IVG et « délai de réflexion » : les gynécologues et obstétriciens français créent la surprise

Bonjour

Etonnant papier dans Le Monde (Gaëlle Dupont) daté du 31 mars. C’et une synthèse « des témoignages recueillis par Lemonde.fr à propos du délai de réflexion de sept jours prévu entre les deux rendez-vous médicaux préalables à une interruption volontaire de grossesse ».

On se souvient peut-être que  la suppression  de cette disposition a été votée le 19 mars par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi santé. Vote avec l’accord du gouvernement. Le texte sera débattu en séance publique à partir du mardi 31  mars.

Echantillon non représentatif

Près de soixante-dix femmes déclarant (parfois anonymement) avoir été confrontées à cette expérience ont répondu sur Lemonde.fr. Soit un échantillon « qui n’a évidemment pas de valeur représentative ». Un échantillon qui « se dit en majorité favorable à la suppression du délai de réflexion ». Les termes utilisés sont explicites : « punition », « humiliation », « torture », « véritable calvaire ». « Le délai de réflexion imposé n’a rien changé à ma décision, qui était complexe à prendre mais déjà arrêtée, témoigne une jeune femme qui souhaite rester anonyme. Insupportable attente, où l’angoisse, la culpabilité et la sensation d’emprisonnement m’ont oppressée au-delà du descriptible ». « (…) attente interminable pour la jeune fille isolée et anxieuse que j’étais… Je guettais à chaque instant les nouveaux développements dans mon corps d’une grossesse accidentelle que j’avais pourtant tout fait pour éviter, chaque jour rendant plus douloureuse la décision inéluctable. »

Infantilisation

Temps imposé  « infantilisant » qui ne sert qu’à « culpabiliser ». Délai  qui « sous-entend que nous, femmes qui décidons d’avorter, n’avons pas réfléchi, pas pesé le pour et le contre, en mesurant toute la responsabilité qui est la nôtre dans cet acte qui demande un grand courage. Il présuppose que nous manquons de sens des responsabilités, de morale, de conscience. »

Et quelques voix dissonantes :  « semaine suspendue m’a aidée à me calmer et à arriver beaucoup plus apaisée au rendez-vous ». « Décision effroyablement douloureuse …sept jours qui m’ont aidée à me préparer et à l’assumer pleinement. ». Et, parfois, changement d’avis (deux cas).

Surprise

C’est dans ce contexte que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof) vient de s’exprimer. Et de surprendre.

«  Le délai de réflexion, qui peut être supprimé lorsque la situation l’exige, peut constituer une dernière aide à une décision difficile. Il peut sans doute être réduit, mais sa suppression totale ou sa réduction excessive serait une mesure contre-productive » expliquaient ces médecins spécialistes le 19 mars.

Suppression approuvée

Aujourd’hui après consultation de ses commissions d’éthique et d’orthogénie (puis vote de son conseil d’administration) le Cngof  « approuve la suppression de l’obligation légale du délai de réflexion de 7 jours avant de pratiquer une IVG.  Il estime « qu’un délai de réflexion ne doit pas être obligatoire ». « Cependant, en raison de son utilité, un temps de réflexion doit être systématiquement proposé à la patiente ».

Proposer sans imposer. Supprimer sans oublier de proposer. Il serait regrettable que cette disposition consensuelle ne soit pas votée.

A demain

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