Ségolène Royal, ministre du Bon Sens a gagné : les Parisiens peuvent rallumer leurs cheminées

Bonjour

In extremis. C’est une « exclusivité » France-Info (Sébastien Baer). Le préfet de Paris a pris, hier 29 décembre, un arrêté d’annulation de son interdiction des feux de cheminée dans la capitale – interdiction qui devait entrer en vigueur au 1er janvier. C’est la fin d’un invraisemblable imbroglio, une affaire ubuesque sur fond de pollution dont sort paradoxalement victorieuse Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie et adversaire résolue de l’ « écologie punitive ».

Edito du Figaro

L’affaire commence début décembre : les feux de bois sont interdits dans la capitale. Au Figaro, on peste.  Yves Thréard  va jusqu’à signer un éditorial :

« C’est une certitude : le président de la République ne présentera pas ses vœux pour la nouvelle année au coin du feu. Non pas parce que l’expérience tentée par Valéry Giscard d’Estaing en 1974, en compagnie de son épouse, Anne-Aymone, fut à l’époque diversement accueillie. Tout simplement parce que les feux de cheminée à foyer ouvert seront interdits à Paris et en banlieue à partir du 1er janvier. »

Logique non répressive

Yves Thréard avait dégainé trop vite. Il ignorait que Ségolène veillait.  Début décembre on nous expliquait qu’il s’agissait d’une  interdiction administrative.  La Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie Driee était formelle : « le chauffage au bois contribue à hauteur de 23 % aux émissions totales de PM10  en Ile-de-France, soit autant que l’échappement des véhicules routiers».

« Nous ne sommes pas dans une logique répressive. Nous voulons provoquer une prise de conscience mais, rappelons qu’en théorie, le récalcitrant s’expose à une amende de quelques centaines d’euros », indiquait Julien Assoun, chef de service à la Driee Île-de-France. L’affaire prenait de l’ampleur. Jusqu’à l’UFC-Que choisir qui s’était emparée du sujet et qui dénonçait des erreurs majeures de la Driee dans les chiffres avancés de pollution.

Cheminées au diesel

« Un feu qui ronronne une après-midi dans une cheminée émet autant de particules qu’un véhicule diesel âgé de huit ans ayant roulé plusieurs milliers de kilomètres» assurait pourtant Julien Assoun, toujours dans Le Figaro.

Le 9 décembre, changement de programme. Ségolène Royal annonçait son intention de revenir sur l’arrêté préfectoral. « Je vais faire changer cette décision qui ne va pas dans le bon sens » déclarait alors la ministre de l’Ecologie (sur  France 2) . Mieux, elle estimait qu’avec cette disposition prise dans le cadre d’un plan de protection de l’atmosphère (PPA) nous étions «  dans le ridicule ».

Savoir raison garder

« J’ai été moi-même très surprise, surtout des chiffres qui ont été utilisés. On nous a fait croire que les feux de cheminée polluaient plus que les voitures diesel », expliquait alors Ségolène Royal, indiquant avoir été saisie de ce sujet par des associations de consommateurs. « Il faut être un peu raisonnable. Je ne suis pas favorable à une société des interdictions » ajoutait-elle, se disant au contraire favorable au chauffage au bois. « J’encourage en tant que ministre de l’Écologie le chauffage au bois. La France est quand même la quatrième forêt européenne (…) et il y a des poêles de chauffage au bois qui sont très performants », assurait Mme Royal ajoutant qu’elle ne voulait pas que cet arrêté « mette en cause toute la filière bois et tout le développement des énergies renouvelables ».

« On nous a fait croire…  »

Une morale ? Elle tient en une phrase, celle prononcée le 9 décembre devant les caméras de France 2 par Mme Royal :

« On nous a fait croire que les feux de cheminée polluaient plus que les voitures diesel ».

Ce on ministériel est terrible.  A sa façon il signe une forme de régression. Eric Dupin avait très tôt développé ce point sur Slate.fr parlant alors de ministre du Bon Sens à l’endroit de Mme Royal. Extraits :

Les services de la ministre

« Particulièrement sensible à la dérision, la ministre de l’Ecologie a jugé qu’on était, ici, «un peu dans le ridicule». Et, plus encore, dans une lourde incompréhension: «On nous a fait croire que les feux de cheminée polluaient plus que les voitures diesel.» Ah, ce «on»: il pointe du doigt l’expert arrogant, l’insupportable technocrate, le fonctionnaire tatillon… En l’occurrence, il s’agit tout bonnement de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’Energie de l’Ile-de-France (DRIEE-IF), un des services de l’Etat placés sous l’autorité d’une ministre dénommée Ségolène Royal. Le document de présentation de la mesure contestée précise que «le chauffage au bois contribue à hauteur de 23% aux émissions totales de PM10 (les particules fines de moins de 10 microns) en Île-de-France, soit autant que l’échappement des véhicules routiers». C’est étonnant, mais c’est ainsi. Une volumineuse étude d’Airparif (l’organisme de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France) a «mis en évidence l’impact sur les concentrations franciliennes (de particules fines) du chauffage au bois». En hiver, sa contribution à cette pollution en zone urbaine serait même supérieure à celle du trafic pour les particules de moins de 2,5 microns.

Retour au bon sens

La ministre du Bon Sens a promis de revenir sur cet arrêté d’interdiction au motif qu’il n’allait pas «dans le bon sens».Si elle a raison, elle doit virer ces charlatans qui se font passer pour des experts d’Airparif et des fonctionnaires de la DRIE-IF, pour les envoyer couper du bois dans les forêts du Morvan. »

30 décembre. Tout est revenu dans l’ordre et l’éditorialiste du  Figaro peut commencer à manger son chapeau Pour ses vœux républicains (qui seront prononcés depuis son bureau du Palais de l’Elysée) François Hollande pourra, grâce à son ancienne compagne, faire préparer une flambée. Comme le faisait avant lui (il y a quarante ans) Valéry Giscard d’Estaing. Et comme le fit, peut-être; ensuite François Mitterrand, lui qui aimait véritablement les arbres. Et le Vieux Morvan.

A demain

Une réflexion sur “Ségolène Royal, ministre du Bon Sens a gagné : les Parisiens peuvent rallumer leurs cheminées

  1. Une affaire national pour une problématique communale , cela concerne 1/30 ème de la population du pays , sérieusement qu’est qu’on n’en a à f……..!

    Si nous voulons nous occuper de la santé des français , il y a la cigarette et l’alcool : 100 000 morts à eux-deux sans parler des dégâts collatéraux…..

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