Praxada® : Boehringer Ingelheim voit rouge et menace la Commission de Transparence

Bonjour

Il est question d’argent et d’un médicament qui pourrait bien, demain, en rapporter moins. C’est important, certes. Mais où allons-nous si les firmes pharmaceutiques commencent à contester ouvertement les avis de la Commission de Transparence (CT). Ouvertement c’est-à-dire en prenant la presse à témoin.

C’est ce que vient de faire le géant allemand Boehringer Ingelheim, mécontent de l’avis rendu aujourd’hui sur Pradaxa® par la CT – avis disponible sur le site de la Haute Autorité de Santé (HAS).  On découvrira ici le document qui suscite l’ire de la firme.

Indications

Pradaxa® ? Ses indications sont les suivantes : prévention des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et des embolies systémiques chez les patients présentant une fibrillation auriculaire non valvulaire et un facteur de risque d’AV ; prévention primaire des événements thromboemboliques veineux chez les patients bénéficiant d’une chirurgie programmée pour prothèse totale de hanche ou de genou ; traitement de la thrombose veineuse profonde (TVP) et de l’embolie pulmonaire (EP) et prévention des récidives de TVP et d’EP chez les adultes.

Nouvelle génération

Pradaxa® ? « C’est un inhibiteur direct de la thrombine (IDT) et le premier médicament autorisé appartenant à une nouvelle génération d’anticoagulants oraux directs, qui ciblent un important besoin médical non satisfait dans la prévention et le traitement des maladies thromboemboliques aiguës et chroniques, développe Boehringer Ingelheim. De puissants effets antithrombotiques sont obtenus avec les inhibiteurs directs de la thrombine en inhibant spécifiquement l’activité de la thrombine, l’enzyme centrale dans le processus responsable de la formation des caillots (thrombus). À la différence des antagonistes de la vitamine K, qui agissent via différents facteurs de coagulation, Pradaxa® assure une anticoagulation efficace, prévisible et reproductible avec un faible potentiel d’interactions médicamenteuses et sans interactions avec l’alimentation, ne nécessitant pas de surveillance de la coagulation en routine. »

Réévaluation

L’avis de la CT intervient dans le cadre d’une vaste et polémique affaire : la réévaluation de la classe des anticoagulants oraux directs (AOD). Uné réévaluation voulue par Marisol Touraine, ministre de la Santé. Boehringer Ingelheim prend acte de l’avis émis par la Commission de Transparence qui a conclu à un Service Médical Rendu (SMR) modéré pour Pradaxa® et à une position différente pour les autres AOD. Pour le dire simplement les experts de la CT ont laissé aux deux concurrents de Pradaxa®  Eliquis® et à Xarelto®  leur SMR « important » alors qu’ils ne qualifient que de « modéré » celui de Pradaxa ®. Ils jugent en outre que l’amélioration du service médical rendu d’Eliquis® est « mineure » par rapport aux AVK, mais qu’il n’y a aucune amélioration du service médical rendu par rapport aux AVK pour Pradaxa® et Xarelto®. Une double gifle en somme.

Incompréhension

Actuellement  Pradaxa® est commercialisé 74,32 € les 60 gélules. Eliquis®  (de Bristol Myers Squibb) est à 70,79 € les 60 comprimés. Et Xarelto® (Bayer Santé) à 69,62 € les 28 comprimés. Bien évidemment cette réévaluation devrait, en toute logique, conduire à un réajustement des prix. C’est ce que redoute la firme.

« Boehringer Ingelheim ne comprend ni ne partage l’évaluation défavorable de la Commission, peut-on lire dans le communiqué de presse. Boehringer Ingelheim tient à réaffirmer que Pradaxa® offre un bénéfice médical important en prévention des accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les patients souffrant d’une fibrillation atriale (FA) dans les conditions d’utilisation conformes au résumé des caractéristiques du produit, au guide de prescription, validés et publiés par les Autorités de Santé.. »

Ce n’est pas tout : « Boehringer Ingelheim se réserve désormais le droit d’utiliser tous les recours légaux pour faire appel des conséquences de cet avis concernant le remboursement de Pradaxa® ». Recours légaux ? Les ponts seraient-il définitivement rompus ? Que va-t-il, désormais, se passer devant le mystérieux Comité économique des produits de santé ?  Qui a le plus à perdre devant les tribunaux ?

A demain

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