En finir avec le tabac : comment faire pour que le cerveau ne trinque pas trop ?

Bonjour

« Arrêter du jour au lendemain ». L’alcool. Le poker. La cocaïne. C’est l’exception mais on sait que c’est possible. Avec une aide. Et le tabac ? C’est autre chose et ce n’est pas moins difficile. Et pourtant, là aussi, c’est possible. Nous connaissons tous des hommes et des femmes qui y sont parvenus. Parfois sans aide (visible). Ils savent le pourquoi mais sont souvent incapables de dire le comment. Nous connaissons pour notre part un homme qui vient d’avoir 88 ans. Il a arrêté subitement il y a près d’un demi-siècle. Des mois et des années à mâcher pluri-quotidiennement des allumettes après des années et des années de gris à rouler et de maïs Seita. Aujourd’hui encore, le hasard d’une volute voisine réenclenche les circuits du plaisir et des souvenirs. Et pourtant il tient. Que s’est-il passé ?

Copenhague

« Arrêter du jour au lendemain » ? Est-ce dangereux ? Et si oui pourquoi ? Certains pensent qu’il vaudrait mieux éviter.  C’est du moins la conclusion d’un travail  mené par une équipe de chercheurs de l’université de Copenhague dirigée par Paul Cumming – travail dont on peut voir depuis peu le résumé dans le Journal of Cerebral Blood Flow and Metabolism, comme on peut le voir ici . Travail qui vient cité dans Le Figaro (Julie Carballo).

Travail mené auprès de douze fumeurs durant leur premier jour de sevrage. Les chercheurs qu’après 12 heures sans tabac l’oxygénation et le débit sanguin cérébral des participants chutaient en moyenne de 17%. « Les mêmes symptômes sont observés chez les patients atteints de démence», commente le Pr Albert Gjedde, chercheur en neurosciences à l’université de Copenhague et co-auteur de l’étude.

Bien-être insupportable

Est-ce là que résideraient les immenses difficultés des fumeurs à arrêter définitivement ? C’est sans doute un peu plus compliqué. «Contrairement à ce que l’on pensait, ce n’est pas pour retrouver un effet de bien-être provoqué par la cigarette que les fumeurs retombent dans leur addiction, mais simplement parce que les symptômes de manque sont insupportables, avance le Pr Gjedde. Ce qui expliquerait pourquoi le sevrage est aussi difficile pour le tabac que pour les médicament antidépresseurs».

«Ces nouveaux résultats suggèrent qu’il serait plus efficace d’arrêter la cigarette de façon graduelle pour contrer les symptômes de manque», ajoute le Pr  Gjedde. Il reconnaît toutefois bien volontiers que des études supplémentaires seront nécessaires. Notamment pour déterminer le temps dont a besoin le cerveau d’un ancien fumeur pour retrouver son flux sanguin normal. Des semaines ? Des mois ? A Copenhague on ne se prononce pas. Des années ?

Cerveau hors de l’eau

«Un arrêt graduel avec substituts nicotiniques ou cigarettes électroniques est généralement conseillé pour les gens très dépendants», confirme (dans Le Figaro)  Jacques Le Houezec, conseiller en santé publique et dépendance tabagique, par ailleurs  membre de l’équipe de recherche en addictologie de l’Inserm. Il ajoute toutefois aussitôt: «les techniques à adopter pour l’arrêt du tabac se font au cas par cas. Pour certaines personnes, il est plus facile d’arrêter du jour au lendemain ».

Dans tous les cas c’est briser ses chaînes. Redevenir libre. Voilà qui peut aider à réussir. Et à tenir le cerveau hors de l’eau.

A demain

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