Cigarette électronique : elle est accusée de faire le lit du tabac. Le ridicule ne tue pas

Bonjour Entre deux maux, toujours choisir le pire. En voici une nouvelle et triste illustration. Reprise via Montréal, c’est une dépêche de l’ AFP datée du 14 février, mandée de San José et signée Jean-Louis Santini qui nous le dit. L’auteur qui s’auto-tweete avec cette accroche : « La cigarette électronique, un risque d’accoutumance des jeunes à la nicotine ». San José (Californie) où se tient la conférence annuelle de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS).  On verra ici la « version officielle » relatant la réunion sur la cigarette électronique. «Les cigarettes électroniques sont très prometteuses comme outil pour aider les fumeurs qui ne parviennent pas à cesser de fumer», y a déclaré le vendredi 13 février Wilson Compton, du National Institute on Drug Abuse.  Implacable Et l’on a redit, à San José, tout ce que l’on peut dire de sensé (ou pas) sur la cigarette électronique comparée au tabagisme. A commencer avec  la recherche la plus récente menée sur ce thème par une structure  indépendante, la Cochrane Collaboration, dont les résultats ont été publiés en décembre, concluent que les cigarettes électroniques ont un rôle important à jouer pour aider les fumeurs à réduire leur consommation de tabac ou à cesser de fumer. Nous en avions parlé ici le 19 décembre dernier – en demandant si Marisol Touraine savait que la e-cig aidait vraiment à arrêter le tabac. Une démonstration implacable. A San José, le Pr Roy Harrison (Université de Birmingham), spécialiste de santé environnementale : «Il y a probablement des bienfaits de santé publique des cigarettes électroniques si elles offrent un moyen aux fumeurs de ne plus consommer de tabac. Et il y a des indications que cela est le cas. Il y a peu de doute que les cigarettes électroniques soient moins nocives pour le fumeur». Et le Pr Harrison d’ajouter : «si des adolescents qui n’ont jamais fumé de tabac se mettent à utiliser des cigarettes électroniques, cela est profondément préoccupant car ils s’exposent délibérément à la nicotine, une substance provoquant une puissante accoutumance». Avec des si Entre deux maux, toujours choisir le pire. Avec des si et des conditionnels on mettrait sans doute Birmingham et San José dans la même bouteille. Et  Wilson Compton d’évoquer une  récente enquête menée aux États-Unis, portant sur plus de 40 000 lycéens, montrant que 8,7% de ceux de 14 ans avaient fumé des cigarettes électroniques le mois précédent. La proportion atteignait 16,2% et 17,1% chez les 16 et 18 ans respectivement. En comparaison 4% des 14 ans, 7% des 16 ans et 14% parmi les 18 ans, avaient fumé des cigarettes de tabac. Nouveaux conditionnels : et si la cigarette électronique devenait « la seule et nouvelle façon de goûter à la nicotine ouvrant la voie à une accoutumance et au tabagisme» ? Et si le tabac n’existait pas ? La Food and Drug Administration envisage, nous dit-on,  d’interdire la vente des cigarettes électroniques aux mineurs et à imposer aux fabricants une autorisation de mise sur le marché. Police des buralistes Entre deux maux, on peut aussi choisir le moindre. C’est, à San José, ce qu’a fait la pragmatique Deborah Arnott, dirigeante d’«Action on Smoking and Health », une solide association antitabac britannique. Mme Arnott a ainsi déclaré : «la nicotine peut effectivement être néfaste pour le cerveau des adolescents et il est préférable qu’ils évitent les cigarettes électroniques. Mais si les adolescents veulent vraiment essayer de fumer il vaut mieux qu’ils utilisent des cigarettes électroniques beaucoup moins dangereuses et moins addictives que le tabac. Et elle a ajouté : « Jusqu’à présent au Royaume Uni et aux États-Unis les taux de tabagisme diminuent plus vite que l’usage des cigarettes électroniques ce qui ne serait pas le cas si ces dernières étaient vraiment une incitation à fumer du tabac». On aimerait entendre, en France, la ministre de la Santé ainsi s’exprimer. En France où un mineur de 17 ans sur trois et déjà consommateurs de tabac. Sans être passé par la cigarette électronique et alors même que la vente de tabac est interdite aux mineurs. Quand Marisol Touraine va-t-elle se saisir de cette question majeure de santé publique ? Quand va-t-elle convoquer la police des buralistes ? A demain

4 réflexions sur “Cigarette électronique : elle est accusée de faire le lit du tabac. Le ridicule ne tue pas

  1. C’est quand même très cynique de dire que la cigarette éléctronique est un bien pour la santé publique : c’est un polluant atmosphérique. Probablement moins nocif à volume consommé égal que la cigarette voire que le tabac, mais non : vapoter n’est pas un bien pour la santé publique, un pis aller (mal évalué) peut-être.

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