Les députés écologistes français voulaient passer du «laisser mourir» au «faire mourir». Ils ont échoué

Bonjour

Il y aura d’abord eu, à l’aube de ce 29 janvier, un texte baroque sur les ondes électromagnétiques dénoncé avec force par l’Association française pour l’information scientifique les scientistes. Puis l’Assemblée nationale examinera ensuite une nouvelle proposition de loi sur la fin de vie. Elle est présenté par la député (EELV,Vienne) Véronique Massonneau et défendu (unicité totale de pensée) par l’ensemble du groupe écologiste (1). On peut voir ici Mme Massonneau, sur ce sujet au pupitre de l’Assemblée. Chaque député sait que  texte n’a aucune chance d’être adopté (2). Ce qui n’interdit pas de s’intéresser à lui. Bien au contraire. On le trouvera ici. Extraits de l’exposé des motifs :

Euphémisme

Les Verts observent que la loi du 22 avril 2005 (relative aux droits des malades et à la fin de vie) a marqué, en France, une étape importante dans l’accompagnement des patients en fin de vie mais qu’elle demeure « bien insuffisante ». Ils font une étrange lecture estimant notamment que « l’arrêt des soins qu’elle autorise se caractérise par l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation artificielle ». Et jouant de l’euphémisme  ils en concluent que « les conditions de décès dans lesquelles sont plongés les patients ne sont pas toujours aussi apaisées qu’ils l’auraient désiré ».

Clandestinité

« La solution serait de ne pas se contenter du  ‘’laisser mourir’’ autorisé par la loi de 2005, mais autoriser le ‘’faire mourir’’, encore prohibé », ajoutent-ils. Ils croient savoir que « plus de 90 % des Français sont favorables à une légalisation de l’aide active à mourir ». De même, toujours selon eux, « la pratique de l’euthanasie a déjà cours en France, mais d’une manière clandestine, pour répondre aux attentes légitimes de malades, de patients en fin de vie et en situation de souffrance ». Conséquence : « il convient donc d’encadrer cette pratique afin d’éviter tout risque, tant pour le patient que pour le corps médical ».

Suicide

Leur proposition de loi « vise à assurer aux patients en fin de vie le droit de mourir dans la dignité », formulation qui renvoie clairement à l’association du même nom. En pratique cela passe par « l’ouverture du droit aux pratiques d’aide active à mourir », à savoir « l’euthanasie et le suicide médicalement assisté » (ainsi que par le renforcement des soins palliatifs). En théorie la loi « être en mesure d’apporter un cadre à chaque citoyen afin d’offrir à chacun la liberté de choisir sa mort ».

Volonté

Cela donne :  « Art. L. 1111-12-1. – Lorsqu’une personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, infligeant une souffrance physique ou psychique inapaisable ou qu’elle juge insupportable, se trouve dans l’incapacité d’exprimer une demande libre et éclairée, peut bénéficier d’une euthanasie, à la condition que cette volonté résulte de ses directives établies dans les conditions mentionnées à l’article L. 1111-11. »

Naturelle

Libération (Eric Favereau) de ce 29 janvier offre une nouvelle fois à Mme Véronique Massonneau la possibilité de s’expliquer et de se justifier. Elle « veut provoquer pour pousser le débat ». « Je ne suis pas une militante de l’euthanasie, je suis simplement pour que les gens aient le choix, plaide la députée de la Vienne dans le journal fondé par Jean-Paul Sartre et Serge July. S’ils veulent, à la fin de leur vie, une sédation pour mourir endormis, ou bien une euthanasie active, ou avoir recours au suicide assisté, je trouve normal qu’ils puissent choisir en toute connaissance de cause. C’est le droit élémentaire du patient, non ?»

Le quotidien de gauche croit savoir que « dans l’univers solennel des spécialistes de la fin de vie et de l’éthique », Véronique Massonneau « détonne par son naturel ». « Elle est simple et directe, nullement idéologue par principe ».

Militantisme

Mme Massonneau confie encore que son origine belge l’a peut-être poussée à s’intéresser à ces questions depuis le département français de la Vienne. On sait ce qu’il en est de la loi belge sur la fin de vie. « A demi-mot, Véronique Massonneau raconte que ses parents ont pu en bénéficier ; sa mère avait demandé une sédation terminale et son père, au bout d’un cancer, une euthanasie active » explique Libération. Il n’est pas rare, dans ce domaine qu’une expérience personnelle douloureuse conduise à une forme ou à une autre de militantisme.

Sédation

Mme Massonneau et ses amis Verts savent que leur proposition de loi qui se veut ouverte devra vite s’effacer devant celle (rédigée à la demande de François Hollande et de Manuel Valls) par le député (socialiste, Vienne) Alain Claeys et du député (UMP, Alpes Maritimes) Jean Leonetti. Ouvrant les portes à la sédation terminale elle sera débattue en avril. « Je ne dis pas qu’elle n’apporte pas quelques améliorations, mais elle est timide, elle s’arrête en chemin, dit Mme Massonneau. Les politiques sont toujours à la traîne, la société veut que l’on aille plus loin.» Véronique Massonneau députée verte de la Vienne ne se range pas dans la catégorie des politiques.

 A demain

 1 Ce texte est également présenté par Laurence ABEILLE, Éric ALAUZET, Brigitte ALLAIN, Isabelle ATTARD, Danielle AUROI, Denis BAUPIN, Michèle BONNETON, Christophe CAVARD, Sergio CORONADO, François de RUGY, Cécile DUFLOT, François-Michel LAMBERT, Noël MAMÈRE, Paul MOLAC, Barbara POMPILI, Jean-Louis ROUMÉGAS et Eva SAS.

2  De fait Marisol Touraine, ministre de la Santé a soutenu le renvoi en commission, en mettant en avant le « droit nouveau » à une « sédation profonde et continue » jusqu’à la mort pour des malades incurables, suggéré dans le rapport Claeys-Leonetti. Il faut selon la ministre « permettre le rassemblement, le consensus autour de (ce) point d’équilibre ».

L’ AFP  précise que le renvoi en commission a été acquis par 25 votes pour, 20 contre et 11 abstentions. « Loi renvoyée aux calendes grecques (…) Bcp de socialistes partis pr ne pas voter contre leur groupe », a tweeté la coprésidente du groupe écolo, Barbara Pompili. Les écologistes vont « trop loin ou en tout cas trop vite », a lancé Michel Liebgott (PS).  Les députés radicaux de gauche ont globalement appuyé la démarche des écologistes. Leur chef de file Roger-Gérard Schwartzenberg en a profité pour fustiger la « tactique dilatoire » du gouvernement depuis deux ans et la « proposition de loi de commande » sur la table.

Pour leur part, Front de gauche, UDI, UMP et FN (étonnante alliance) se sont montrés hostiles à toute légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. Le centriste Bertrand Pancher a moqué une « diarrhée législative » des Verts sans « écoute », tandis que Marion Maréchal-Le Pen (FN) a critiqué leur « pulsion idéologique » allant à l’encontre de « l’interdiction de tuer ».

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