Alcool. Conduire ou conduire : il faudra choisir. Pour #RentrerEnVie en 2015

Bonjour

Boire, bien sûr… Ivre, peut-être… Au volant, jamais…

Il faudrait parvenir à déjouer ce déni que génère l’alcoolémie montante… Déni suivi des pulsions montantes… Maître de ses sensations à l’approche du gramme….  Empereur en puissance… Dictateur ensuite… Tyran dans la foulée… Inhibitions envolées… Plus de distances à respecter… Chevaux lâchés …

Parfois du sang sur la chaussée. Pas toujours, certes. Parfois, seulement. Et des larmes plein les boîtes à gants.

Cacher les clefs

Ces douze derniers mois, ce blog s’est fait le reflet de quelques unes des facettes de l’ivresse alcoolique en général, au volant en particulier. Les impasses et les incohérences de la justice, la double peine assurée pour celui qui ne savait plus où il était, la condamnation de celui qui n’avait pas su cacher les clefs de son ami conducteur bien trop éméché. Jusqu’à ce chirurgien tourangeau à contresens sur l’A 10 et à 2,34 grammes pendant 50 km. Sans parler des morts et des handicapés.

Bon pied

Désespérer ? Se résigner ? Partir du bon pied ? La Saint-Sylvestre, ses déplacements (auto)routiers  et ses ivresses obligées offrent un espace de réflexion. Un espace chiffré. Dans la nuit de ce mercredi 31 au jeudi 1er de demain 47% des Français seront, conducteur ou passager, dans un habitacle automobile. C’est ce qu’indique l’enquête annuelle (1) commandée par les associations Prévention Routière et Assureurs Prévention. Et la moitié d’entre eux « n’ont pas pris de disposition particulière ».

Autre série de données : neuf Français sur dix consommeront des boissons alcooliques et sept sur dix savent qu’ils consommeront trois verres ou (bien) plus. « C’est la soirée de tous les dangers, image Jean-Yves Salaun, directeur général de l’association Prévention Routière. Les Français qui ne sortent pas le reste de l’année sortent, les gens boivent plus que d’habitude…. On prévoit tout dans la soirée … sauf le retour. Les solutions existent: dormir sur place, choisir un ‘’capitaine de soirée’’ qui ne boit pas, il y a des transports en commun gratuits, des taxis… Mais il faut y penser avant… »

« Sam »  et Uber

Y penser avant ? C’est bien peu connaître la psychologie dominante des foules réveillonneuses.  Conscients du risque, trois conducteurs alcoolisés sur quatre privilégient l’attente avant de prendre le volant. Ce qui est efficace environ une fois sur cent tant l’élimination est lente et les effets sournois.

Il y a bien sûr, depuis une dizaine d’années, le capitaine de soirée (l’appelle-t-on toujours « Sam » ?).  Un saint revendiqué que l’on peut payer à la tâche. « Sam » n’a pas échappé au marché : des plates-formes internet existent pour le mettre en relation avec les noceurs.  Dans la nuit qui vient les taxis seront pris d’assaut. Les VTC aussi  sur des bases tarifaires à faire frémir ceux qui n’auront pas bu.

Trois fois le prix

« Un 31 décembre, la demande peut doubler ou tripler par rapport à un samedi soir. C’est une demande très difficile à satisfaire. La seule façon pour inciter un maximum de chauffeurs et conducteurs à se connecter est via une majoration tarifaire, a expliqué Uber à l’AFP (Simon Valmary). Cette majoration fonctionne selon un algorithme qui prend en compte des données statistiques, géographiques et l’offre de voiture disponibles à l’instant T. Ça évolue en temps réel, ça s’ajuste à la minute. La majoration ne devrait pas dépasser trois fois le prix habituel. » Le prix des ivresses en somme.

En 2014 la somme officielle des morts dues à des accidents de la circulation automobile dépassera celle de 2013. Le bila des 10 premiers mois fait état de 2815 tués contre 2703 l’an dernier. Une hausse de 4,1%. Et une hausse de 7% pour le seul mois de novembre. Bien évidemment le ministre de l’Intérieur menace. Il annoncera en janvier une plus grande sévérité. Après l’alcool, le cannabis. Après le sang on testera la salive.

Quitter 2014.

« Aujourd’hui, en 2030, il est impossible de démarrer une voiture ou un deux-roues sans avoir soufflé dans un «alcoolo-starter» ou de conduire un bus, un train, de piloter un avion, de travailler à des postes de sécurité et de responsabilité, sans être assuré au préalable d’un alcootest négatif, écrivait sur Slate.fr et dans ce blog le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions  au lendemain de la tragédie d’Orthez.  Aujourd’hui, quand un homme ou une femme subit les dommages de ses consommations, son entourage et sa hiérarchie lui viennent naturellement en aide avec une implication remarquable de la médecine du travail et des structures de soins. (…)

Chaque année, depuis 2015, une Journée nationale des addictions permet la levée de fonds pour de nouvelles campagnes de prévention et la recherche de nouveaux médicaments ou traitements addictolytiques. Les addictions ne sont plus une fatalité mais sont devenues une réalité prise en compte dans sa diversité, avec respect et efficacité thérapeutique. »

Nous entrons en 2015.

Il n’est pas trop tard faut trouver la date de la première Journée nationale. Le 31 décembre prochain ? C’est un vœu parmi d’autres.

A demain.

(1) Etude menée auprès d’un échantillon de 1 002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 et plus entre le 28 novembre et le 9 décembre novembre 2014 selon la méthode des quotas.

Sur le thème des relations entre la pratique médicale, la maladie alcoolique et la (ré)attribution on lira avec (comme toujours) grand intérêt le blog du Dr Marie-Thérèse Giorgio « Comment les médecins évaluent la consommation d’alcool des conducteurs lors des visites médicales du permis de conduire ? »

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