Rien ne va plus à l’hôpital Américain de Neuilly. Le Dr Saldmann est à l’hôpital Pompidou de Paris

Bonjour

On sait que L’AP-HP ne va pas bien. Mais ce temple historique de la médecine hospitalière n’est pas le seul à être en souffrance. Il en va de même, sous d’autres formes, de ce havre pour fortunés qu’est l’Hôpital Américain de Neuilly. Un oasis anglophone de bienfaits pour des patients triés sur les volets. On ne connaît généralement  cet endroit que de réputation. Voici son site officiel : Hôpital Américain de Neuilly. Voici sa fiche wikipédia. Il a 115 ans depuis le 15 janvier dernier, a participé à l’effort de guerre 1914-1918, a été récompensé. Suit une longue histoire qui s’inscrit dans celle des relations amies entre la France et les Etats-Unis. On ne compte plus le nombre des célébrités qui y ont été accueillies –une tendance qui semble s’inverser depuis peu en faveur de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou et du Dr Frédéric Saldmann, du moins  si l’on en croit le dernier Vanity Fair (1)

Treizième mois

Rien ne va plus, donc, à Neuilly. C’est ce que vient de nous révéler Le Point  (Marion Cocquet). Le luxueux établissement vivrait « des débrayages quotidiens depuis deux semaines ». Pour une raison assez simple, qui ne peut concerner l’AP-HP : « une partie des syndicats réclame le treizième mois ». « Présidé par un conseil de donateurs bénévoles issus du monde des affaires, l’établissement est agréé depuis les années 1950 par la « Joint Commission » américaine, qui évalue les hôpitaux des États-Unis, rappelle Le Point. Depuis le 8 janvier, pourtant, l’harmonie est rompue : à l’appel des syndicats Sud et Unsa, une partie du personnel débraye tous les jours de 14 à 15 heures pour réclamer un treizième mois. »

Le Parisien (Florence Hubin) s’est aussi intéressé à l’affaire : « La direction de l’hôpital indique avoir pris deux décisions pour assurer la qualité et la sécurité des soins aux patients : « Certains services ont été fermés et les hospitalisations non urgentes ont été déprogrammées et reportées. » Ainsi, la permanence médico-chirurgicale fonctionnant habituellement H-24 et 7 jours sur 7 est pour le moment fermée. Le service des urgences le plus proche est celui du centre hospitalier public de Neuilly-Courbevoie-Puteaux, situé à moins d’un kilomètre, sur les quais, au 36, boulevard du Général-Leclerc. » L’adresse du concurrent ne manque pas de piquant.

2250 euros brut

La direction de l’Américain résiste. Le Point : « D’autant qu’elle a le soutien de quatre autres syndicats (FO, CFDT, CFE-CGC et CFTC), qui représentent 47 % des salariés et ont, eux, signé l’accord qu’elle proposait : 1 % d’augmentation à partir du 1er juillet pour les salaires inférieurs à 2 250 euros brut, 0,7 % entre 2 500 et 3 838 euros, et 0,4 % au-delà. S’y ajoute l’intéressement, mis en place en 2010, qui s’élevait l’an dernier à 1 040 euros. »

Le Point, toujours : « En 2013, l’hôpital a dégagé une capacité d’autofinancement de 12,1 millions d’euros. Une somme rondelette, à laquelle se sont ajoutés 6 millions d’euros de dons. « Les commissaires aux comptes nous ont appris que les revenus de l’établissement avaient augmenté de 80 % entre 2000 et 2013 », expliquent Sud et Unsa. « Il s’agit d’une structure à but non lucratif, les sommes sont réinvesties dans des travaux, du matériel médical, etc. C’est normal. Mais investir aussi dans l’humain serait plus que bienvenu. » »

70 000 euros nets

A l’Américain une infirmière fraîchement diplômée perçoit  2 357 euros brut mensuels pour commencer – 2 828 après vingt ans de carrière. Ces chiffres font-ils rêver à l’AP-HP ? La journaliste du Point est allée plus loin dans la généalogie du conflit et situe à 2011 la constitution de l’abcès : « en décembre de cette année-là, un « corbeau » fait parvenir aux délégués syndicaux les rémunérations d’une vingtaine de cadres de l’hôpital. Le directeur général touche, en plus de son salaire, une prime de près de 70 000 euros. Le directeur financier, plus de 34 000. Les autres primes s’échelonnent entre 4 000 et 16 000 euros.(…)  » Les chiffres qui ont circulé n’étaient pas toujours les bons : ce qui était appelé « prime » correspondait, parfois, à la part variable de salaires, fondée sur la réalisation d’objectifs et fixée par le contrat de travail », explique-t-on à l’hôpital. « Les primes sont désormais attribuées aux cadres en fonction de leur niveau de responsabilité : entre 3 et 5 % de leur rémunération. » »

Dons acceptés

L’Hôpital Américain de Paris est un établissement privé à but non lucratif, agréé et non conventionné.  Il accepte les dons « qui font la différence ». « L’établissement  n’a pas d’actionnaires et ne reçoit aucune subvention de l’Etat français ou de l’Etat américain, explique Francis Bailly, son président. Aussi, le soutien de ses près de 4200 donateurs est essentiel. Chaque don est investi et permet de financer l’achat d’équipements médicaux à la pointe de la technologie, la création de centres médicaux novateurs, ainsi que le développement des infrastructures (…) C’est aujourd’hui un établissement hors du commun, dynamique et vigoureux, dont la qualité des soins est reconnue au niveau international. Notre objectif commun est le patient. Toutes nos équipes sont rassemblées autour de lui afin de lui prodiguer des soins de la plus haute qualité ainsi que l’accueil, l’écoute et le respect qui lui sont dus.  Notre ambition pour les dix prochaines années est d’élaborer un projet médical d’avenir qui prenne en compte les évolutions de notre environnement sur les plans réglementaire, démographique, économique et médico-technique. »

Hors les problèmes de versement de treizième mois (qui ne sont pas de leur compétence) les inspecteurs de la Haute Autorité de Santé n’ont (comme on peut le lire ici) rien trouvé de substantiel à redire lorsqu’il a bien fallu s’occuper d’accréditer l’Américain aux normes françaises.

A demain

(1) Voir, dans la dernière livraison de Vanity Fair, l’étrange et long portrait brossé par Sophie des Déserts de l’auteur (best-seller mondial – traduit en 22 langues) de « Le meilleur médicament c’est vous – Votre santé est entre vos mains » (Albin Michel). Le Dr Frédéric Saldmann est présenté comme le « nouveau gourou du Tout-Paris ».

La partie la plus originale concerne les détails sur la consultation assez atypique donnée par ce médecin à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. On peut lire : « Avec ces bilans, jusqu’alors inédits à l’AP-HP, le tandem [le Dr Frédéric Saldmann et le Pr Gérard Friedlander] concurrence les fameux check-up de l’Hôpital Américain, qui drainaient naguère la plupart des beautiful people. ‘’Je suis en quelque sorte le médecin des pauvres pour les riches’’ plaisante Saldmann. »

Dans son éditorial-présentation du numéro  Michel Denisot parle d’un « expert autoproclamé en médecine prédictive (la discipline n’est pas reconnue par la faculté) ».

2 réflexions sur “Rien ne va plus à l’hôpital Américain de Neuilly. Le Dr Saldmann est à l’hôpital Pompidou de Paris

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