Xylella fastidiosa : contre l’épidémie en Italie, Bruxelles décrète, enfin, la politique des «végétaux brûlés»

Bonjour

Enfin. Un an et demi après son émergence en Italie, la Commission européenne vient de décider d’harmoniser les critères réglementaires de la lutte contre la nouvelle « peste végétale » que constitue l’épidémie d’infection par la bactérie Xylella fastidiosa sous espèce pauca. Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, a aussitôt salué « la mise en place de mesures européennes de prévention contre l’introduction et la dissémination » de cet agent pathogène [voir ici le bon travail de pédagogie réalisé par le ministère de l’Agriculture sur ce thème].

Menace très sérieuse

Aucun doute quant à la gravité de la situation : « L’absence de traitement pour soigner les plantes contaminées, le grand nombre d’espèces susceptibles d’être infectées, autant que la grande probabilité de sa dissémination et de son installation dans l’Union européenne, font de cette bactérie une menace très sérieuse pour l’agriculture », écrit la Commission.

On explique, à Paris, que la décision de la Commission équivaut, dans les grandes lignes, à élargir à l’espace de l’Union les mesures contenues dans l’arrêté ministériel français en date du 4 avril dernier. Leur entrée en vigueur n’est plus qu’une question de semaines. Les décisions font suite à la réunion des experts des vingt-huit pays de l’Union européenne réunis au sein du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (SCoPAFF)

Mesures renforcées

Ces « mesures renforcées » prévoient notamment la mise en place d’une « zone tampon » de vingt km autour du foyer de l’infection, dans la province italienne de Lecce (le talon de la botte). Les arbres malades y seront abattus et détruits tandis qu’une stricte surveillance sera mise en place dans un rayon de 100 m autour de chaque souche contaminée, précise la Commission dans un communiqué. Il est désormais acté que l’éradication dans cette zone n’a pas pu être obtenue et qu’elle n’est plus (pour l’heure) possible.

Les États membres doivent aussi désormais notifier toute apparition de la bactérie et délimiter la zone touchée. En cas d’apparition d’un nouveau foyer bactérien, ils devront abattre et détruire toutes les plantes susceptibles d’accueillir la bactérie – soit environ deux cents espèces, selon l’Agence européenne de sécurité alimentaire – dont les vignes et les citronniers et autres agrumes, les oliviers, les pruniers, les amandiers, les lauriers roses, les chênes etc. dans un rayon de cent mètres autour de la plante atteinte par Xylella fastidiosa. L’Italie s’est opposée sans succès à cette mesure drastique et qui ne manquera pas de rencontre, en pratique, de nombreux obstacles.

Vives inquiétudes en Corse

Les experts du comité phytosanitaire ont encore décidé de soumettre à de strictes conditions les importations et mouvements de plantes concernées. Mais ils ont finalement renoncé à bannir les importations de plantes vivantes en provenance de la zone touchée. Pourquoi ? Les inquiétudes sont tout particulièrement vives en Corse, compte tenu de la proximité avec les nombreux végétaux italiens tenus pour potentiellement infectés.

La France (qui avait adopté un embargo début avril, notamment du fait de la Corse) devra, en contrepartie, lever son interdiction quand les nouvelles mesures européenne seront en vigueur. Plusieurs sources indiquent que l’Italie est désormais isolée dans l’espace communautaire.  Elle est notamment accusée de n’avoir pas appliqué les mesures d’éradication prescrites par l’Union dès février 2014.  A cette époque la seule perspective d’arracher des oliveraies centenaires avait provoqué un tollé. Ces oliveraies sont désormais détruites par le feu bactérien et ce dernier s’est propagé.

Grave erreur sanitaire

On estime, de source italienne, que 10% des 11 millions d’oliviers de la région de Lecce sont infectés et donc condamnés. Le gouvernement italien a débloqué 14 millions d’euros pour permettre aux autorités locales d’aider les exploitations touchées. Il n’est pas interdit d’imaginer que des cofinancements européens puissent aider à accélérer l’arrachage et la destruction. Mais, pour l’heure, aucun dédommagement n’est prévu.  Ce qui (toutes les épidémies animales et végétales l’ont démontré) est une très grave erreur sanitaire. Bruxelles devra revoir sa copie – et refaire ses comptes.

A demain

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