Entre François Hollande et Patrick Pelloux, était-ce une « accolade » ou une « étreinte » ?

Bonjour

Ce sera donc l’une des images fortes du dimanche 11 janvier : la rencontre, dans la rue et devant les caméras de François Hollande et de Patrick Pelloux. Le président de la République et l’urgentiste syndicaliste, le chef de l’Etat et l’un des chroniqueurs de Charlie Hebdo. On peut voir cette rencontre ici. Ces images resteront marquées dans le souvenir d’une journée républicaine et laïque, une journée comme religieusement laïque. Reste à qualifier le geste. Ici les titres hésitent. Deux exemples:

En pleurs

« Après avoir marché en silence avec une quarantaine de chefs d’Etats et avoir été applaudi par la foule, François Hollande est allé à la rencontre des familles et des proches des victimes qui ouvraient le cortège de la marche républicaine, dimanche 11 janvier à Paris. Le président a salué le dessinateur Luz et pris longuement dans ses bras Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur de Charlie Hebdo, en pleurs. Vive émotion entre les deux hommes. » (L’Obs)

Ondes et plateaux

« La longue accolade entre le président de la République François Hollande et Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) et chroniqueur de Charlie Hebdo, est une des images fortes de la manifestation qui a rassemblé ce 11 décembre plus d’un million et demi de personnes à Paris.

Sur les ondes et les plateaux, l’émotion du Dr Pelloux qui a perdu des amis avec la tuerie du 7 janvier vous a, lecteurs du Quotidien, touchés ou agacés, vos commentaires sur ce site le montrent.

Reste qu’à travers sa personne, c’est bien un médecin, immensément triste, que le chef de l’État a choisi d’embrasser (…) » quand, dans le cortège, il est allé à la rencontre de l’équipe de Charlie Hebdo. » (Le Quotidien du Médecin).

Accolade  ou étreinte ?

« Centre national de ressources textuelles et lexicales » :

Accolade :

« Témoignage donné en public, consistant à embrasser quelqu’un.

FÉOD.(Témoignage donné en public, consistant à embrasser quelqu’un) En lui passant les bras autour du cou, en vue de lui conférer, dans la cérémonie de l’adoubement, le titre de chevalier :

Puis après lui avoir donné l’accolade et l’avoir frappé trois fois de son épée sur le cou, il ajouta : au nom de Dieu, de saint Michel et de saint Georges, je te fais chevalier : sois preux, hardi et loyal. V. de Jouy, L’Hermite de la Chaussée d’Antin,t. 4, 1813, p. 67.

Jean-Marie de Villacourt s’attachait au service de la France. Après la Journée de Landrecies, le roi le faisait chevalier et lui donnait l’accoladeE. et J. de Goncourt, Renée Mauperin,1864, p. 245.

Rem. La tradition lexicogr. du xixeet du xxes. a souvent confondu l’accolade avec la colée, grand coup que du plat de la main, ou de l’épée selon l’usage du Moy. Âge finissant, le parrain assenait sur la nuque (le cou) ou l’épaule du jeune aspirant.

Cérémonies milit., patriotiques.(Témoignage donné en public, consistant à embrasser quelqu’un) En appuyant les joues les unes contre les autres en vue de manifester à quelqu’un l’estime officielle :

Etreinte :

« [En signe d’affection] Enlacer fortement. Étreindre (qqn) sur son cœur. »

Emotions

Resteront, au-delà des mots, les images. Et parce qu’elles sont objectivement fortes, jouant sur le registre (omniprésent en cette journée du 11 janvier) de l’émotion ces images seront commentées. Elles surviennent à la suite d’une série d’interventions médiatique de Patrick Pelloux, 51 ans. Elles précèdent une série d’autres interventions qui marqueront la fabrication et la diffusion (hautement médiatisée) de la prochaine livraison de l’hebdomadaire satirique auto-baptisé « journal irresponsable » (tirage annoncé de un million d’exemplaires).

Paradoxes

La rencontre Hollande-Pelloux ne manque pas de lourds paradoxes –  Charlie Hebdo est né il y a 44 ans d’une couverture censurée du Hara-Kiri hebdo de Choron-Cavanna , couverture qui fut perçue comme attentatoire à la dignité et à la mémoire du général de Gaulle.

Et maintenant ? Cette rencontre conduira immanquablement à élargir un peu plus encore la surface médiatique d’un homme apparu lors de la canicule d’août 2003 (voir ici la vidéo de l’Ina). Une forte personnalité (faite chevalier de la Légion d’honneur en avril 2014) qui, depuis onze années, n’a jamais quitté longtemps ni les médias ni les couloirs ministériels. Son statut de chroniqueur à Charlie Hebdo (anecdotes de son travail d’urgentiste et dénonciation des conséquences des décisions politiques prises sur l’hôpital public) n’a cessé de potentialiser son action de syndicaliste.  De nombreux titres rapportent que  Patrick Pelloux en personne a directement informé (par téléphone) François Hollande de l’attentat contre Charlie Hebdo

Et maintenant ? Elargir sa surface médiatique ? Jusqu’où ? Et pour faire quoi ? Une simple étreinte ? Une véritable accolade ?

A demain

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