Cigarette électronique : marché essoufflé, surdité aggravée des politiques, publicité interdite

Bonjour

Santé et départementales. Un temps présidé par Marisol Touraine (mars 2011-juin 2012) le département d’Indre-et-Loire vient de passer à droite. Pour autant la ministre de la Santé peut être rassurée. Prenant acte de la défaite de la gauche le Premier ministre Manuel Valls a annoncé, dans la soirée du 29 mars, que la loi Santé demeurait bel et bien d’actualité.

L’équation tabagique revient donc, inchangée : un « Programme national de réduction du tabagisme » toujours aussi fantomatique ; un plan squelettique fondé sur la neutralité des enveloppes de cigarettes ; la fuite en rase campagne pour ce qui est de l’augmentation des prix. Une triade à laquelle il faut ajouter l’essentiel : le mépris politique souverain des espérances de sevrage fondées sur la cigarette électronique. Un mépris partagé par les élus du Parlement comme en témoigne, de manière symptomatique, la petite mésaventure républicaine que viennent de vivre les responsables de l’Aiduce (Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique) – voir plus bas.

Fumées du marché

C’est dans ce contexte que l’on peut lire « La cigarette électronique par en fumée » dans Le Journal du Dimanche (Matthieu Pechberty). Des informations aussitôt reprises par le site des buralistes.

« Après trois années de succès incontesté pour les cigarettes électroniques les ventes chutent violemment. Selon plusieurs sources de marché, les volumes se sont effondrés de 30% en moyenne en France au dernier trimestre 2014 par rapport aux trois derniers mois de 2013. Et jusqu’à 50% dans certaines boutiques. Avant de voir les ventes se stabiliser début 2015, écrit le journal dominical.  « La mode est finie », assure Gérard Bohélay, le patron des buralistes parisiens. Le nombre de fumeurs quotidiens de e-cigarettes s’est stabilisé à 1,5 million, et celui des vapoteurs occasionnels à 3 millions. « Ce nouveau marché était devenu un eldorado après être monté en flèche, explique Karin Warin, la patronne de Clopinette, premier réseau indépendant. Il atteint une certaine maturité. »

« Les vapoteurs sont équipés en cigarettes électroniques et n’achètent plus que des recharges de liquide », explique-t-on chez les buralistes qui se sont lancés sur un marché qui a trouvé ses limites. Moins de e-cigarettes, dont le prix varie entre 50 et 150 euros, et plus de recharges de 10 à 30 euros. L’impact est lourd sur le chiffre d’affaires total. »

Mode ou marché

L’explosion ne pouvait durer. Parties de zéro en 2011, les ventes avaient explosé à 275 millions d’euros en 2013. Selon  la fédération des indépendants du secteur (Fivape) elles auraient atteint 450 millions en 2014. Un niveau contesté par leurs concurrents buralistes, qui le chiffre à 350 millions d’euros. Le distributeur Logista (fournisseur des bureaux de tabac) évalue quant à lui ce marché à 250 millions d’euros sur l’ensemble de l’année 2014.

« Tous s’accordent sur un point : des boutiques vont disparaître. De 600 en 2013, elles sont passées à 2.500 l’an dernier, poursuit le JDD. »Jusqu’ici, deux boutiques ouvraient chaque jour, explique Karin Warin. Aujourd’hui, trois ferment quand une seule démarre. » Environ 500 devraient tirer le rideau d’ici à la fin de l’année. « Il y a eu trop d’emballement et trop d’ouvertures de magasins spécialisés, reconnaît la Fivape. La vente sur Internet prend aussi le relais. » Les professionnels espèrent une embellie qui relancerait le marché. Ils misent sur un renouvellement des clients et estiment que 25% des fumeurs peuvent encore passer à la cigarette électronique. Un pari confirmé par un sondage TNS-Sofres réalisé pour les buralistes rapportant que deux tiers des vapoteurs le sont depuis moins d’un an. »

Furieusement

Il n’y aurait là qu’un marché parmi tant d’autres s’il n’y avait sa dimension sanitaire, son impact potentiel considérable sur la « principale cause de morts prématurées évitables » (la formule est, notamment, de Marisol Touraine). Or les autorités sanitaires ignorent superbement cette réalité – au motif principal que la cigarette électronique n’est ni un médicament ni un dispositif de santé. Mais un objet qui ressemble furieusement à la cigarette (formule prêtée à Marisol Touraine). On peut ici conseiller un texte publié dans Les Echos et signé de Frédéric Sautet (chercheur associé à l’Institut économique Molinari) démontrant que face au tabagisme la cigarette électronique était plus efficace que le « paquet neutre ».

Amendements anti e-cig

C’est ici que survient la mésaventure de l’Aiduce, telle que nous la rapporte Brice Lepoutre son président. Elle commence avec une « alerte lancée à tous les députés et sénateurs ». L’association y démontrait l’absence de fondement sanitaire d’un amendement  (N°AS1413) présenté par le gouvernement dans le cadre du projet de loi Santé. Cet amendement interdisait le vapotage dans les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif.

Elle dénonçait aussi un autre amendement (N°AS1404) présenté par le gouvernement. Il concernait  l’interdiction de toute publicité de la cigarette électronique. « C’est là un désavantage concurrentiel vis-à- vis de la cigarette classique, soulignait l’Aiduce. En particulier, l’interdiction de la publicité indirecte sur tous les médias y compris l’internet supprimera des moteurs de recherche toute référence aux sites d’échange, d’aide et de soutien destinés aux vapoteurs ainsi qu’aux fumeurs à la recherche d’informations. Certaines associations qui assimilent le vapotage à la consommation du tabac s’en félicitent déjà http://dnf.asso.fr/Question-numero-13867.html

Un million de visiteurs par mois

Ces sites aident un grand nombre de fumeurs à réduire considérablement et à abandonner complètement leur consommation du tabac grâce à l’adoption, souvent pas évidente, de la cigarette électronique ; en témoigne par exemple le plus grand forum francophone des vapoteurs (sur lequel toute publicité directe est interdite) qui avec plus de 71 000 membres reçoit jusqu’à un million de visiteurs par mois forum-ecigarette.com »

Ce courrier avait été adressé le 24 février dernier par voie postale aux élus de l’Assemblée nationale et du Sénat. Cette initiative à eu un coût conséquent, explique Brice Lepoutre. Soit 922 enveloppes / 922 affranchissement / 29.504 pages imprimées (par enveloppe 2 pages de courrier + 10 pages de notre dossier de présentation + 20 pages du livret « Il paraît que ») / 922 cartes de visites. La mise sous pli individuelle, qui a pris plusieurs nuits, était assurée bénévolement. La moindre des corrections de la part des élus eût été  un courrier d’accusé de réception ». L’association des vapoteurs indépendants y a sacrifié le  montant des adhésions de 400 adhérents. Au final … huit réponses standardisées.

Lanceurs d’alertes casqués

Aujourd’hui l’Aiduce s’interroge sur son époque, une époque dans laquelle les élus de la République ne prennent pas le temps de répondre aux citoyens qui ont prennent le temps et l’argent pour les alerter sur une question majeure de santé. Une époque où les responsables politiques annoncent, à grand renfort de tambours médiatiques, qu’ils vont donner un statut aux « lanceurs d’alertes ». Pour, enfin, les protéger.

A demain

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