Droits de la femme : 3000 euros la congélation de ses ovocytes en Espagne. Interdite en France.

Bonjour

Les hommes lisent-ils la presse féminine ? Question d’actualité : aujourd’hui 8 mars la France célèbre en grandes pompes la Journée internationale de la femme 2015. Parité à tous les étages élyséens. Déclinaisons médiatiques sans fin. Aucune critique en vue.

Le mensuel Santé Magazine se présente comme « Le féminin qui fait du bien ». Le numéro de mars (nouvelle formule) a pour thème « Rester jeune & tonique plus longtemps » – ce qui, à la réflexion, n’a rien de spécifiquement féminin. Au chapitre « Paroles de femmes » l’homme n’a plus voix au chapitre : il s’agit de la question de la congélation des ovocytes. Trois témoignages de trois femmes qui sont allées en Espagne pour saisir cette opportunité (anglicisme européen).

Mélanie, Garance et Nathalie. Le fil rouge est connu : se donner du temps pour fonder un foyer. Et, au passage, une nouvelle publicité pour le groupe IVI, « leader européen en procréation assistée, traitements comme la fécondation in vitro, l’insémination artificielle etc. ».

Photos des œufs

« On m’a remis une carte avec la photo de mes petits œufs que je garde toujours sur moi » confie Nathalie, 39 ans, qui dit avoir été « un peu glacée » quand elle a appris que la technique était interdite en France.  Pour l’heure, avec ses photos sur elle (seize ovocytes matures), elle attend l’âme sœur. Plus tard des sociologues, des psychanalystes peut-être, nous diront ce que signifie ce nouveau rapport de la femme à son corps. « Se libérer de la pression de l’horloge biologique » résume Santé Magazine (Emmanuelle Blanc).

Le Dr Joëlle Belaïsch-Allart, vice-présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français explique pourquoi ce qui est possible (via les employeurs) aux Etats-Unis ne l’est pas en France. Le magazine précise qu’outre l’Espagne, la Belgique l’Italie et la Grande Bretagne sont des pays qui autorisent « l’autoconservation ovocytaire de convenance. Tout simplement parce qu’il n’y a pas d’argument médical qui justifie de l’interdire » fait valoir le Dr Cécile Gallo (centre IVI de Valence). Autre bénéfice : une solution à la pénurie des dons d’ovocytes, chronique en France.

Trocs ovocytaires

Les chiffres du marché ? Environ 3000 euros pour commencer. Un peu plus de cent-vingt femmes à la clinique Eugin de Barcelone, une dizaine au Centre interhospitalier Edith Cavell de Bruxelles, une vingtaine par an sur l’ensemble des 17 centres espagnols du groupe IVI. Et rien en France pour ce qui est des demandes « de convenance ». Une certaine éthique y est respectée: elle réserve cette pratique à des indications médicales (fertilité menacée, parcours de procréation médicalement assistée). A cette petite nuance près : le troc avec un don d’ovocyte effectué par une femme n’ayant pas encore eu d’enfants : « une partie des ovocytes donnés pouvant alors être congelés en vue d’une éventuelle utilisation ultérieure à leur bénéfice », explique Santé Magazine.

Etrange proposition éthique. D’autant plus étrange que le paysage est aujourd’hui bouleversé par la technique de la vitrification. Nous y reviendrons.

A demain

2 réflexions sur “Droits de la femme : 3000 euros la congélation de ses ovocytes en Espagne. Interdite en France.

  1. Juste un rectificatif : le don d’ovocytes par des femmes n’ayant pas encore procréé n’est pas (encore) pratiqué en France. Il est autorisé par la loi depuis 2011 mais le décret d’autorisation n’est pas paru.

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