Ebola : nouvelle étape dans la traque des chauves-souris responsable de l’épidémie

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L’histoire du virus Ebola, celle de ses origines, de son « réservoir », ne cesse de croiser les vols des chauves souris. Et ce depuis bientôt quarante ans que ce virus est connuEn juillet dernier la FAO s’inquiétait  « du danger que représente la consommation de chauves-souris frugivores, le réservoir le plus probable du virus Ebola ». L’organisation onusienne observait que ces animaux – généralement consommés séchés ou dans une soupe épicée – constituent un mets très apprécié dans la région concernée par l’épidémie d’Ebola.

La donne d’octobre

En octobre, nouvelle donne : l’Organisation Mondiale de la Santé animale (OIE) avait retravaillé et actualisé le sujet. On disposait ainsi alors d’une  fiche d’information technique de l’OIE sur le virus Ebola – un document préparé  par des experts scientifiques internationaux.  « Bien que la souche provoquant le foyer actuel ait entraîné une mortalité sans précédent, la source initiale du virus reste inexpliquée, observait l’OIE. Il est cependant probable qu’initialement le virus se soit introduit dans la population humaine à partir d’un animal sauvage à une personne unique. La maladie se transmet actuellement de personne à personne et rien ne prouve que les animaux continuent de jouer un rôle dans la propagation du virus. »

Roussettes, porcs, antilopes

Et, une nouvelle fois, les chauves-souris. Pour les experts de l’OIE les études de terrain et les enquêtes épidémiologiques démontraient que les réservoirs naturels de ce virus pourraient être des roussettes , porteuses saines qui hébergent le virus sans présenter de signes cliniques. « Ces résultats devront être étudiés plus en détail » précisait l’OIE – qui n’excluait pas la culpabilité du porc, de l’antilope ou du singe. « Selon toute probabilité, la transmission initiale du virus Ebola à l’homme se fait à partir d’animaux tels que les chauves-souris ou les primates non-humains, à l’occasion de la chasse et du ramassage d’animaux sauvages malades ou morts et de la manipulation ou de la consommation de viande de brousse crue » faisait valoir l’organisation dirigée par le Dr Bernard Vallat.

Salive et fèces

On rappelait à cette occasion que dans certaines zones rurales africaines, les roussettes sont une source populaire de viande pour la consommation humaine et sont préparées à la main avant d’être séchées, fumées et/ou cuites. L’infection peut aussi être transmise à l’homme par la manipulation ou la consommation de fruits sauvages contaminés par la salive ou les matières fécales de ces chauves-souris dans les zones contaminées.

Berlin au rapport

30 décembre, nouvelle publication. C’est un travail international (trente signataires, seize institutions,  Allemagne, Suède, Côte d’Ivoire, Canada, Royaume-Uni) dirigé par Almudena Marí Saéz (Institute of Tropical Medicine and International Health, Charité – Universitätsmedizin Berlin) et  Fabian Leendertz (Epidemiology of Highly Pathogenic Microorganisms, Robert Koch Institute, Berlin). Un travail publié aujourd’hui dans la revue  Embo Molecular Medicine.

Guinée forestière

Et nouvelle convergence vers ces petits mammifères volants : des chauves-souris mangeuses d’insectes pourrait avoir contaminé, dans le village guinéen de Meliandou (non loin de Guéckédou dans le sud du pays aux confins du Libéria et de la Sierra Leone) un enfant considéré comme le premier cas contaminé et contaminant.  On sait que cet enfant de deux ans est mort d’Ebola il y a précisément un an, en décembre 2013. Mais les chercheurs ne retiennent pas la piste habituelle des chauves-souris mangeuses de fruits. Leur enquête de terrain les a conduits vers de petites chauves-souris insectivores qui colonisaient un arbre creux où les enfants du village avaient l’habitude de jouer.

Trop peu de données

Cet arbre a certes été en partie brûlé depuis la mort de l’enfant, ce qui a détruit la colonie de chauves-souris. Pour autant des prélèvements de cendres et de terre ont toutefois permis de retrouver des éléments d’information  génétique caractéristiques de ces chauves-souris insectivores. Sans toutefois retrouver des preuves de la présente du virus. Est-ce suffisant pour accuser ? Fabian Leendertz reste prudent. « Nous avons trop peu de données (…) et tout ce que nous pouvons dire est que nous devrions nous intéresser aux chauves-souris insectivores », explique-t-il.

Désastre rétroactif

L’autre hypothèse sur l’origine de l’épidémie demeure celle des mammifères sauvages  contaminés par les chauves-souris. Cette hypothèse est pour l’heure écartée par les auteurs de la publication : aucune trace d’épidémie par Ebola dans la faune sauvage de la région n’a été détectée. « Nous avons surveillé la population de grands mammifères près de Meliandou et n’avons trouvé aucun signe d’une épidémie », explique Fabian Leendertz. Pour lui rien ne servirait à rien de détruire les chauves-souris pour se protéger d’Ebola : « Ce n’est pas une solution de commencer à tuer les chauves-souris ou à détruire leur habitat. Cela pourrait même avoir un effet rétroactif désastreux. »

C’est dire si le mystère reste entier.

A demain

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