Travailler beaucoup plus pour ne pas boire moins

Bonjour

Quelques lignes volées à la dernière livraison de l’excellente Revue Médicale Suisse (Rev Med Suisse 2015;744-744). Elles sont signées Bastien Chiarini (Policlinique médicale universitaire, Lausanne).

« Bien qu’il soit généralement admis que le travail est un facteur de salutogenèse, une charge de travail hebdomadaire importante (soit dépassant 50 h) est associée à certaines conséquences sur la santé telles que maladies cardiovasculaires ou dépression » écrit l’auteur. Il  cite une vaste étude internationale publiée il y a peu dans le BMJ (1) qui a cherché à mettre en évidence un lien entre le fait de travailler beaucoup et une consommation d’alcool à risque.

Faible mais significatif

C’est  une revue systématique de données d’études transversales et prospectives (publiées ou non) suivie d’une méta-analyse. Les auteurs sont parvenus à inclure 333 693 participants de quatorze pays (études transverses) et 100 602 participants de neuf pays (études prospectives). Ils obtiennent ainsi une puissance statistique suffisante pour conclure qu’un lien (faible mais significatif) existe bel et bien entre le fait de travailler (plus de 48 heures par semaine) et une consommation d’alcool (dépassant quatorze  unités par semaine pour les femmes ; vingt-et-une pour les hommes).

Le groupe contrôle était constitué de personnes travaillant de 35 à 40 heures par semaine. Les odds ratio sont de 1,11 (IC 95% : 1,05-1,18) dans les études transverses et 1,13 (IC 95% : 1-1,26) dans les études prospectives. En termes absolus, pour les études prospectives, l’augmentation observée de la prévalence de consommation à risque est de 0,8% (prévalence moyenne : 6,3%).

Chômage

 « Il convient d’interpréter ces résultats avec prudence, aucun lien de causalité n’étant établi, commente  Bastien Chiarini. De plus, on peut déplorer le fait que le travail ne soit abordé que sous l’angle de sa durée hebdomadaire, ce qui est probablement réducteur lorsqu’on songe au ‘’vécu au travail’’. Néanmoins, cela soulève des questions intéressantes, surtout en termes de santé publique et, qui sait, peut-être qu’à l’avenir des informations sur le temps de travail seront intégrées dans les interventions brèves ! ».

Sans oublier ivresses et chômages de très longue durée.

A demain

 (1)  Wirtanen M.  Long working hours and alcohol use : A systematic review and meta-analysis of published studies and unpublished individual participant data. BMJ 2015 (350[Medline]

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