Urgence : on en appelle à la bonne volonté des tatoueurs et des tatoué(e)s français

Bonjour

Le tatouage, les tatoués ne sont plus ce qu’ils ont longtemps été. L’exception est devenue tendance, le légionnaire est devenu un mercenaire qui gagne des fortunes sur les stades. Aujourd’hui on se tatoue à la régalade. Cela fait rêver (1) mais ne pouvait plus durer. Il faut faire le ménage. C’est l’Afnor (2) qui nous le dit. En ces termes :  « Tatouage : les tatoueurs français ne peuvent passer à côté du projet de norme européenne ».

Comment comprendre ? Il faut ici savoir qu’en matière de tatouage  une « future norme d’application volontaire fixera un seuil d’exigences harmonisé en Europe ». « Face à des pays sans réglementation spécifique ou moins stricte qu’en France, cette norme fixera un seuil d’exigences harmonisé en Europe, explique l’Anor.  Elle pourrait donc tirer vers le haut, ou au contraire vers le bas, toute une profession. »

Stériliser ou pas

On peut le dire autrement : le tatouage est un espace (encore)  non harmonisé sur le Vieux Continent : compétences requises, pratiques d’hygiène, de désinfections et de stérilisation, gestion des déchets, modalités d’informations du consommateur, procédures de soins pour le tatoué… chaque tatoueur y pratique son métier selon la réglementation de son pays. Pour le consommateur, les niveaux de qualité et de sécurité des services proposés sont inégaux d’un pays à l’autre.

« Il n’existe pas, par exemple, de réglementation au Danemark, raconte l’Afnor. D’autres pays ont des réglementations parfois moins strictes que celle en vigueur en France. Un projet de réglementation européenne pourrait être envisagé : ce projet s’inscrit dans un contexte de lutte contre les pratiques d’hygiène obsolètes de certains tatoueurs, l’utilisation de produits non stérilisés et l’augmentation du tatouage clandestin en Europe. »

Maquillage permanent

Berlin ne supporte pas ce laisser-aller : sur proposition de l’Allemagne, un projet de norme européenne est engagé depuis 2014. Il portera sur l’ensemble des exigences et recommandations relatives aux bonnes pratiques de tatouage. Le tatouage médical est exclu du projet, mais le maquillage permanent qui repose sur les techniques de tatouages en fait partie. Il ne s’agit pas de réglementation, mais bien d’une norme d’application volontaire. Elaborée de manière collective par les acteurs concernés de tous les pays européens qui souhaitent participer, la future norme est attendue pour 2017.

Dans ce contexte, le message de l’Afnor est simple et tricolore : la participation des tatoueurs français mais aussi des formateurs, des esthéticiennes, des professionnels de la santé et de l’hygiène est importante. Or en dépit d’actions de sensibilisation lancées depuis plusieurs mois, la France n’est toujours pas, à ce jour, impliquée dans le projet européen. Pourquoi ? A cause du  manque de participants à la commission Afnor. « Tous les acteurs intéressés peuvent participer et s’associer au financement de son activité, est-il souligné. Les tatoueurs, les formateurs, les esthéticiennes, les professionnels de la santé et de l’hygiène sont les premiers concernés. Même la  Direction générale de la santé a déjà exprimé son souhait de prendre part au travail. »

La mort du légionnaire

Et le temps presse : cette « commission de normalisation nationale a pour vocation de préparer des contributions au projet européen. » Or la prochaine réunion de travail européenne est prévue le 17 avril à Berlin.  « C’est une occasion à saisir pour contribuer à la professionnalisation du métier et de valoriser le savoir-faire français », dit encore l’Afnor. Et après ? « Une fois la norme volontaire publiée, elle pourra être utilisée par les professionnels du secteur afin de promouvoir leur savoir-faire, nous dit l’Afnor.  Ils pourront ainsi donner confiance aux consommateurs en mettant en avant leur conformité à cette norme. »

A cette époque là il y aura les tatoueurs lambda et les autres – ceux du haut du pavé,  les tatoueurs assermentés, les tatoueurs norme Afnor.

Sonnera, alors, la mort du légionnaire.

A demain

(1) A noter, dans la très abondante littérature illustrée sur le tatouage « Tatouage et maquillage réparateurs » du Dr Catherine Grognard. Editeur: Arnette Blackwell. Collection : Dermatologie esthétique. Ainsi que «  Tag à l’âme » de Catherine Grognard et Claudio Lazi. Editeur : Syros. Collection : Alternatives graphiques

(2) Le Groupe Afnor est avant tout « au service de l’intérêt général et du développement économique ». Il conçoit et déploie « des solutions fondées sur les normes volontaires, sources de progrès et de confiance ». Les missions d’intérêt général sont assurées par l’association dans le cadre d’un décret – un décret « qui lui confère l’animation et la coordination du système français de normalisation, la représentation des intérêts français dans les instances européennes et internationales de normalisation, l’élaboration et la diffusion des normes volontaires ». Les activités de formation, d’évaluation et de certification sont quant à elles dans un environnement concurrentiel et en respectent strictement les règles. La direction générale du Groupe est assurée par Olivier Peyrat. Plus d’informations sur www.afnor.org

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