Peut-on, raisonnablement, conduire en mâchant de la résine et avec 5,14 g/l dans le sang ?

Bonjour

A la confluence de l’Indre et de la Loire, Huismes est un village perché sur le tuffeau comme la Touraine en compte tant. Venu de Chinon le Dr François Rabelais y a campé ses géants. Son abbaye de Thélème est à un jet de raisin, direction les plages de Bréhémont.

Du clocher de Huismes on aperçoit, vers le nord, la belle Ingrandes, ses vignes et l’antique frontière entre la Touraine et l’Anjou. La vallée du Lys de Balzac s’achève ici dans les chanvres et la vase, les crues et le rouissage . Max Ernst post-dada vécut ici (avec Dorothea Tanning ) de 1955 à 1963. A Huismes l’inconscient est à fleur de Loire.

Mémoire de ses comas

Faisait-il nuit, à Huismes, le 3 avril 2014, vers 19 h 30 ? C’est à ce moment là que survint un  accident corporel de la circulation une Ford Fiesta et une Renault Espace. Les témoins rapportent que la voiture de marque française, immobilisée, se trouvait sur la voie opposée à celle de son sens naturel de circulation. Deux blessés sont à déplorer dans la Ford. il y a aussi Gilles, 44 ans qui (d’après le pompier venu à son secours) est allongé dans l’Espace à l’avant (du côté passager).

Nuit ou pas, un témoin d’une habitation voisine déclare que Gilles était seul à bord. Gilles affirme : « C’est Josué, mon gendre, qui conduisait et qui a pris la fuite ». Gilles affiche 5,14 g d’alcool et mâche de la résine de cannabis. Il dit qu’il ne pouvait pas conduire. « J’étais en coma éthylique », justifie-t-il. Gilles a (encore) la mémoire de ses ivresses comateuses. Son casier comporte (déjà) douze mentions avec alcoolémie et défaut de permis.

Au volant ou pas

Gilles sera  poursuivi pour conduite sans permis, défaut d’assurance, blessures involontaires avec deux circonstances aggravantes (alcool et stupéfiants), défaut de contrôle technique. Le 9 octobre 2014 le tribunal correctionnel de Tours le condamne à 18 mois de prison, confiscation des scellés et une amende de 150 euros.

L’affaire vient d’arriver devant la cour d’appel d’Orléans, comme le rapporte, fidèlement, La Nouvelle République du Centre Ouest  (Vincent Baranger). Gilles a fait appel car il conteste être le conducteur incriminé de la Renault Espace. L’avocate générale soutient que « c’est lui qui était au volant ». A l’appui de son accusation : un témoignage et les versions changeantes du prévenu. Elle demande la confirmation du jugement de première instance.

Conducteurs-buveurs

Me Vergnes défend Gilles et fait valoir que la culpabilité de son client est contraire à l’entendement. L’accusation est selon elle  contredite par le bon sens, la biologie et la physiologie humaine. Tous les buveurs conducteurs savent qu’avec 5,14 g/l on ne peut conduire. C’est d’ailleurs à peine si l’on peut continuer à vivre. Sans parler de la résine de cannabis. Faut-il ajouter la place du passager et le fait que Gilles n’est pas le propriétaire du véhicule.le propriétaire. Elle sollicite la relaxe.

A Orléans la cour confirmera les dispositions de culpabilité du jugement de Tours. La cour répond ainsi, indirectement, à la question essentielle : on peut conduire, à Huismes, une Renault Espace avec 5, 14 g/l d’alcool dans le sang. Sans oublier, dans ce pays du chanvre, la résine de cannabis. Huismes, pays des géants.

A demain

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