Varicelle: quelques bouffées épidémiques dans douze régions ; rappels sur la vaccination

Bonjour

Douze régions françaises sont actuellement touchées en ce moment, selon le réseau de surveillance Sentinelles. Après trois semaines consécutives de hausse, la France compte désormais en moyenne 44 cas pour 100.000 habitants. Les foyers les plus importants se trouvent en Pays de la Loire, Champagne-Ardenne, Corse, Haute-Normandie, Ile-de-France, Franche-Comté, Bretagne, Basse-Normandie et Midi-Pyrénées ( et dans une moindre mesure en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Rhône-Alpes et Lorraine.

Trois mille hospitalisations, vingt morts

Nous savons tout de cette maladie virale (très contagieuse, le plus souvent bénigne) qui survient préférentiellement pendant l’enfance – tout (ou presque) sur l’agent pathogène « Varicelle-Zoster Virus ou (VZV). En France on compte chaque année près de 700 000 cas de varicelle (dont 90 % chez des enfants de moins de 10 ans). Ils nécessitent 3 000 hospitalisations (75 %  chez des moins de 10 ans) et 20 décès (30 % chez des moins de 10 ans). « Ces données reflètent le caractère fréquent et le plus souvent bénin de la maladie mais aussi la gravité de la varicelle augmentant avec l’âge » souligne l’InVS.

La varicelle est surveillée par le réseau Sentinelles depuis 1990 (www.sentiweb.org), réseau animé par l’Institut national de santé et de la recherche médicale (Inserm U707). Chaque semaine, le réseau rapporte dans son bulletin hebdomadaire une estimation du nombre de cas de varicelle qui ont consulté dans la métropole ainsi que des cartes décrivant leur répartition géographique.

Auto-correction

La question est posée de sa vaccination. En France elle est tranchée et il n’est pas trop tard pour corriger une erreur commise récemment sur ce point dans ces colonnes (voir ce billet et les commentaires). Ainsi, et contrairement à ce que nous avons un peu trop vitre écrit cette vaccination n’est pas, stricto sensu, recommandée chez les jeunes enfants.

Voici ce que dit l’InVS sur le sujet :

« En France, la vaccination généralisée contre la varicelle des enfants de plus de 12 mois n’est pas recommandée. Les recommandations actuelles de vaccination concernent les personnes sans antécédent de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse), dans les circonstances suivantes : adolescents de 12-18 ans, femmes en âge de procréer, vaccination post-exposition, professionnels de santé et professionnels en contact avec la petite enfance, personnes en contact étroit avec des personnes immunodéprimées et enfants candidats receveurs à une greffe d’organe solide. Un contrôle sérologique préalable à la vaccination peut (ou doit selon les circonstances) être effectué (calendrier vaccinal 2011).

Il est recommandé d’informer le personnel de l’école fréquentée par le malade (ou autres collectivités le cas échéant) et les parents de la présence de cas dans la collectivité. Dès connaissance d’un cas de varicelle dans la collectivité, il est recommandé aux enfants immunodéprimés, aux femmes enceintes et aux adultes qui n’ont pas fait la maladie ayant été en contact avec l’enfant malade, de consulter rapidement leur médecin traitant. »

Pourquoi ne pas vacciner ?

Un document de l’Inpes l’explique. Extraits :

« La vaccination n’est actuellement pas recommandée en routine en France. Un taux de couverture vaccinale d’au moins 90 % est en effet nécessaire pour éviter le déplacement de l’âge de la varicelle de l’enfance vers l’âge adulte et l’augmentation de l’incidence des formes plus sévères. Cette perspective ne semble pas réaliste vu la réputation de bénignité de la maladie tant dans l’esprit des médecins que du public. La mise à disposition de vaccins quadrivalents a fait reconsidérer les recommandations, à la lumière par ailleurs des données récentes de l’expérience américaine. Ainsi, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), dans son avis du 5 juillet 2007, a confirmé la non-recommandation de la vaccination universelle des enfants contre la varicelle et notamment déconseillé le remplacement du vaccin rougeole-oreillons-rubéole par le vaccin quadrivalent rougeole-oreillons-rubéole et varicelle. »

Deux vaccins et un troisième contre le zona

Aujourd’hui deux vaccins monovalents contre la varicelle sont actuellement disponibles : Varivax® (Sanofi-Pasteur MSD – 40,22 euros) et Varilrix® (GSK – 40,22euros) . Dans les deux cas, il s’agit d’un vaccin vivant atténué, produit sur cellules diploïdes humaines (MRC-5) à partir de la souche OKA (souche reconnue par l’OMS).

Il y a aussi la question de la vaccination des adultes contre le zona et les souffrances récurrentes qu’il peut faire endurer. Vaccination avec le Zostavax® de Merck. Voici ce qu’en disait la HAS en 2013. Et en 2014. Il faudra songer à actualiser le sujet et voir ce qu’il en est de l’état du marché français.

A demain

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