Cancer de l’ovaire : l’espoir britannique d’un dépistage précoce à partir d’un test sanguin

Bonjour

C’est une nouvelle médicale d’importance que traitent, ce matin les principaux médias britanniques : les résultats d’une étude, à paraître dans le Journal of Clinical Oncology, laisse espérer la possibilité d’un dépistage précoce du cancer de l’ovaire à partir d’un simple test sanguin – et ce via la recherche du marqueur tumoral « CA 125 » . Une fois n’est pas coutume: la plupart des médias d’outre Manche font preuve, à l’image de la BBC (James Gallagher) ou du Guardian, d’une réserve remarquable.

Avec le pragmatisme qui, souvent, caractérise les Britanniques  ils rappellent que seule l’obtention d’une réduction des taux de mortalité permettra de justifier la mise en œuvre de campagnes proposant de manière systématique un dépistage dans la population féminine.

Sensibilité et spécificité

La cadre général est connu. Le cancer de l’ovaire est, en incidence, la septième cause de cancer chez la femme avec (en France) 4 430 nouveaux cas estimés en 2008 (chiffres Inca – derrière le cancer du sein, du côlon, du poumon, de la thyroïde, de l’endomètre et les lymphomes non hodgkiniens). L’âge médian lors du diagnostic est de 65 ans. En raison d’un diagnostic souvent tardif, son pronostic reste sombre, trois quarts de ces cancers étant diagnostiqués à un stade avancé (stades IIIB à IV). La survie à 5 ans, tous stades confondus, est d’environ 45 %.

La protéine « CA 125 » est actuellement le marqueur le plus utilisé pour le bilan et le suivi du cancer de l’ovaire. La question centrale est de savoir s’il peut être utilisé à des fins de dépistage. Une question qui renvoie pour l’essentiel aux (toujours délicates) questions de sensibilité et de spécificité. L’étude nationale britannique dont les résultats sont en cours de publication  est la plus large au monde : elle a été menée pendant quatorze ans auprès de plus de 46 000 femmes par une équipe du University College de Londres. Elle a été dirigée par le Pr Usha Menon.

Bons résultats

Des prélèvements sanguins étaient pratiqués chaque année avec analyse dans le temps des évolutions des taux de CA 125 avec, en parallèle, des examens complémentaires (échographies spécialisées) si nécessaire.  Les résultats de l’essai établissent que « 86% des cancers » ont ainsi pu être identifiés. Les responsables de ce travail expliquent aux médias généralistes britanniques que ce sont là de bons résultats mais qu’il est trop tôt pour certifier que ce dépistage permettra de réduire les taux de mortalité dus à ce cancer. En toute hypothèse il reviendra aux responsables du National Health Service de décider si une proposition de dépistage systématique est justifiée – et si oui quelles en seront les modalités. Les données concernant la mortalité ne seront pas connues avant l’automne.

« Les premiers éléments de ce travail semblent prometteurs, analyse James Gallagher de la BBC. Cette approche personnalisée pourrait se révéler utile dans le dépistage d’autres cancers, tels que celui de la prostate. Mais la grande question est de savoir si un tel le dépistage du cancer de l’ovaire permettra de sauver des vies? Nous aurons la réponse dans quelques mois.  Le Pr  Menon est optimiste quant au fait qu’un tel dépistage permettrait, par rapport à aujourd’hui, de diagnostiquer des tumeurs à un stade plus précoce de leur développement  –  ce qui augmente les chances de réussite du traitement. »

Pédagogie démocratique

La BBC donne également la parole à d’autres spécialistes qui font des commentaires mesurés et convergents. Elle rappelle, souci de pédagogie démocratique,  le cadre dans lequel s’inscrit ce programme expérimental national de dépistage. Un tel traitement médiatique tranche avec les controverses passionnées que suscitent de manière récurrente, en France, les entreprises (on ne peut plus mal coordonnées il est vrai) de dépistage des cancers du sein ou de la prostate. Une affaire, sans doute, de sensibilité.

A demain

2 réflexions sur “Cancer de l’ovaire : l’espoir britannique d’un dépistage précoce à partir d’un test sanguin

  1. Bonjour,
    Dépistage précoce? pour un cancer qui en général flambe comme l’ovaire? Un cas personnel : CA 125 normaux (15) ; 5 mois plus tard, découverte inopinée d’un début d’ascite qui s’est révélé en rapport avec une carcinose péritonéale et des CA 125 à 450.
    Je crois qu’il faudra trouver autre chose pour un dépistage précoce.
    Cdt

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