Jean Germain, ancien maire de Tours s’est suicidé le jour de son procès. Son avocat évoque l’affaire Salengro

Bonjour

7 avril 2015. Une nouvelle porte s’est ouverte sur l’abîme du suicide

Sénateur d’Indre-et-Loire Jean Germain, 67 ans, ancien maire de Tours (Indre-et-Loire), vient d’être retrouvé sans vie, à Tours, près de son domicile. Le sénateur devait comparaître au tribunal correctionnel dans l’affaire » des mariages chinois ». Il était absent à l’ouverture de l’audience qui est, du coup, suspendue. Son avocat Me Tricaud  avait alors expliqué qu’il était « très mal psychologiquement » ce week-end. Les informations ont alors commencé à circuler concernant une « lettre d’adieu » qu’il aurait laissée.

Voici, à cette heure, ce qu’on peut lire sur Public-Sénat : « Dans cette lettre, lue à la presse par l’avocat, M. Germain écrit notamment :  ‘’Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à ceux qui m’aiment mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement, quotidiennement’’. Selon Me Tricaud, le sénateur a laissé cette lettre dans son véhicule.

« Je suis bouleversé. Des accusations infâmes ont été lancées contre M. Germain. Ce matin, il a disparu en laissant une lettre d’adieu (…), j’espère qu’on va le retrouver vivant, avait déclaré M. Tricaud à la presse en sortant de la salle d’audience. Je l’ai vu la dernière fois la semaine dernière, il disait que personne dans sa famille n’avait jamais été sur le banc des accusés (…) Il le vivait comme un déshonneur. » Extraits, lus par l’avocat:

« Des indications me laissent penser que, alors que les faits n’ont pas eu lieu, le ministère public va requérir à mon encontre pour des raisons plutôt politiques. C’est insupportable. Autant, je peux reconnaître des erreurs, des manques de discernement. Autant, il m’est impossible d’accepter sans broncher cette forfaiture, rendue possible par les mensonges de Madame Han et de Monsieur Lemarchand. Leur conscience les poursuivra.

Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à ceux qui m’aiment. Mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement quotidiennement. Il est des êtres, j’en suis sûr, pour lesquels l’injustice et le déshonneur sont insupportables. Soyez sûrs que je n’ai jamais détourné un centime, que je ne me suis pas enrichi, que j’ai toujours œuvré pour ce que je pensais être le bonheur des Tourangeaux. Je laisse ce courrier à mes proches qui, je l’espère, pourront comme ça comprendre ».

Devant la cour, Me Tricaud est allé jusqu’à comparer son client à Roger Salengro, le ministre de l’Intérieur du Front populaire qui s’était suicidé en 1936 à la suite d’une campagne de calomnies l’accusant de désertion pendant la Première Guerre mondiale. Ancienne membre du cabinet du maire de Tours, Lise Han, est mise en examen pour escroquerie dans l’affaire des mariages chinois. La justice la soupçonne d’avoir été la gérante de fait de la société qui organisait ces mariages en Touraine.

Que dire de plus ? Le suicide… les affaires… la presse…

Nous croisions régulièrement Jean Germain dans les rues de la ville dont il fut longtemps maire. Plaisanteries politiques… réflexions diverses… confidences sur Bourgueil où il était né, comme Jean Carmet … Bourgueil… ses vins…, son ail violet… Bourgueil et sa foire du mardi de Pâques… aujourd’hui même… Jean Germain que nous nous amusions à comparer à Louis XI, roi jadis déguisé  dans les rues de la même ville…

L’avant-dernière fois nous l’avions croisé place Rabelais, un dimanche, jour de marché. C’était juste avant les élections départementales. Il était là, souriant, devant la façade de l’école républicaine ouverte depuis 1891, plaidant pour la cause des candidats socialistes. Il avait envie de parler, de politique… de médecine…du projet de loi santé… de Marisol Touraine, ancienne élue du département… de la date de l’arrivée, au Sénat, de la loi fin de vie Claeys-Leonetti… Et encore de rugby… de ce qui arrivait quand  les entraîneurs n’étaient pas à la hauteur…

Nous parlions quand une femme, handicapée, vint le remercier pour ce qu’il avait fait pour elle quand il était maire et patron de l’Université François-Rabelais. « Sans vous disait-elle, je n’en serais pas là…. Et grâce à vous ma fille a pu faire journaliste… » Il remercia cette femme. Puis, se tournant vers nous, regard malicieux, nous confia : « Vous voyez, l’élu aussi peut avoir une fonction thérapeutique … ». Midi sonnait. Il nous invita, avec son groupe, à aller prendre un verre au café de la place. C’était la première fois. Nous avons décliné. Pourquoi ?

La place Rabelais est une bien jolie place de la ville de Tours. On peut y arriver, à partir de la mairie, en descendant l’avenue de Grammont. Prendre ensuite une rue sur votre droite, longez le jardin des Prébendes d’Oé, sautez au dessus du ruisseau de l’Archevêché ; vous  êtes chez François Rabelais. Pardon ? Le nom de la rue à prendre, en sortant de la mairie, sur votre droite ? Tous les Tourangeaux la connaissent. C’est une rue blanche et majestueuse, une rue bourgeoise, une rue presque trop large pour être honnête, une avenue vers l’abîme : c’est la rue Roger-Salengro.

A demain

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