Alerte à la luxation congénitale de la hanche : elle fait son grand retour en France

Bonjour

On la croyait rangée au rayon des questions d’internat bretonnes qui ne sortent plus…. Ah, le doux « signe du ressaut » … la manoeuvre italienne d’Ortolani-Le Damany … et la quête du piston britannique de Barlow… Tout cela revient au grand galop grâce à la vigilance sourcilleuse de la Société Française d’Orthopédie Pédiatrique et celle de la Revue de Chirurgie orthopédique et traumatologique  (1). Sans oublier la HAS. Vigilances que vient de relayer l’Académie nationale de médecine (Pr Jean Dubousset).

Coûts de la coxarthrose

Résumons : A  la suite d’une campagne de dépistage menée avec l’appui des autorités sanitaires on constatait, il y a vingt ans, une quasi disparition des découvertes tardives (après le 3ème mois) de luxations congénitales de hanche. Or voici que l’on  assiste depuis peu à une augmentation importante du nombre de ces cas (soit 10/100 000 naissances après 3 mois, et 4/100 000 naissances découverts seulement après l’acquisition de la marche).

Or chacun sait depuis longtemps que le pronostic défavorable (à long terme) de la coxarthrose (invalidante et douloureuse) nécessitant des corrections chirurgicales (source de dépenses importantes pour l’assurance maladie) est  corrélé à un diagnostic initial tardif après l’âge de la marche. Comment, dès lors, comprendre cette résurgence ?

Opérateur-addiction

L’examen systématique des hanches des nouveau-nés par le pédiatre est obligatoire avant la sortie de maternité. Mais il ne dépiste pas obligatoirement tous les cas d’instabilité. Il existe aussi l’examen  par échographie à l’âge de un mois. Quoique systématique il se heurte à son caractère opérateur- dépendant (sic). Il en va de même l’examen radiologique à quatre mois – dont on doit redouter le caractère irradiant).

On peut le dire autrement: finalement, l’examen clinique répété des hanches à plusieurs reprises dans les deux premiers mois reste le meilleur moyen de faire un diagnostic précoce. L’Académie rappelle ici aux plus jeunes que la constatation de la limitation de l’abduction de hanche est un signe clinique d’alerte de grande valeur, relativement facile à mettre en évidence.

Comme avant

« Il faut encore améliorer le dépistage par les pédiatres en maternité, avant le retour à domicile et renouveler l’examen obligatoire par la sage-femme ou le médecin dans les huit premiers jours. Par la suite, le suivi des nouveau-nés et des bébés, le plus souvent assuré par le médecin de famille, exige aussi un effort de ‘’Développement Permanent des Connaissances’’ » souligne l’Académie. Elle ajoute : « Tous les nourrissons doivent pouvoir bénéficier d’un suivi par l’examen répété de la mobilité de hanche dans les premiers mois de la vie et  cet examen doit figurer chaque fois systématiquement dans le carnet de santé ».  Comme avant.

Ecoutons une dernière fois les Académiciens : « Cet examen sera effectué par un pédiatre, ou un médecin de famille bien formé, et par la sage-femme à l’occasion de ses visites dites « suites de couches » ou dans les centres de PMI. Toute découverte d’une anomalie justifiera alors le recours à un échographiste compétent et à l’orthopédiste pédiatre. »

A demain

 (1) Morin, P. Wicart, Société française d’Orthopédie Pédiatrique ; Luxation congénitale de la hanche de découverte tardive, après l’âge d’un an : état des lieux et prise en charge. Revue de Chirurgie orthopédique et traumatologique (2012), 985, 5271/5276.

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