Grippe 2015 : la « sursaturation » des urgences est-elle la même que celle de l’été 2003 ?

Bonjour

Douze ans déjà. Et un gain de temps considérable. 19 février 2015. Moins de 90 minutes auront séparé la dépêche de l’AFP du communiqué de presse ministériel. A 19h 55  Samu-Urgences de France et l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) dénoncent  une «situation sanitaire critique» dans les hôpitaux, surchargés en raison de l’épidémie de grippe, et réclament au gouvernement la « réouverture de lits ». A 21h 15 le service de presse de Marisol Touraine diffuse un communiqué  annonçant que la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, déclenchait le plan national ORSAN Epidémie (organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles), décliné au niveau régional.

La «sur-saturation des services d’urgence est comparable à celle de l’été 2003», où la canicule avait fait 15.000 morts, avait déclaré à l’AFP le président du Samu-Urgences de France François Braun. Est-ce bien le cas ? Il y a quinze ans c’est la sursaturation des sapeurs-pompiers et des funérariums d’Ile de France qui, finalement, fut à l’origine de l’alerte bien trop tardive.

« L’épidémie de grippe et les habituelles pathologies hivernales, particulièrement virulentes cette année, entraînent un afflux massif de patients, âgés, vers les hôpitaux» souligne l’association dans un communiqué. C’est pourquoi le Samu-Urgences de France avait réclamé  «le déclenchement du plan ORSAN à l’échelle nationale». Selon l’association, ce plan doit permettre «de renforcer les soins de premier recours et de libérer des lits d’hospitalisation dans les services par réaffectation et/ou déprogrammations d’activités».

Classe politique

«Nous demandons que les hôpitaux rouvrent des lits immédiatement et que la qualité des soins soit la meilleure possible pour gérer cette situation hivernale», a par ailleurs déclaré l’Amuf dans un communiqué :

« L’AMUF alerte sur la situation sanitaire catastrophique des services d’urgences L’AMUF alerte sur la situation sanitaire catastrophique des services d’urgences. Une fois de plus les organisations sanitaires regardent les chiffres de saturation des urgences et ne prennent aucune décision.

Les malades, souvent âgés ou poly-pathologiques, attendent aux urgences ; l’épidémie de grippe s’ajoutant à nos difficultés quotidiennes. Nous demandons que les hôpitaux rouvrent des lits immédiatement et que la qualité des soins soit la meilleure possible pour gérer cette situation hivernale.

 Il faut que la classe politique dans son ensemble se rende compte des difficultés que les professionnels de santé comme les malades rencontrent aujourd’hui. »

DGS en alerte

La classe politique dans son ensemble ? La ministre a entendu l’Amuf et le rappel opportun de l’été 2003.  Et ce d’autant que  la Direction générale de la santé avait reconnu ces derniers jours des «tensions» dans «certains» établissements.

« Les épidémies hivernales demeurent très actives et touchent particulièrement les personnes fragiles et âgées. Plus de 2 millions de personnes ont été touchées par la grippe saisonnière depuis le début de l’épidémie. Le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint, rappelle Mme Touraine. Plusieurs instructions ont été adressées en janvier et février aux agences régionales de santé (ARS) et aux établissements de santé pour faire face à l’épidémie. »

Mobilisation médicale générale

Déclenchement du plan national ORSAN Epidémie, donc. Déclinaisons au niveau régional, et encouragement de l’activation des dispositifs « hôpital en tension ». Ce n’est pas tout :

. Mobilisation du secteur ambulatoire (médecine libérale) pour favoriser au maximum la prise en charge ambulatoire des malades et ne recourir à l’hospitalisation que pour les situations d’urgences le nécessitant. Des recommandations concernant la prise en charge et le traitement des cas de grippe ont déjà été diffusées.

. Mobilisation de l’ensemble des établissements de santé, y compris les établissements privés, pour accompagner la mise en œuvre des dispositifs de réponse aux situations sanitaires exceptionnelles : dispositif « hôpital en tension » et, le cas échéant, les plans blancs. Ces dispositifs doivent permettre de déprogrammer des activités non indispensables, d’ouvrir des lits supplémentaires, de rappeler des personnels et de renforcer ponctuellement les équipes de professionnels de santé dans les établissements en difficulté.

. Mobilisation du secteur médico-social pour assurer la prise en charge sur place des malades dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Ahurissante hécatombe

La ministre « salue par ailleurs l’important travail accompli depuis plusieurs semaines par les professionnels de santé, à la fois en ville pour prendre en charge de très nombreux malades et à l’hôpital pour soigner les cas les plus graves ». Elle rappelle aussi, à cette occasion, « l’importance de la vaccination anti grippale, notamment pour les personnes âgées, fragiles et les professionnels de santé ». Tout indique malheureusement que, cette année, ce vaccin est pratiquement inefficace. Et tout laisse penser que nombre des cas de « grippe » sont en réalité des « syndromes grippaux ». Ce qui ne change strictement rien à la nécessité de désengorger les services d’urgence et à celle de mettre en œuvre en temps et en heure un dispositif  qui trouve pour partie son origine dans l’ahurissante hécatombe caniculaire de l’été 2003.

Douze ans déjà

A demain

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s