrepressible de se gaver de nourriture jusqu’a l’épuisement.
    La boulimie engendre de tres nombreux problemes de santé, et peut etre a l’origine de deces (crise cardiaque, rupture de l’estomac)
    Vous etes tres loin d’imaginer l’extreme souffrance que provoque cette maladie.
    Aujourd’hui Je ne suis plus esclave de la nourriture. Je vis. Enfin.

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