Cigarette électronique: Marisol Touraine entend qu’elle soit prise avec de plus en plus de pincettes

Bonjour

Sa prise de parole était annoncée. Marisol Touraine vient de parler du tabac. Pour dire quoi ? Nous nous bornerons, ici, à reprendre et à commenter son communiqué de presse.

On se souvient peu-être qu’à la demande du président de la République (c’était le 4 février 2014) la ministre de la Santé est en charge de faire en sorte que les Français fument de moins en moins. Le Programme national de réduction du tabagisme n’a pas encore vraiment vu le jour mais Marisol Touraine « annonce des premiers résultats encourageants ».

Baromètre

Elle cite ici les nouvelles données issues du « Baromètre santé Inpes 2014 » sur l’évolution de la  consommation de tabac en France :

. le nombre de fumeurs réguliers (qui fument tous les jours) baisserait pour la première fois depuis 2010, passant de 29,1% en 2010 à 28,2% en 2014 ;

. la proportion d’ex-fumeurs aurait augmenté de deux points, passant de 29,2% en 2010 à 31% en 2014 et la part des fumeurs ayant fait une tentative d’arrêt dans l’année passerait de 25,2% à 29% ;

. la prévalence du tabagisme régulier chez les femmes seraitpassée de 26% en 2010 à 24,3% en 2014.

Bonnes nouvelles

Ce sont là, effectivement, de bonnes nouvelles. Il est dommage que Mme Touraine n’ait pas cherché à quoi attribuer de tels résultats. Des buralistes lui auraient parlé des contrebandes de cigarettes. Et des épidémiologistes auraient évoqué le poids croissant joué, ici, par la cigarette électronique. Mais cette seule perspective semble impossible à envisager, actuellement, au ministère de la Santé où cet objet ne semble pouvoir être pris qu’avec d’infinies pincettes.

Pour l’heure la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, explique « suivre de très près l’évolution de la consommation de cigarettes électroniques ». Elle a rappelé, ce mardi 24 février 2015, que « la cigarette électronique peut éventuellement être utilisée pour aider à l’arrêt du tabac ». On appréciera tout particulièrement son éventuellement. Quant à son encadrement il doit être renforcé. Pourquoi ? « Pour éviter l’incitation des jeunes à commencer à fumer ».

Jeunes trentenaires

Or le « Baromètre santé Inpes 2014 » indique que les « vapoteurs » sont en moyenne plutôt jeunes :

. 8% des 25-34 ans sont des utilisateurs quotidiens ;

. 45% des 15-24 ans ont essayé la cigarette électronique.

Est-on encore jeune à 34 ans ? Quelle proportion des 15-18 ans a « essayé », étant bien entendu que, comme l’a rappelé la ministre de la Santé, « la vente de cigarettes électroniques aux mineurs est interdite depuis juin 2013 » ? Qui aura le courage de préciser à la ministre que les utilisateurs quotidiens âgés de 25 à 34 ans sont, dans leur immense majorité, des personnes qui cherchent à se libérer d’une addiction au tabac? Lui préciser que ce sont eux que l’on retrouve derrière les chiffres dont elle se félicite ? Sans doute certains ont-ils tenté. Pourquoi n’ont-ils pas réussi ?

Sombre tableau

Car pour le reste le tableau est sombre. La prévalence tabagique reste globalement élevée en France avec 34% de fumeurs actuels chez les 15-75 ans. Elle reste largement supérieure à celle de nombreux autres pays occidentaux. De même, le nombre de personnes qui « expérimentent le tabac » reste « trop important » (près de 80%). Et l’on reste toujours au stade du discours pour ce qui est de « faire reculer le tabagisme en France », de « renforcer la prévention pour éviter l’entrée dans le tabagisme » et « d’agir efficacement pour aider les fumeurs à arrêter de fumer ».

Voitures sans tabac

Qui fera l’évaluation des dispositions prises depuis septembre 2014 (campagne d’information « le tabac tue un fumeur sur deux » ; « triplement » du forfait substitut nicotinique pour les jeunes de 20 à 25 ans ; « encadrement » de la publicité pour les cigarettes électroniques) ? Et qui fera celle des mesures à venir ? A savoir, via des amendements gouvernementaux au projet de loi relatif à la santé soumis au Parlement à compter d’avril :

  • Le paquet neutre de cigarettes, pour lutter efficacement contre le marketing ;
  • Les espaces de vente sans publicité ;
  • Les véhicules sans tabac en présence d’enfants ;
  • L’interdiction de la publicité pour les cigarettes électroniques et l’interdiction de vapoter dans certains lieux publics ;
  • L’habilitation des policiers municipaux à exercer les contrôles de la règlementation liée au tabac ;
  • L’interdiction des arômes artificiels qui attirent les jeunes ;
  • La transparence du lobbying de l’industrie du tabac (détails à venir).

Grossesses

Sans oublier le pictogramme « femmes enceintes » qui apparaîtra systématiquement sur tous les paquets de cigarettes dans un délai de six mois.  La consommation de tabac chez les femmes de 20 à 25 ans est de 32,5% et elle est de 28,7% chez les femmes de 26 à 34 ans. Elles sont 17,8% qui, enceintes, fument toujours au troisième trimestre de leur grossesse. Il s’agit du taux le plus élevé d’Europe. On espère que les pictogrammes auront l’effet escompté.

A demain

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