Crimes de sang : depuis vingt ans, à Paris, leur nombre est en chute libre. Que fait la police ?

Bonjour

Plus que surprenant : entre 1994 et 2013, le nombre d’homicides volontaires constatés par l’Institut médico-légal (IML) de Paris  a diminué de près de 65%. C’est une donnée qui ne cadre pas avec l’image d’une capitale où règnent les incivilités et les agressions, sans parler des attentats à la pudeur dans les jardins publics et les transports collectifs. Rapportés par l’AFP les chiffres de cette heureuse décrue émanent d’une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) – étude dont les résultats ont été rendus publics le 5/5/15.

Les auteurs ont travaillé sur les « taux d’homicides volontaires constaté par l’IML ». C’est là un large socle puisque l’IML est compétent sur le ressort des tribunaux de grande instance de Paris et Créteil, Meaux et Bobigny. En moyenne ce taux est passé de 2,6 à 1,2/100.000 habitants. Pour la seule ville-lumière on est passé de 256 homicides en 1990 contre 90, seulement,  en 2013. Soit une baisse nettement plus spectaculaire que celle de la mortalité routière. Ce sont des chiffres d’une particulière fiabilité puisque toutes les autopsies médico-légales de Paris et de sa très grande couronne sont pratiquées dans les locaux en briques au n°2 de la minuscule place Mazas, rive droite, face à la gare d’Austerlitz.

Disparition des strangulations

La baisse spectaculaire observée est qualifiée de « régulière » par l’ONDRP. Mieux, elle rejoint les statistiques nationales observées en France depuis plusieurs années. « Durant la période de l’étude, 3.137 personnes ont ainsi été déclarées victimes d’un homicide volontaire par l’IML de Paris. 32,8% étaient des femmes et 11,1% des mineurs, résume l’AFP. Dans 58,9% des cas, la victime a été tuée à l’aide d’une arme. Plus de 31% par arme blanche – couteau par exemple – près de 30% par arme à feu, près de 20% par coups, moins de 5% par strangulation et asphyxie.

Christophe Soullez, criminologue et responsable de l’ONDRP  résume l’évolution de la situation :

« On tue moins en France qu’aux siècles précédents. Nous le constatons de longue date : nous sommes dans une société qui se pacifie, de ce point de vue. Il y a aussi les progrès de la médecine – et scientifiques – qui font qu’un individu blessé, par balles par exemple, est rapidement pris en charge par les secours. Un phénomène qui est également observé en sécurité routière. »

Les poules de Pigalle

L’ONDRP souligne la valeur des chiffres qu’elle analyse : l’homicide volontaire est le crime qui est le mieux « mesuré ». Pourquoi ? « En raison de sa gravité dans le champ de la criminalité » d’une part. Et, de l’autre, « du fait de la possibilité de combiner plusieurs sources de données ».

On aimerait, bien sûr, en savoir plus. Le Paris d’aujourd’hui n’est décidemment plus le Paris de Maigret. Les concierges, leurs loges et leurs cordons, disparaissent. Les garçons ne savent plus ce qu’est une fine. Les Batignolles n’ont plus de costauds. Les caïds de Montmartre ont regagné Marseille. Pigalle se couche avec les poules. Osons la question : que fait la police ?

A demain

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s