Des détecteurs de fumée comme s’il en pleuvait. Pour l’heure, pas de détecteur de tabac

Bonjour

Nous traiterons aujourd’hui de prévention obligatoire. Après les vestes jaune fluo et les triangles dans la boîte à gants, les « détecteurs de fumée ». Dead line : le dimanche 8 mars au douzième coup de minuit. Ainsi le veut la loi n° 2010-238 du 9 mars 2010 (Journal officiel du 10 mars 2010) de prévention contre les risques d’incendie (modifiée l’an dernier). Tout est expliqué ici. Ou encore là.

Le ministère de l’Ecologie  nous explique tout : « Toutes les deux minutes, un incendie se déclare en France. Leur nombre a doublé en vingt ans. Plus que le feu lui-même ce sont les fumées qui tuent : 80 % des victimes d’incendie meurent intoxiquées par les fumées.

Raisons citoyennes

Or on ne sait pas assez  qu’un geste simple, peu coûteux, peut sauver des vies : l’installation dans chaque logement d’au moins un détecteur de fumée. Vous voulez encore des raisons citoyennes? Voici celles assez redondantes, fournies par le ministère de Mme Ségolène Royal :

1) pour sauver votre vie et celle de vos proches : les incendies mortels surviennent généralement la nuit. Le détecteur de fumée vous protège pendant votre sommeil en vous réveillant en cas de départ d’incendie.

2) parce que c’est obligatoire : avant le 8 mars 2015, chaque propriétaire doit équiper son logement et chaque occupant a l’obligation de l’entretenir.

3) pour détecter les fumées : les victimes d’incendies sont majoritairement victimes des fumées et non des flammes d’un incendie. Plus que les flammes, ce sont les fumées qui tuent . Le détecteur alerte l’occupant avant qu’il ne soit trop tard et que toutes les pièces du logement soient envahies par la fumée.

4) pour agir vite contre le feu : plus vite on lutte contre le feu, plus facilement on l’éteint : au bout d’une minute, un verre d’eau suffit à éteindre le feu ; au bout de trois minutes, il faut une citerne ! Avec un détecteur, les pompiers seront alertés plus rapidement, le feu maîtrisé au plus vite, et vos vies et votre maison sauvées !

5) pour se protéger vite et pas cher : un détecteur coûte une vingtaine d’euros, s’installe facilement… et vous protège efficacement.

L’Agence France Presse (Rebecca Frasquet) nous rappelle opportunément  que les incendies domestiques font quelque 800 morts et plus de 10.000 blessés chaque année en France. Qu’un incendie sur trois survient de nuit, que les incendies nocturnes font 70% des victimes. « Les détecteurs servent à nous réveiller la nuit. Les flammes ne réveillent pas et le monoxyde (de carbone) endort » explique à l’AFP le capitaine des pompiers  Céline Guibert. Selon les professionnels du secteur, l’installation des détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) pourrait diviser par deux le taux de mortalité par intoxication. Quatre cent morts, donc.

Lustres et salles de vie

La loi requiert l’installation d’au moins un appareil par habitation, mais les pompiers conseillent d’en installer au minimum un par étage, idéalement dans chacune des chambres et des salles de vie (le jargon de la vie moderne : que sont les autres pièces ?).

A savoir : plus le détecteur est haut et central dans la pièce, plus il est efficace. Au plafond, dans le lustre ?

A savoir encore : la loi prévoit que le propriétaire du logement doit l’équiper d’un détecteur mais que l’entretien de l’appareil (on parle ici de son époussetage et du changement des piles) revenant au locataire. Le bailleur a le choix : il peut soit fournir l’appareil à son locataire, soit lui rembourser son achat.

Propriétaires privilégiés

A savoir pour finir : le législateur comprend les gros propriétaires gros bailleurs. Ces derniers  ayant de nombreux logements à équiper d’un coup (et risquant fort d’être confrontés à des ruptures de stocks) ils se sont vu octroyer un délai : jusqu’au 1er janvier 2016. Rien ne nous dit si les nombreux locataires concernés doivent louer des détecteurs d’ici là. Ni s’ils seraient, dans ce cas, remboursés de leurs frais, sinon de leur piles.

Pas d’affolement : ces appareils sont plutôt bon marché. Compter entre 15 euros (pour un modèle de base) à 40 euros pour un détecteur doté d’une autonomie de dix ans (celui que préconisent les pompiers (qui ne regardent jamais à l’argent)

Cinq fois le prix

Il y a plus moderne et plus cher nous dit l’AFP : les détecteurs équipés du wifi, qui envoient une alerte sur le téléphone en cas de fumée, coûtent, eux, plus de cent euros. « Ces derniers mois, certains syndics ont proposé aux propriétaires bailleurs dont ils gèrent le bien d’assurer la pose d’un détecteur, en leur facturant jusqu’à cinq fois le prix de ces appareils dans le commerce, ajoute  Rebecca Frasquet. Ces offres, dénoncées comme abusives par l’Association des responsables de copropriété (ARC), sont parfois assorties d’un contrat de garantie ou d’entretien aussi onéreux qu’inutile. Les professionnels, eux, recommandent d’acheter des DAAF portant la marque NF « en plus du marquage CE obligatoire ». »

La vigilance s’impose: l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a examiné les performances de dix-huit détecteurs vendus dans des magasins de bricolage. Elle en a jugé trois non conformes et a demandé leur retrait à la Direction générale de la consommation. La DGCCRF pourra-t-elle s’exécuter avant le dimanche 8 mars ? Remboursera-t-elle les acheteurs bernés ? Si oui quand et sous quelle forme ? Quelles sont les formalités ?

Sur l’honneur

Quand vous avez acheté tous vos détecteurs il vous faut envoyer une attestation d’installation sur l’honneur à votre assureur. Une attestation pour tous les détecteurs suffira (une lettre-type est souvent fournie avec les appareils).

Ne pas oublier : la réglementation ne prévoit aucune sanction en cas de non installation et si un incendie se produit, l’assureur « ne peut se prévaloir du défaut d’installation du détecteur pour s’exonérer de son obligation d’indemniser les dommages » disent les textes officiels.

Tabac

A l’heure où nous écrivons ces lignes (27 février)  60 millions de consommateurs fait savoir que 29% des ménages n’ont alors pas encore acheté de détecteurs et 16% ont les ont acquis mais ne les ont pas installés. A la même heure 98% des fumeurs de cigarette qui ont acheté un paquet ont commencé à le consommer. Compter deux paquets pour le détecteur bas de gamme, six pour celui recommandé par les sapeurs-pompiers. Il faut passer au stade des cartouches si vous vous équipez de la cave au grenier.

Tous ces détecteurs détectent-il la fumée de tabac ? On ne nous le dit pas. Songer à appeler Tabac Info Services (appel taxé).

A demain

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