Le Dr Aquilino Morelle n’a pas pris (illégalement) d’intérêts dans le laboratoire Lunbeck

Bonjour

C’est le Dr Aquilino Morelle (ancien conseiller du président François Hollande) qui le dit au Parisien : l’enquête préliminaire le visant quant  sur une éventuelle prise illégale d’intérêts (1) en lien avec le laboratoire Lundbeck  a été classée sans suite. On se souvient que  la révélation de ces liens avait, en avril 2014, conduit le conseiller politique de François Hollande à la démission.

Le Dr Morelle assure avoir reçu notification de ce classement sans suite «le 8 février dernier, après avoir été auditionné». «Cette accusation ‘’ronflante’’ n’a jamais eu le moindre fondement. Elle n’était qu’une calomnie destinée à me contraindre à quitter mes fonctions», affirme-t-il. Sollicité par l’AFP, le Dr  Morelle a fait part de sa satisfaction «d’être lavé de toutes ces accusations mensongères», estimant que «tout cela était parfaitement prévisible».

12.500 euros en 2007

On se souvient aussi que l’ancien conseiller élyséen avait été contraint à la démission après avoir été mis en cause dans une enquête de Mediapart. Cette enquête établissait qui il avait été rémunéré 12.500 euros en 2007 par le laboratoire danois, Lundbeck, et ce alors même qu’il travaillait à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Le Dr Morelle n’avait nié ni l’existence ni le montant de cette rémunération.

C’était en 2007 (15 octobre / 31 décembre).  Il se serait alors agi d’un « contrat ponctuel, un travail d’intermédiaire. En pratique l’organisation de deux rendez-vous avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) – une  structure qui fixe – dans le plus grand secret –  le prix des médicaments et les taux de remboursement.

Phobie sociale

On laissa ici ou là entendre qu’il s’agissait ici d’aider Lundbeck à « stabiliser » le prix du Seroplex® . C’est une molécule officielle, utilisée contre la dépression (épisodes dépressifs majeurs) et les troubles anxieux (tels que le trouble panique avec ou sans agoraphobie, le trouble d’anxiété généralisée et les troubles obsessionnels compulsifs) chez les adultes de plus de 18 ans. Environ 23 euros la plaquette de 28 comprimés. Remboursé à 65% par notre Sécurité sociale. Mais c’est aussi une molécule qui bénéficia, quelques mois plus tard, d’une extension d’indication.

Cet aspect de l’affaire n’intéressa guère. Bien curieusement. La galerie fut en revanche amusée avec l’autre chapitre que Mediapart monta en épingle : une scène plus symbolique d’un Dr Morelle se faisant cirer ses nombreuses et luxueuses chaussures dans un salon de l’hôtel Marigny, tout proche de l’Elysée.

Maîtres et serviteurs

« Une image décalée pour celui qui inspira très largement le fameux discours du Bourget de janvier 2012 dans lequel le candidat Hollande clamait que son ‘’principal adversaire’’ était ‘’le monde de la finance’’ et promettait de ramener l’argent au rang de ‘’serviteur et non d’un maître’’ » se souvient l’AFP.

«C’est complètement faux, ce cireur n’est venu qu’une fois à Marigny, dans des circonstances précises liées au rythme de travail à l’Elysée», a précisé le Dr Morelle à cette agence.  Il maintient «ne pas disposer d’une telle collection de chaussures». «Tout cela est une construction, une caricature destinée à frapper les esprits pour faire oublier l’essentiel : j’ai été débarqué pour des raisons politiques. La méthode est détestable, mais elle est bien connue. Quand on veut noyer son chien, on l’accuse d’avoir la rage…»

La presse et les chiens

«La sanction qui m’a été infligée est totalement disproportionnée par rapport à cet évènement, tout à fait regrettable et que je regrette, mais qui a été instrumentalisé par ceux qui voulaient me contraindre à la démission. J’aurai l’occasion de m’expliquer à ce sujet» ajoute le Dr Morelle. Il n’a pas dit précisément quand. Ni comment il reviendra sur les vieilles histoires de chiens et de journalistes, de presse, de noyades et de rage.

A demain

(1) La prise illégale d’intérêt est notamment définie par le code pénal comme le fait, pour un fonctionnaire chargé de contrôler une entreprise privée, de prendre ou de recevoir une participation par travail ou conseil dans une de ces entreprises dans un délai de trois ans après la cessation de ces fonctions. Elle est considérée comme un délit passible de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

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