Alcoolisme : deux amendements socialistes enflamment le monde du vin. Les grands alcooliers demeurent cois

Bonjour

On n’arrête plus des députés aux prises avec d’un projet de loi santé du genre « voiture-balais ». La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale vient d’adopter  un nouvel amendement au projet de loi Santé. Il laisse à un arrêté ministériel le soin de fixer le contenu de le désormais célèbre message français selon lequel « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Jusqu’à présent la formule est inscrite dans le code de la santé et donc, à ce titre, intangible.

En pratique les députés veulent que le célèbre message (obligatoire dans toutes les publicités pour boissons alcooliques) puisse « être adapté en fonction des supports de communication, des produits et des publics ». C’est ce qu’a adopté la commission des Affaires sociales. Où l’on retrouve le Dr Olivier Véran (PS, Isère), auteur de cet amendement. Ce spécialiste hospitalier de neurologie estime que cela permettra « de mieux adapter le contenu du message sanitaire à l’évolution des politiques de prévention ».

Plasticité communicationnelle

« L’arrêté pourra ainsi définir des messages différents: leur alternance et leur diversité sera le gage de leur efficacité dans le temps, a-t-il expliqué à l’AFP. Le contenu de ces messages pourra également être adapté en fonction des supports de communication, des produits et des publics ». En pratique ce sera au ministère de la Santé, dans sa sagesse, d’orchestrer cette nouvelle plasticité communicationnelle à visée dissuasive et préventive.

L’affaire passe mal et des goulots professionnels d’étranglement sont à prévoir. « La filière viticole s’oppose fortement à cet amendement qui remettrait en cause le pouvoir du législateur, durcirait encore davantage le cadre de la Loi Evin et qui traduit la volonté de passer d’une politique de modération à une logique d’interdit » vient de faire savoir, dans un communiqué, la célèbre et assez puissante association « Vin & société », qui regroupe les « 500 000 acteurs de la filière viti-vinicole ».

Clarifier la loi Evin

« Vin et Société » se félicite en revanche de l’adoption d’un autre amendement émanant du député (PS, Loir-et-Cher) Denys Robiliard avocat de formation. Explication :

« En parallèle, un deuxième amendement (N°AS1207) porté notamment par le député du Loir & Cher, Denys Robiliard (PS) a été adopté cette nuit. Cet amendement prévoit une définition de la publicité afin de clarifier la Loi Evin. Vin & Société soutient cette initiative. En effet, comme les professionnels de la filière viticole le rappellent depuis plus d’un an, l’esprit initial de la Loi Evin visant à encadrer la publicité, éviter les abus et protéger les populations à risque, est dévoyé en raison d’une confusion entre publicité et information et d’une interprétation très restrictive faite par les juges.

Liberté de la presse

Rappelons que des journaux tels que Paris Match (mars 2013), Le Parisien (décembre 2007) et Les Echos (juin 2007) ont été condamnés à la suite d’articles de presse évoquant le vin, requalifiés en publicité.

Au-delà des professionnels du secteur viticole, ce sont aussi 30 000 journalistes, des milliers d’artistes et d’écrivains, des agences de publicité et de communication, des avocats et 31 millions de consommateurs responsables qui sont concernés par les conditions d’application de la Loi Evin. »

Montagnard vs Girondin

« Cet amendement n’ouvre aucune nouvelle possibilité de publicité pour le vin mais permet de sécuriser le travail des journalistes et la liberté d’information » déclare Vin & Société. Cette association  rappelle que sa position n’est pas de supprimer la loi Evin mais au contraire de la clarifier pour « éviter toute confusion entre information et publicité ». Selon l’association, l’esprit de la loi Evin est aujourd’hui « dévoyé en raison d’une confusion entre publicité et information et d’une interprétation très restrictive faite par les juges ». Des juges qui en sont venus à condamner des titres de presse « à la suite d’articles de presse évoquant le vin, requalifiés en publicité ».

On observera que, comme lors des polémiques autour de la loi Evin de 1991, les grands alcooliers restent cois. Qui, du montagnard Véran ou du girondin Robiliard, l’emportera ?

A demain

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s