Historique: la rubéole officiellement éradiquée des Amériques. Prochain objectif : la rougeole

Bonjour

Que vont en dire les « anti-vaccinaux » ? Et pourquoi le Vieux Continent est-il à la traîne ? La rubéole est officiellement éradiquée du continent américain et le sujet  ne fait pas –euphémisme- les gros titres de la presse généraliste de ce côté-ci de l’Atlantique (voir ce qu’en dit The New York Times).

Volonté collective

L’information été donnée mercredi 29 avril par Carissa F. Etienne, directrice de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS). Les Amériques sont la première région du monde à avoir éradiqué cette maladie virale. « L’élimination de la rubéole des Amériques est un succès historique qui reflète la volonté collective des pays de notre continent de travailler ensemble pour atteindre cet objectif ambitieux de santé publique », a déclaré Mme Etienne, lors d’une conférence de presse.

Les derniers cas de transmission de rubéole et d’enfants nés avec l’infection transmise par la mère sur le continent américain remontent à 2009. Le virus rubéoleux continue à circuler dans d’autres parties du monde et des cas isolés d’infection importés continuent à être signalés de temps à autre par certains pays (le Canada, l’Argentine et les Etats-Unis). Pour autant au regard des règles sanitaires internationales le continent américain est désormais débarrassé de ce virus.

Campagnes vaccinales  massives

Cette éradication est la suite d’une campagne massive de vaccination : on estime à  250 millions le nombre d’adolescents et d’adultes qui  ont été vaccinés, dans 32 pays, entre 1998 et 2008. Auparavant le virus rubéoleux était tout particulièrement présent en Amérique du Sud et dans les Caraïbes –  plus de 150 000 cas avaient été diagnostiqués en 1997. Aux Etats-Unis 20.000 enfants étaient nés infectés durant la dernière grande épidémie de rubéole ayant touché le pays, en 1964/1965.

Aujourd’hui en France le virus continue à circuler, mais à un niveau faible. L’objectif d’élimination de la rubéole initialement fixé à 2010 a été repoussé à 2015 par le bureau Europe de l’OMS.

La rubéole  est une infection virale généralement bénigne qui touche essentiellement les enfants. Elle peut provoquer de graves malformations congénitales lorsque les femmes enceintes sont infectées au début de leur grossesse. Le risque fœtal est d’autant plus grand que l’infection est contractée précocement dans la grossesse : au cours du 1er trimestre, le risque d’atteinte du fœtus est d’environ 25 % alors qu’il devient nul après le 4e mois. La primo-infection maternelle passe inaperçue dans 50 % des cas. L’infection de la mère par peut entrainer un syndrome poly-malformatif associant des atteintes cardiaques, oculaires et auditives. C’est cette infection, (non diagnostiquée) qui avait, en France, été à l’origine de la célèbre « affaire Perruche » (1).

Après la varicelle et la poliomyélite

« Notre région avait déjà été la première dans le monde à éradiquer la varicelle (en 1971) et la polio (1994), des succès qui montrent l’efficacité de la vaccination et l’importance qu’il y a à rendre les vaccins accessibles même dans les zones les plus isolées de notre continent, a souligné la directrice de l’OPS. Désormais, il est temps de nous attaquer à la rougeole. » Cette autre infection virale, plus contagieuse et potentiellement plus dangereuse
est réapparue sur le continent américain en 2010 (notamment en Argentine, sous la forme de cas importés, lorsque des spectateurs de la Coupe du monde de football sont revenus d’Afrique du Sud).

Les  États-Unis, déclarés exempts de rougeole en 2000, ont vu l’infection réapparaître en 2008 du fait d’une couverture vaccinale  insuffisante. Une nouvelle bouffée épidémique est apparue fin 2014 en Californie dans un « Parc Disney. Plus de cent cinquante cas de rougeole ont été recensés depuis le début de l’année dans une vingtaine d’Etats américains.

Rubéole éradiquée outre-Atlantique. ? Pourquoi le Vieux Continent est-il à la traîne ? On attend de connaître la lecture que vont faire les « anti-vaccinaux » de ce succès virologique.

A demain

(1) Selon les dernières données de l’Institut de veille sanitaire  (InVS) le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse a diminué de 80% entre 2001 (39 cas) et 2006 (7 cas).  Entre 2007 et 2011, moins de 10 cas d’infections maternelles étaient recensés par année. Depuis 2006, le nombre annuel de grossesses interrompues dans un contexte d’infection maternelle est « inférieur à 5 », le nombre d’infections congénitales « inférieur à 5 » et le nombre de nouveaux nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) « inférieur à 2 ».

Dans la perspective d’une élimination de la rubéole congénitale en France, le vaccin anti-rubéoleux avait  été introduit auprès des jeunes filles dès 1970, puis dans le calendrier vaccinal du nourrisson en 1983 en association avec la rougeole puis avec les oreillons trois ans plus tard (vaccin triple). En 2005, dans le cadre du plan d’élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale en France 2005-2010, de nouvelles mesures vaccinales ont été préconisées avec notamment un rattrapage de la vaccination triple de toutes les personnes nées après 1980. Ces mesures devraient permettre d’augmenter la couverture vaccinale anti-rubéoleuse des femmes en âge de procréer.

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