Comment lever le voile sur les conséquences des violences sexuelles en France ?

Bonjour

Ce sera une réunion très comme il faut où l’on parlera de choses à faire froid dans le dos. Palais du Luxembourg, 2 mars, à Paris. Sujet : les violences sexuelles.  Avec, dit le programme, de nombreux invités prestigieux. Parmi eux Michèle Barzach, qui fut un heureux météore dans le ciel politique français et qui préside désormais aux destinées de l’Unicef France.

Ce long colloque (9h-18h) a été baptisé « Enquête de reconnaissance ». C’est un clin d’œil. L’enquête auprès des victime est ici. Et on trouvera ici sa synthèse. C’est là une initiative de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, (1). L’étude présentée est intitulée« Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte » : 1 214 personnes, dont 95 % de femmes, ont répondu à cette vaste enquête. Une enquête, dit le programme, de victimation. Elle porte sur les violences sexuelles qu’ont subies ces personnes entre mars et septembre 2014.

 Que nous dit-on ? 

« En France, 1 femme sur 5 et 1 homme sur 14 déclarent avoir subi des violences sexuelles. Malgré ces chiffres préoccupants, l’impact des violences et la trajectoire des victimes restent peu documentés. Jusqu’ici aucune enquête nationale n’avait interrogé directement les victimes de violences sexuelles sur leur parcours. Cette enquête est donc une grande première. Et les données collectées auprès de 1 214 victimes de violences sexuelles âgées de 15 à 72 ans, dans le cadre de la campagne Stop au dénidressent un état des lieux alarmant. 81 % des victimes déclarent avoir subi les premières violences avant l’âge de 18 ans, 51 % avant l’âge de 11 ans et, pire encore, 21% avant l’âge de 6 ans. Dans plus de la moitié des cas leur agresseur était un membre de la famille. »

Santé mentale

On rappelle que les violences sexuelles ont de très graves répercussions sur la vie et la santé des victimes, même cinquante ans après, si elles ne bénéficient pas d’une prise en charge appropriée. 42 % des victimes interrogées ont déjà tenté de se suicider et 95 % rapportent que les violences ont eu un réel impact sur leur santé mentale.

Et on déplore que  la gravité de ces violences ne soit pas suffisamment prise en compte, et que le droit des victimes à bénéficier de soins, d’informations, de protection et de justice, leur soit régulièrement dénié. « Il est urgent que les pouvoirs publics mettent en œuvre les moyens nécessaires pour protéger, accompagner et soigner efficacement toutes les victimes de violences sexuelles afin d’enrayer le cycle infernal des violences », déclare le Dr Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie (par ailleurs auteure du «Livre noir des violences sexuelles » Editions Dunod).

Regarder en face

Face à ce constat ? Rien de très original : « alerter l’opinion » et « inciter les pouvoirs publics à mettre en œuvre, en urgence, un plan d’action ». Quelques questions restent en suspens, en amont de la victimation. Qui sont les violenteurs ? Pourquoi agissent-ils ainsi ? Et pourquoi ce lourd déni collectif qui fait que, collectivement, nous ne souhaitons guère aborder ce sujet ? Quant à nos pauvres  pouvoirs publics, comment regarderaient-ils en face ce qui fait froid dans le dos ?

A demain

 (1) Créée en 2009, dans l’optique de lutter contre toutes les violences et d’améliorer leur prévention, l’association Mémoire Traumatique et Victimologie a pour but d’améliorer l’identification, la protection et la prise en charge des victimes de violences via l’information du public et la formation des professionnel-le-s impliqué-e-s, et de promouvoir la connaissance et la compréhension des conséquences des violences. Elle tient un blog sur le site Mediapart.

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