Crash : Bild et Paris Match disent avoir visionné les derniers instants des passagers. Et après ?

Bonjour

On progresse dans l’horreur. Et nous sommes loin d’en avoir fini avec le crash de l’A320 de Germanwings. Le dernier rebondissement en date survient au moment même où les PDG de Lufthansa et de sa filiale low cost (Carsten Spohr et Thomas Winkelmann) se recueillent devant une stèle érigée à la mémoire des victimes. Il concerne « une supposée vidéo des derniers instants avant le crash ». Soit au moment où les passagers étaient conscients que l’appareil allait s’écraser.

Démenti du procureur

Cette vidéo existe bel et bien, selon l’hebdomadaire Paris Match et le journal allemand Bild, qui disent avoir visionné l’enregistrement. Or cette affirmation est « complètement fausse », selon la gendarmerie. Brice Robin, procureur de la République de Marseille, a pour sa part démenti « qu’en l’état actuel des investigations figurent à l’enquête une ou plusieurs vidéos filmant le crash de l’Airbus A320 ». « Dans l’hypothèse où une personne disposerait d’une telle vidéo, elle se doit de la remettre sans délai aux enquêteurs  de la gendarmerie afin qu’elle soit jointe à l’enquête » vient de faire savoir  Brice Robin (1).

Selon l’Agence France Presse, sur le supposé enregistrement « pris depuis l’arrière de la cabine »  Bild  et Paris Match révèlent que l’on  « entend crier Mon Dieu en plusieurs langues ». L’hebdomadaire français assure n’avoir « aucun doute » sur la provenance de l’enregistrement réalisé via un téléphone portable.

Démenti de la gendarmerie

« La scène est tellement chaotique qu’on ne distingue personne, mais les cris des passagers révèlent qu’ils étaient parfaitement conscients de ce qui allait arriver. Vers la fin, après une secousse plus forte, les cris s’intensifient. Puis plus rien », précise Paris Match. Qui ajoute : « on entend également, par trois fois au moins, des coups métalliques qui laissent penser que le pilote tente d’ouvrir la porte du cockpit au moyen d’un objet lourd ». Ce qui correspond aux informations dévoilées par enregistrements sonores de la boîte noire.

Ces affirmations sont « complètement fausses », a aussitôt déclaré réagi le lieutenant-colonel Jean-Marc Ménichini, de la gendarmerie française, interrogé par CNN. Il a précisé que les téléphones mobiles collectés sur le site du crash n’avaient pas été « encore exploités » par les enquêteurs. Ces téléphones cellulaires devraient être envoyés pour analyse à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois, près de Paris.

Pour l’heure, via Bild et Paris Match, nous progressons collectivement dans l’horreur. Et après ? Que ferons les chaînes d’information continue. Que dira, ensuite le CSA ? Jusqu’où irons-nous ?

A demain

(1) L’hebdomadaire français assure n’avoir « aucun doute » sur la provenance de l’enregistrement, en l’occurrence un téléphone portable. « Toute l’équipe éditoriale de Paris Match a également visionné l’enregistrement qui ne nous appartient pas et que nous avons refusé de publier car c’est très violent », affirme encore Paris Match ce mercredi 1er avril ,dans une vidéo où le journaliste qui a signé l’article Frédéric Helbert s’explique. « Ce n’est pas une vidéo trash » : « c’est le son qui est terrible, c’est la dimension humaine de la panique, de la détresse, des cris, des gens dans l’avion ». « C’est un élément humain très fort mais (…) qui n’apporte rien à l’enquête » précise-t-il.

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