Cigarette électronique : comment vapoter au travail (avec ou sans l’avis du gouvernement )

Bonjour

Si ce n’est pas une guerre, mais cela pourrait y ressembler. Le Parisien monte aujourd’hui en première ligne (Christine Mateus avec F.Ge.). Son drapeau : « Du bon usage de l’e-cigarette au bureau »…Son clairon : « Des médecins, défenseurs de la cigarette électronique, ont rédigé une charte afin que les vapoteurs puissent l’utiliser librement dans les entreprises, sans gêner leurs voisins. »…

Palais Bourbon

Le champ de bataille ? C’est le Palais Bourbon … les députés incités par le gouvernement à trancher dans le vif … pas de quartiers… condamner les vapoteurs … au poteau … voter pour la neutralité du paquet de cigarettes … ignorer les coffrets humidifiés à cigares… engagez-vous à réduire votre consommation…. sinon continuez, vous ne serez pas pénalisé…

On plaisante, bien sûr, faute de disposer d’autres armes. Comme d’autres, sur notre tablette et chez notre buraliste, on a feuilleté notre Parisien :

« Vapoter sa menthe liquide à côté de ses collègues de bureau sera-t-il encore possible ? Pas sûr. La mesure discutée aujourd’hui à l’Assemblée fait frémir les médecins qui défendent la cigarette électronique. Cet amendement, intégré au projet de loi de santé, en réduit sacrément l’usage en spécifiant que des emplacements réservés doivent être arrêtés par l’employeur pour regrouper les vapoteurs.

Modus vivendi

 « Au moins, ils ne sont pas mis dehors, soupire le Dr  Philippe Presles, tabacologue, membre de SOS Addictions et de l’Aiduce (Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique). Nous avons observé que dans les entreprises qui le faisaient, en associant ainsi les vapoteurs aux fumeurs, certains utilisateurs de la cigarette électronique se sont remis à fumer. C’est assez décourageant, car c’est un produit qui sauve des vies ! Nous, nous appelons à ne pas voter cet amendement, et s’il passe, que le gouvernement  s’inspire de notre charte. »

Le Dr Presles a  coordonné, avec d’autres médecins, un document pour que les vapoteurs ne soient pas traités comme des fumeurs sur leur lieu de travail. Un modus vivendi l’attention aussi des DRH. Parmi les points de la charte (qui en compte 9) : poser une distance minimale de deux mètres entre le vapoteur et les autres salariés ou encore privilégier les arômes doux des e-liquides, car certains — reconnaissons-le — sont loin d’être agréables…

Extrait de la charte :

« La cigarette électronique n’est responsable ni de cancers ni d’infarctus, pour la simple raison que ces maladies résultent des goudrons, monoxyde de carbone et particules fines produits par la combustion du tabac. Là, il n’y a ni tabac ni combustion. […] Le tabac et sa combustion étant complètement exclus du fonctionnement de l’e-cigarette, le vapotage passif est impossible.»  (voir ici le texte de la « Charte du vapoteur »)

En novembre 2014, la Cour de cassation avait jugé que la cigarette électronique ne tombait pas sous le coup de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Pour sa part Marisol Touraine, ministre de la Santé Santé dit (et fait dire) que la cigarette électronique est une possible porte d’entrée vers le tabagisme pour les mineurs. Une hypothèse que la puissance publique française ne s’est jamais donné la peine de vérifier.

« Que je sache, il n’y a pas d’enfants dans les entreprises, rétorque le Dr Philippe Presles. L’e-cigarette est en train de ringardiser le tabac, de faire reculer le nombre de fumeurs, mais des idées fausses sur elle circulent. Il me faut maintenant quinze minutes pour convaincre un fumeur de s’y mettre contre trois il y a deux ans, les études sans fondement qu’on entend y sont pour beaucoup. » Le nombre de vapoteurs, lui, continue d’augmenter : plus de deux millions de Français ont dans leur sac une vapoteuse.

 Frontières schizophréniques

Cigarette électronique bannie mais cigarette électronique « normalisée ». Nous sommes ici aux frontières de la schizophrémie. Les vapoteurs inquiets de la composition des produits qu’ils inhalent vont désormais pouvoir bénéficier en France d’un cadre normatif, auquel les fabricants pourront adhérer sur une base volontaire. L’Association française de normalisation (Afnor) a présenté, hier 2 avril, les deux premières « normes volontaires » de fabrication de cigarettes électroniques et de liquides, élaborées en concertation avec l’ensemble des parties prenantes du secteur.

Ce sont des normes qui vont « structurer le marché ». Des normes qui vont lui permettre de « s’autoréguler » dit Olivier Peyrat, directeur général du groupe Afnor. C’est une première mondiale. Une première mondiale d’autant plus remarquable qu’elle est réalisée dans un pays où la ministre de la Santé se refuse à faire avec la réalité.

A demain

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