Polémique autour des « quatorze allergènes » qui devront figurer devant votre assiette à compter du 1er juillet

Bonjour

Les cuisiniers français « indépendants » sont hors de leurs gonds. Ils viennent d’apprendre qu’ils devront, sous peu, informer (un peu mieux) leurs clients sur le contenu des assiettes qu’ils leur servent. Et ils dénoncent là une «nouvelle entrave à l’exercice du métier de restaurateur». C’est le nouveau combat du Groupement national des indépendants (GNI)  qui conteste l’obligation qui lui sera bientôt faite d’indiquer la présence d’allergènes dans chacun de leur plat.

Consommer sur place

Un décret publié le 19 avril au Journal Officiel impose en effet aux professionnels (et notamment aux restaurateurs) de signaler par écrit la présence de quatorze  substances de nature à pouvoir provoquer des allergies ou des intolérances dans les denrées alimentaires. Ce texte est prévu pour entrer en vigueur le 1er juillet : « Décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 relatif à l’information des consommateurs sur les allergènes et les denrées alimentaires non préemballées ». Sont directement visés : « les exploitants du secteur alimentaire, les établissements proposant des repas à consommer sur place et consommateurs ».

L’administration a tenté, en urgence, de faire de la pédagogie. Elle explique que les informations sur la présence éventuelle de substances provoquant des allergies ou des intolérances « sera obligatoirement mentionnée sur les denrées alimentaires préemballées (vente directe) ou à proximité de celles-ci dès lors qu’elles seront non préemballées (ce sera par exemple le cas des cantines, des restaurants, des traiteurs ou encore des boucheries).

Visible et lisible

Dans les lieux où sont proposés des repas à consommer sur place, cette information ou les modalités d’accès à cette information « sera portée à la connaissance des consommateurs, sous forme écrite, de façon lisible et visible des lieux où est admis le public ». En revanche « cette information ne sera pas requise pour les repas en collectivité », du moins  « lorsqu’il existera un dispositif permettant aux consommateurs d’indiquer les aliments ne correspondant pas à leur régime alimentaire ».

Concertation gouvernementale

Ce décret fait suite au règlement européen concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires qui a renforcé, depuis le 13 décembre 2014, l’indication de la présence d’allergènes

Au cœur du dispositif figure les très nombreux allergènes dont la présence doit déjà figurer sur les étiquettes (voir ci-dessous).

Au ministère de l’Economie et des Finances on précise que ce décret « fait suite à la concertation avec les professionnels, notamment de la restauration » et qu’il « met en place des modalités simples et répondant à l’attente des personnes allergiques de disposer de cette information ». Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire dit « se féliciter de cette nouvelle disposition qui vise à permettre aux consommateurs allergiques d’être informés du risque qu’ils peuvent courir, de choisir, en connaissance de cause, les aliments qui leur conviennent et, le cas échéant, d’écarter ceux qui ne correspondent pas à leur régime alimentaire ».

Blessure du bât

Or c’est ici que le bât blesse. «Contrairement à ce que nous avait laissé entendre la ministre Carole Delga le décret sur l’information des consommateurs sur les allergènes est une entrave supplémentaire et extravagante à l’exercice du métier de restaurateur», souligne aujourd’hui le GNI. Il souligne qu’en réalité cette disposition  favorise la restauration de chaîne. «Seuls ceux qui établissent la même carte pour 500 restaurants vont pouvoir se payer un ingénieur chimiste ou un allergologue, dénonce Claude Daumas, le président délégué du GNI. Alors que le gouvernement fait l’apologie du ‘’fait maison’’, il ouvre avec ce texte un véritable boulevard à l’industrie agroalimentaire seule en mesure de fournir en détail les informations sur les allergènes ».

Le syndicat patronal réclame que cette information « puisse continuer «à être donnée oralement au consommateur par le professionnel».  « Continuer » ?

A demain

A titre d’exemple voici ceux qui doivent figurer sur les étiquettes :

Ingrédients allergènes devant être obligatoirement être signalés sur l’emballage
Allergènes reconnus (colonne de gauche) Exclusions – indication sur l’emballage non obligatoire (colonne de droite) 
Céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut ou leurs souches hybridées) et produits à base de ces céréales Sirops de glucose à base de blé, y compris le dextrose

Maltodextrines à base de blé

Sirops de glucose à base d’orge

Céréales utilisées pour la fabrication de distillats ou d’alcool éthylique d’origine agricole pour les boissons spiritueuses et d’autres boissons alcooliques.

Crustacés et produits à base de crustacés
Œufs et produits à base d’œufs
Arachides et produits à base d’arachides
Poissons et produits à base de poissons

Gélatine de poisson utilisée comme support d‘arôme

Gélatine de poisson utilisée comme support pour les préparations de vitamines ou de caroténoïdes ou ichtyocolle utilisée comme agent de clarification dans la bière et le vin
Soja et produits à base de soja ·         Huile et la graisse de soja entièrement raffinées

·         Tocophérols mixtes naturels

·         Phytostérols et esters de phytostérol dérivés d’huiles végétales de soja

·         Ester de stanol végétal produit à partir de stérols dérivés d’huiles végétales de soja

Lait et produits à base de lait (y compris de lactose) ·         Lactosérum utilisé pour la fabrication de distillats ou alcool éthylique d’origine agricole pour les boissons spiritueuses et d’autres boissons alcooliques

·         Lactitol

Fruits à coques (amandes, noisettes, noix, noix de : cajou, pécan, macadamia, du Brésil, du Queensland, pistaches) et produits à base de ces fruits) Fruits à coque utilisés pour la fabrication de distillats ou d’alcool éthylique d’origine agricole pour les boissons spiritueuses et d’autres boissons alcooliques.
Céleri et produits à base de céleri
Moutarde et produits à base de moutarde
Graines de sésame et produits à base de graines de sésame
Anhydride sulfureux et sulfites en concentration de plus de 10 mg/kg ou 10 mg/l
Lupin et produits à base de lupin
Mollusques et produits à base de mollusques
Lysozyme (produit à partir d’œufs) utilisé dans le vin
Albumine (produite à partir d’œufs) utilisée comme agent de clarification dans le vin et le cidre
Huile essentielle de moutarde et de graines de moutarde

Oléorésine de graines de moutardes

Huile essentielle de feuilles et de graines de céleri

Oléorésine de graines de céleri

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