Alcool et grossesse : en Grande Bretagne, abstinence (avant et) durant le premier trimestre

Bonjour

On est prié de ne plus trinquer. Et c’est la BBC qui le dit : ‘’No alcohol in early pregnancy’’call (Michelle Roberts).  Les femmes qui veulent concevoir et celles qui sont enceintes (premier  trimestre) ne devraient passer aucun pacte avec les molécules d’alcool. The Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG) avait certes dit, précédemment, que deux verres de vin par semaine était dans la limite de l’acceptable.

Désormais il fait une croix sur cette tolérance : seule l’abstinence permet de donner toutes ses chances au futur bébé. Rien, dans les données disponibles de la science, ne permet d’affirmer que l’alcool (même en de très faible quantité) n’est pas nocif . Mais seulement au premier trimestre. C’est ce que vient, outre Manche, de faire savoir le National Institute for Health and Care Excellence (NICE).

Futurs pères

C’est là une position qui rapproche un peu le Royaume-Uni de celle, totalement prohibitionniste, des Etats-Unis. Pragmatique comme on sait l’être chez les Britanniques  le RCOG souligne toutefois que les risques majeurs se situent « autour » de la fécondation et durant les trois mois qui suivent. On sait que des travaux moléculaires préliminaires laissent penser, aussi étrange que cela pourra paraître, que le même comportement raisonnable devrait être recommandé aux (futurs) pères. Outre ses effets délétères  sur le développement (cérébral notamment, mais pas seulement) de l’enfant à naître, les boissons alcooliques peuvent augmenter le risque de fausse-couche et d’accouchement prématuré.

Le système métrique n’étant pas entièrement partagé à l’échelon planétaire on précise, à Londres, qu’un « verre » (une  « unité d’alcool »)  is about half a pint of bitter or 4.5% lager, or a single measure of spirits (25ml). On ajoute : a 175ml glass of 12% wine is 2.1 units and a pint of strong beer (ABV 5.2%) is three units

En parler

Philippa Marsden, du RCOG ajoute qu’un partenaire qui boit beaucoup peut, pour une femme, constituer une difficulté supplémentaire  pour concevoir et fonder une famille. Pour résumer : avant même et au début de la grossesse, l’approche la plus sûre est de se abstenir de l’alcool – puis, passé le premier trimestre,  de ne pas dépasser les quantités recommandées (si on ne peut se passer d’alcool). La règle vaut pour la période de l’allaitement.

Pragmatisme encore : « Si vous réduisez ou si arrêter de boire à tout moment de la grossesse, cela peut faire une différence pour votre bébé. Toutefois, dans certains cas, une fois que le mal est fait, il ne peut pas être inversé. Si vous avez des questions ou des préoccupations au sujet de l’alcool et de votre  consommation, n’hésitez pas  à en parler à votre sage-femme, à médecin généraliste ou à votre visiteur de la santé. Ils peuvent vous offrir un soutien et des conseils ».

Avortement

On compte chaque année, en Grande Bretagne, environ 6 000 naissances d’enfants présentant à des degrés divers une forme du syndrome d’alcoolisme fœtal.  Certains redoutent toutefois, rapporte la BBC, que des messages trop forts, trop radicaux, ne provoquent des états d’anxiétés pathologiques. Une forme, encore du pragmatisme britannique.

« Nos recommandations  disent qu’il peut être sage d’éviter l’alcool lors de la planification d’un bébé, mais le fait est beaucoup de grossesses ne sont pas planifiées, dit ainsi Ann Furedi, responsable  du  British Pregnancy Advisory Service. Nous devons rassurer les femmes que si elles ont eu un épisode de consommation excessive d’alcool avant de découvrir qu’elles sont enceintes, elles ne doivent pas vraiment pas s’inquiéter. Il est très troublant de voir des femmes tellement préoccupées par les dommages qu’elles auraient causé à leur bébé qu’elles en viennent à envisager de mettre un terme à leur grossesse. »

Pictogramme français

Et Ann Furedi de rappeler qu’après le premier trimestre un verre ou deux de vin une ou deux fois par semaine peuvent, si nécessaire, procurer une certaine détente sans nuire à l’enfant à naître.

En France, pays jacobin amateur de lois et de réglementation, les autorités sanitaires ont choisi en 2007 de rendre obligatoire  (sur chaque étiquette de bouteille ou canette de boisson alcoolique) un « pictogramme, illustrant le zéro alcool pendant la grossesse » (voir ici)  ou une « phrase d’information » : « La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant ». Cette initiative avait été voulue par Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, en 2006. Comme on peut le voir ici.

Il n’est pas inintéressant, à ce stade, de mener une petite enquête  au rayon des gondoles spécialisées – et  d’imaginer l’efficacité d’une telle mesure. M. Bertrand avait sans doute simplement oublié de demander à ses services d’imposer la taille minimale du pictogramme. Et ses services avaient sans doute hésité à lui faire remarquer cet oubli.

A demain

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