Avortement, éthique et conscience : le « savoir raison garder » des obstétriciens français

Bonjour

Comment aider au mieux les femmes qui, en France, souhaitent avorter ? En faisant une croix sur l’idéologie et en faisant preuve de pragmatisme et de professionnalisme. En sachant raison garder. Il y a quelques jours la délégation aux Droits des Femmes de l’Assemblée nationale exprimait sa préoccupation quant à l’accessibilité à l’interruption volontaire de grossesse.

A cette occasion les députées féministes réclamaient deux disparitions : celle du délai de réflexion et celle de la clause de conscience médicale.  On pouvait clairement, sur ce dernier point, voir une provocation éthique et politique, les deux dispositions étant prévues comme deux amendements à venir de la loi Santé portée par Marisol Touraine.

Empoignade

On attendait la réaction du Collège des gynécologues-obstétriciens français (Cngof). La voici, qui décevra ceux qui imaginaient, d’emblée, une empoignade politicienne et éthique:

« Le Cngof partage la même préoccupation et profite du débat ainsi ouvert pour faire connaîre son opinion sur les mesures qu’il faut prendre afin d’arriver à l’objectif recherché.

Le délai de réflexion, qui peut être supprimé lorsque la situation l’exige, peut constituer une dernière aide à une décision difficile. Il peut sans doute être réduit, mais sa suppression totale ou sa réduction excessive seraient contre-productives.

Impossible

Pour ce qui est de la clause de conscience des médecins, c’est une disposition générale qui existe dans le Code de Déontologie et le Code de Santé Publique pour l’ensemble des actes médicaux. Il n’est donc pas possible de la supprimer pour un acte particulier, quel qu’il soit.

 Le Cngof souligne une fois de plus que la question de l’accessibilité à l’IVG est avant tout une question de moyens. L’Etat doit assumer sa responsabilité et permettre aux centres d’orthogénie d’avoir

. un secrétariat dédié. C’est la première étape de l’accessibilité !

. une sage-femme coordinatrice qui faciliterait grandement l’accueil des femmes, leur accompagnement dans la réflexion et la compréhension du chemin clinique – comme les sages-femmes le font déjà avec grand professionnalisme et succès dans les parcours d’assistance à la procréation médicalement assistée.

 . les postes médicaux qui permettraient d’assurer les prescriptions et les actes avec toute la sécurité due aux patientes. »

Flamboyance

Un secrétariat dédié, un poste de coordonnatrice, des postes médicaux. Les voies de la sérénité due aux femmes concernées. Voilà qui est certes moins flamboyant que la suppression manu militari de la clause de conscience de médecins tenus pour hostiles à la pratique de l’avortement. Que choisira de défendre, le moment venu, la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes ?

A demain

6 réflexions sur “Avortement, éthique et conscience : le « savoir raison garder » des obstétriciens français

  1. Bravo.
    Comment peut-on imaginer priver des médecins d’une clause de conscience qui est leur liberté dans chacune de leurs décisions? Ce serait la forme d’exercice du pouvoir d’une dictature pas d’une démocratie.

  2. Peut on ajouter, que pour que les plus jeunes d’entre nous soit conscients de l’importance de ce problème, il faut que les stages de gynécologie des internes de médecines générales et de gynécologie comportent des stages en orthogénie. C’est bien souvent comme cela que l’on suscite les vocations des successeurs des pionniers de l’IVG qui sont le plus souvent très proche voire déjà à la retraite.

  3. Il ne s’agit pas de supprimer la clause de conscience mais de faire remarquer qu’il n’y a aucune raison de la spécifier pour l’avortement alors qu’elle existe dans le code de la santé publique pour TOUS les actes.
    Quant au délai de réflexion, quel intérêt y-a–t-il à le maintenir ? Les femmes qui décident de recourir à l’IVG savent ce qu’elles font , elles n’ont guère besoin d’un délai de réflexion imposé par la loi. Cette obligation ne peut que compliquer le parcours d’accès. Voir les études de l’Inserm et de l’Ined à ce sujet

  4. C’est une très bonne question. Une autre est de savoir qui, chez les savants et les politiques, détient les vrais chiffres. Nous pourrions alors progresser dans notre réflexion.

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