En Belgique un prisonnier sera « euthanasié » à l’aube du 11 janvier. Aura-t-il droit au rhum ?

Bonjour

La peine de mort n’existe plus dans la plupart des pays démocratiques. Et puis il y a la Belgique ; un pays qui peut faire froid dans le dos.

A la mi-septembre on apprenait l’existence de  Franck Van Den Bleeken. Nous parlâmes de lui sur ce blog. Franck Van Den Bleeken est détenu depuis près de trente ans dans l’enceinte psychiatrique fermée d’un établissement pénitentiaire près d’Anvers. Il a été reconnu coupable d’avoir violé et tué une étudiante alors âgée de 19 ans. Il y a trois ans Franck Van Den Bleeken demandait à pouvoir bénéficier des dispositions législatives de son pays concernant l’euthanasie.

Laisser pourrir

Motif invoqué par le détenu : « une souffrance psychique insupportable ». La Commission fédérale belge relative à l’euthanasie lui a dans un premier temps répondu qu’elle n’examinerait cette demande « que lorsque toutes les possibilités thérapeutiques seraient épuisées ». Le détenu a alors attaqué en justice pour obtenir son transfert vers une institution afin d’être non pas soigné mais bien euthanasié. Sa demande devait être examinée lundi 15 septembre mais en septembre un accord était trouvé  entre le service fédéral de la Justice et l’avocat de l’intéressé.

Contacté par Le Figaro, Jacqueline Herremans, présidente belge de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), affirmait alors  que l’interné lui-même « se rendait compte qu’il était un danger pour la société». Ce serait pour cette raison qu’il aurait demandé l’euthanasie. Ce qui peut faire froid dans le dos. Les proches de la victime de 19 ans réclamaient en revanche « qu’on le laisse pourrir dans sa cellule ».

Moindre mal

La responsable belge de l’ADMD évoquait  aussi la situation catastrophique des « internés » en Belgique, des personnes jugées trop dangereuses pour être relâchées mais placées dans des lieux inadaptés, sans traitement ni environnement médical. « L’euthanasie était la solution de moindre mal», affirme-t-elle.

Pour Mme Herremans, il n’y avait là aucun risque de dérives : il s’agissait  « d’un cas exceptionnel». «On ne pouvait pas attendre qu’il se suicide en prison», ajoutait-elle. C’est d’ailleurs interdit.

On en sait un peu plus aujourd’hui. Grâce à l’AFP qui reprend une information de De Morgen : le « violeur en série » sera euthanasié le 11 janvier. Le quotidien belge précise que l’euthanasie  sera pratiquée  dans une prison de Bruges. « L’euthanasie sera en effet appliquée, a déclaré l’une des porte-parole du ministère de la Justice au journal flamand. Maintenant, le moment est venu. »

Manneken-Piss

Rappelons que la Belgique (un pays modèle pour l’ADMD) a légalisé l’euthanasie sous conditions en 2002, devenant le deuxième pays à la mettre en pratique après les Pays-Bas. Elle a enregistré un record de 1.807 cas en 2013. Pour que l’autorisation soit accordée, il faut que le patient soit capable de discernement, conscient et ait formulé une demande en ce sens « de façon volontaire, réfléchie et répétée ».

Certaines âmes sensibles voient dans l’affaire Franck Van Den Bleeken  un retour de la peine de mort déguisée sous des motifs « humanitaires ». Une mise à mort démocratique en somme. La Belgique, pays du rire et du Manneken-Piss peut, parfois, faire froid dans le dos.

A demain

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