Affaire Baudricourt-Sanofi : « Nous devrions plutôt leur dire merci » nous explique Laurence Parisot

Bonjour

Laurence Parisot n’est plus présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef). On l’imaginait ayant retrouvé une forme de sérénité – et, loin des carcans,  une forme de liberté de parole. C’était un mirage. Présidente du Medef un jour, présidente toujours.

Face au tollé politique et syndical suscité par l’affaire Baudricourt-Sanofi (voir ici) Mme Parisot est revenue à ses premières grilles analytiques. L’ancienne présidente du Medef a ainsi expliqué, mardi 24 février, que le groupe pharmaceutique Sanofi méritait « plutôt » des félicitations pour avoir « réussi à convaincre » Olivier Brandicourt « de revenir en France ». Et remercier l’ancien médecin de La Pitié d’avoir accepté le double « bonus de bienvenue » qui suscite soit l’incompréhension soit l’ire des salariés les moins bien payés ?

Talent mondial

Estimant sur Europe 1 que le conseil d’administration de Sanofi « a tout fait pour garder Sanofi en France », (notamment en évinçant l’ancien directeur général qui souhaitait « emmener le siège de Sanofi aux États-Unis »), Laurence Parisot a déclaré : « [le conseil d’administration] va chercher un des plus grands talents au monde dans ce secteur-là. Je crois qu’on devrait plutôt leur dire bravo, vous avez réussi à convaincre ce capitaine d’industrie à revenir chez nous. »

On retiendra l’expression : un des plus grands talents au monde. Précisément, dans ce secteur-là, comment mesure-t-on la taille du talent ?  Interrogée sur la prime de bienvenue (4 millions d’euros versés en deux fois) du futur P-DG du groupe (il le sera à compter du 2 avril prochain) l’ancienne présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef) a déclaré : « le monde des laboratoires pharmaceutiques est tout à fait spécifique ». Entendre : « les dirigeants capables de comprendre à la fois la médecine, la pharmacologie et le management de très grandes entreprises est un monde très restreint ».

Son grand avenir

« Olivier Brandicourt était dirigeant de toute la branche pharmaceutique de Bayer, un des plus grands groupes mondiaux. Il était très bien chez Bayer. Il n’était pas simplement promis à un grand avenir, il l’avait là, son grand avenir. »

Et Mme Parisot de poursuivre : « On ne lui promet pas cette somme d’argent, il avait déjà cette somme d’argent chez Bayer […] en termes de stock-options à venir, de rémunération variable à venir, mais dont il était certain de bénéficier compte tenu des résultats exceptionnels qu’il avait chez Bayer. Autrement dit, il avait déjà comme acquis plus de 4 millions, si j’ai bien compris, près de 9 millions ».

Croissance de l’argent

Nous n’avons pas tout compris. Pas plus que nous ne comprenons bien ce que Mme Parisot (hormis les empilements de millions d’euros) appelle un grand avenir. On aurait pu imaginer d’autres perspectives pour les dirigeants d’une industrie, l’industrie pharmaceutique, dont il est difficile d’imaginer qu’elle n’a plus d’éthique spécifique. Ainsi donc Big Pharma ne vivrait plus  qu’au rythme capitalistique des retours sur investissements ? Et ses dirigeants ne voient-ils vraiment plus leur avenir qu’en mesurant les volumes croissants de leur argent ? Faudrait-il s’abonner au Monde Diplomatique ?

A demain.

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