Alerte : le gouvernement prévoit «des difficultés durables d’approvisionnement de vaccins»

Bonjour

On y verra un hasard : le gouvernement réfléchit à la fin des vaccinations obligatoires, le Conseil constitutionnel est saisi de la question et on apprend qu’il n’y a plus de vaccins contre la coqueluche. Ou du moins pas assez de vaccins pour répondre aux besoins. En réalité la coqueluche n’est qu’un symptôme. La menace est plus large. L’heure est venue d’alerter les professionnels de santé concernés et, transparence aidant, les parents (1).

La coqueluche ! Tussis quintina  décrite par Thomas Sydenham en en 1679 puis par Guillaume de Baillou en 1578, les épidémies européennes des XVIIIème et XIXème siècles. Bordetella pertussis de Jules Bordet en 1900, les cultures d’extrait de pomme de terre (milieu de Bordet et Gengou). Des vaccins efficaces depuis un demi-siècle. La coqueluche … Le retour redouté de ses quintes et du chant du coq…

Précisions

Et ce précieux bulletin d’alerte du Haut Conseil de la Santé Publique (HSCP) :

« Des tensions ou des ruptures d’approvisionnement en vaccins combinés tétravalents et pentavalents contenant la valence coqueluche sont à prévoir. Le HCSP a pris en considération les risques liés à une baisse de la couverture vaccinale pour la coqueluche et pour les infections invasives  à Haemophilus influenzae de type b, les données concernant les ventes annuelles et les stocks disponibles à ce jour au niveau national, ainsi que les recommandations vaccinales actuelles concernant la valence coquelucheuse. »

Recommandations

Le HCSP recommande que soient maintenues en priorité :

  • la primo-vaccination des nourrissons (2 doses et un rappel) avec le vaccin hexavalent ou un vaccin pentavalent dont l’utilisation des doses disponibles doit être contrôlée ;
  • la stratégie du cocooning (comprenant la vaccination en milieu professionnel), destinée à éviter que des adultes ne contaminent les nourrissons non en âge d’être vaccinés, et la vaccination autour des cas représentent la seconde priorité.

Compte tenu des doses disponibles en vaccins combinés contenant la valence coqueluche, le HCSP recommande que le rappel de 6 ans soit effectué avec le vaccin dTcaP. Les rappels ultérieurs (11-13 ans et 25 ans) sont inchangés. Des recommandations détaillées sont faites pour les vaccinations réalisées dans le cadre du cocooning et autour des cas ainsi que pour les nourrissons vaccinés à la naissance contre l’hépatite B. »

Lamentations

On appréciera la suite :

Le HCSP déplore les épisodes répétés de rupture d’approvisionnement de vaccins qui mettent en péril l’application de la politique vaccinale. L’heure est ainsi, dans les hautes sphères sanitaires, à la déploration. On ne dénonce pas, on n’accuse guère, on déplore.

Le ministère de Marisol Touraine (Direction Générale de la Santé) enregistre la déploration du HCSP et modifie transitoirement la stratégie vaccinale, comme on peut le voir ici. Elle élargit aussi  la menace : « en raison de difficultés durables d’approvisionnement des vaccins combinés contenant la valence coqueluche au niveau mondial, un flux tendu de vaccins pentavalents et de certains vaccins tétravalents est attendu ».

Raréfactions

En clair on attend une raréfaction mondiale des vaccins combinés contenant la valence coqueluche. L’Agence nationale de sécurité des médicaments ne fait rien. Ou ne dit pas ce qu’elle fait. La France attend la pénurie et commence à la gérer.  On trouvera ici la liste des vaccins concernés.  Les deux géants pharmaceutiques concernés sont Glaxosmithkline et Sanofi Pasteur MSD.

On espère que le Dr Olivier Brandicourt nouveau patron de Sanofi Pasteur (dont les émoluments faramineux viennent d’émouvoir l’opinion) trouvera, rapidement, une solution. Dans l’attente il pourrait expliquer à la population les véritables raisons de cette pénurie, de ce nouveau risque sanitaire face auquel la puissance publique avoue être étrangement impuissante.

Sanofi et les lézards
Que répondrait, par exemple, le Dr Brandicourt à ce commentaire du Pr Alain Goudeau, chef du service de bactériologie du CHU de Tours:
« Le vaccin coqueluche n’est pas si facile à préparer.  Les entreprises pharmaceutiques sont comme tout Big Business à la recherche du profit optimal : pas de stocks, pas de retour d’invendus périmés, flux tendu et lots de grande taille pour réduire les coûts de qualification. Ajoutons à cela que la définition (ou l’extension) des péremptions est un casse-tête coûteux et nous avons les bases d’une rupture d’approvisionnement dès qu’un lézard se glisse dans la production.»
Que fait Sanofi-Pasteur contre les lézards ?
A demain

(1) Pour rappel et informations complémentaires :

Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2014 du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Conduite à tenir devant un ou plusieurs cas de coqueluche du 10 juillet 2014

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