Greffe pénienne : ce que l’on sait (ou pas) sur la spectaculaire première mondiale sud africaine

Bonjour

Parce qu’elle fait fantasmer l’affaire sera largement reprise, amplifiée, déformée. Restons en donc, autant que faire se peut, aux faits les plus précisément rapportés. Soit ceux de la BBC. Une équipe chirurgicale sud africaine vient de rapporter publiquement (sans publication) être parvenue à réussir une greffe de pénis. Il s’agirait, selon ses auteurs, d’une première mondiale. D’autre voix se lèvent déjà pour dire que ce n’est qu’une première africaine. De fait une bibliographie hésitante fait état d’une première chinoise. Sans parler des tentatives, sous-jacentes, du célèbre Serge Voronoff, il y aura bientôt un siècle.

Nous restons, ici, dans l’humain.  L’intervention a été pratiquée en décembre dernier par des spécialistes de l’Université de Stellenbosch et de l’Hôpital Tygerberg. Elle a duré près de neuf heures. Le greffon avait été prélevé sur un cadavre, toutes les règles éthiques ayant été respectées. L’un des chirurgiens, le Dr Andre Van der Merwe, spécialistes des transplantations rénales, a déclaré à la BBC les difficultés rencontrées, tenant notamment au diamètre des vaisseaux sanguins.

Impact psychologique considérable

Le receveur, âgé de 21 ans et dont l’identité n’a pas été révélée, avait été victime d’une infection gravissime survenue au décours d’une circoncision. Les médecins sud-africains ont fait état de sa satisfaction. Ces mêmes médecins ont également évoqué les difficultés éthiques inhérentes à leu geste. Geste certes salvateur mais qui ne revêtait pas un caractère vital au même titre que les autres transplantations d’organes. Il faut toutefois compter avec l’impact psychologique et social considérable de cette mutilation.

La France avait connu ces discussions éthiques lors des premières greffes de membres et de faces effectuées sous la direction, notamment, du Pr Jean-Michel Dubernard. Ces sont d’ailleurs les techniques développées lors de ces premières tentatives qui ont pour parties été utilisées en Afrique du sud.

Besoins importants

La circoncision – rituelle – du receveur avait été pratiquée quand il avait 18 ans et donc déjà sexuellement actif.  . L’ablation-mutilation qui avait suivi avait concerné la quasi-totalité de son pénis. Le jeune homme a été informé des contraintes concernant le traitement immunosuppresseur qu’il devra suivre. Ses sensations antérieures ne sont pas pleinement revenues mais il peut néanmoins uriner, avoir des érections et atteindre l’orgasme. Les chirurgiens estiment qu’une période de deux ans sera nécessaire pour qu’il retrouve la plénitude de ses fonctions.

L’équipe médico-chirurgicale (qui a attendu trois mois pleins avant de communiquer) souligne les besoins (méconnu) qui peuvent exister dans ce domaine, partout où la pratique de la circoncision n’est pas effectuée dans le respect absolue des règles hygiéniques. D’autres tentatives sont attendues à court terme.

A demain

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