Grèves médicales libérales : couteaux tirés, coups fourrés et dindons de la farce

Bonjour

Au rayon des cadeaux, il y avait eu les urgentistes de Patrick Pelloux. Il y aura donc aussi la Fédération Hospitalière Privée (FHP). Les premiers avaient tenu moins d’une journée. La seconde n’a même pas commencé : elle a annoncé, mardi 30 décembre, la levée de son préavis de grève prévue le 5 janvier. « Nous l’avons décidé lundi soir à l’unanimité du comité exécutif, a déclaré Lamine Gharbi, président de la FHP, lors d’une conférence de presse. Nous avons obtenu quatre avancées importantes et majeures dans les discussions sur le projet de loi de Santé. Nous estimons que les dangers premiers du texte de loi, concernant nos établissements, sont levés. »

Complexité

A partir de cet instant cela devient extrêmement compliqué ; mieux vaut se reporter au Quotidien du Médecin (Guillaume Mollaret) pour (tenter) de comprendre.

Pour résumer, la FHP demandait la réécriture du projet de loi de santé sur quatre points concernant l’appartenance et l’habilitation des cliniques au service public hospitalier (SPH). Le point le plus chaud pour les établissements privés traite l’accessibilité financière. « C’est le plus important car il concerne aussi les médecins et le front uni mené avec eux, fait valoir  Lamine Gharbi. Pour rappel, cette disposition excluait, de facto, les cliniques du SPH en cas de pratique de compléments d’honoraires par les médecins libéraux exerçant en leur sein. »

Euphémisme 1

Mais précisément, que serait une clinique médicale sans médecins ? Et  certains se disent surpris (euphémisme) de cette levée de préavis. Le Bloc  notamment, « s’étonne que la FHP accepte un compromis avec le ministère de la santé qui se fasse dans (son) dos et qui remette en cause le secteur 2. Dans plus de 500 établissements et l’ensemble des services d’urgence, les médecins spécialistes participeront au mouvement témoignant de la mobilisation historique contre ce projet de loi santé. Tout accord négocié entre la FHP et le ministère sur le dos des médecins libéraux serait considéré par Le Bloc comme nul et non avenu. »

« Je comprends leur position, mais je ne veux pas la commenter car cela les concerne directement » déclare, prudent, Lamine Gharbi. Prudent encore il dit  vouloir « discuter avec nos amis des syndicats pour qu’ils s’approprient cette concertation ». Le temps presse : la « concertation » entre la FHP et les services de Marisol Touraine  devrait débuter dans les prochains jours et se poursuivre (du moins selon la FHP) jusqu’au printemps.

Euphémisme 2

Etonnement encore (euphémisme toujours) du Syndicat des médecins libéraux (SML). Il comprend mal que la FHP puisse  « retirer aussi facilement son mot d’ordre de fermeture prévu le 5 janvier, à la suite de la simple convocation de la part de la ministre, à une réunion début janvier ». Et le  SML de continuer  à appeler, « plus que jamais, les médecins libéraux de ces cliniques à cesser leur activité le 5 janvier »Plus que jamais ?

On ne saurait oublier l’Union française pour une médecine libre (UFML) qui appelle également à poursuivre le mouvement en début d’année prochaine. Les spécialistes « sont sûrement les dindons de la farce de ce contrat, qui va être passé entre la ministre et la FHP », a déclaré à l’AFP le Dr Eric Henry, président du SML. Pour lui tout est limpide : « Marisol Touraine essaie de diviser les spécialistes qui travaillent dans les cliniques de leur administration, en offrant à l’administration des gages de discussion ». Une concertation s’ouvrira en janvier sur les dépassements d’honoraires ? « Nous n’y participerons pas et exigeons toujours le retrait  du projet de loi, insiste le Dr Henry. Le premier syndicat qui mettra le doigt dans la négociation aura des soucis à se faire pour les élections professionnelles qui arrivent en septembre. »

Austerlitz

Que faire, dès lors ? Le SML prévoit pour janvier, outre la fermeture des cabinets, d’entrer dans une grève administrative. Consignes du président du SML : « Il ne faut surtout pas arrêter d’utiliser la Carte vitale, puisque cela mettrait en danger de remboursements nos patients. On continuera à passer des feuilles de télétransmission, mais on doublera tout ça par une feuille de soins marquée « Duplicata ». » La Sécu étant obligée de répondre à chaque feuille de soins, elle devra  nous répondre que celle-là à été honorée déjà par Carte vitale, que celle-là n’a pas été payée du tiers-payant car la mutuelle n’était pas à jour. »

Effets en cascades : en réaction à la levée de préavis de grève de la FHP, la Conférence nationale des présidents de CME de l’hospitalisation privée appelle à un maintien du mouvement de contestation.

Soleil d’Austerlitz ou plaine de Waterloo ?

A demain

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